Les États-Unis lancent des frappes contre l’Iran à la suite d’un affrontement dans le détroit d’Ormuz

Trump affirme que le cessez-le-feu est toujours en vigueur ; l'Iran accuse les États-Unis d'avoir violé l'accord, mais affirme que la situation est 'revenue à la normale '

Un porte-conteneurs à l'ancre dans le détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, le 2 mai 2026. (Crédit: Amirhosein Khorgooi/ISNA via AP)

Les États-Unis et l’Iran ont échangé des tirs dans la journée de jeudi – des hostilités qui ont constitué à ce jour la mise à l’épreuve la plus sérieuse pour le cessez-le-feu qui a été conclu entre les deux parties il y a un mois. L’Iran a toutefois expliqué que la situation était revenue à la normale, tandis que les États-Unis, de leur côté, ont affirmé ne pas vouloir aggraver la situation.

Dans le même temps, le président américain Donald Trump a dit à ABC que le cessez-le-feu était toujours « en vigueur ». Mais dans un message qui a été diffusé sur les réseaux sociaux, il a menacé l’Iran de nouvelles attaques si la république islamique devait ne pas accepter la conclusion d’un accord avec les États-Unis.

Il a ultérieurement fait savoir aux journalistes que les États-Unis étaient toujours en négociation avec l’Iran.

Le Commandement central de l’armée américaine a confirmé, dans la nuit, avoir mené des frappes « d’autodéfense » en Iran en réponse à des « attaques iraniennes non-provoquées » qui ont été lancées à l’encontre de destroyers lance-missiles de la marine américaine qui transitaient par le détroit d’Ormuz en direction du golfe d’Oman.

L’Iran bloque le détroit – une voie maritime d’approvisionnement pétrolier déterminante pour le monde – depuis le début de la guerre qui oppose les États-Unis et Israël à la république islamique, un conflit qui a commencé à la fin du mois de février.

Le haut commandement militaire interarmées iranien a, pour sa part, accusé les États-Unis d’avoir violé le cessez-le-feu en prenant pour cible un pétrolier iranien et un autre navire, leur reprochant également et d’avoir procédé à des frappes aériennes sur des zones civiles de l’île de Qeshm, dans le détroit, et sur des zones côtières voisines de Bandar Khamir Sirik, sur le continent.

L’armée iranienne a fait savoir qu’elle a riposté en s’en prenant à des navires militaires américains à l’Est du détroit d’Ormuz et au Sud du port de Chabahar. Un porte-parole du quartier-général central de Khatam al-Anbiya a annoncé que les frappes avaient infligé des « dégâts importants ».

L’armée américaine a toutefois noté qu’elle est parvenue à intercepter les « menaces entrantes », faisant remarquer que « aucun équipement américain n’a été touché ».

S’adressant à ABC, Trump a cherché à minimiser les faits. « Ce n’est qu’une petite tape amicale », a déclaré Trump à la journaliste, selon une publication qu’il a postée sur les réseaux sociaux.

Les médias d’État iraniens ont déclaré après les frappes que la situation était revenue à la normale.

Dans un message qui a été publié sur Truth Social, Trump a écrit que les destroyers américains n’avaient pas été endommagés mais que « de lourds dégâts ont été infligés aux assaillants iraniens ». Il a menacé l’Iran de nouvelles attaques à moins que ce pays n’accepte rapidement un accord dans le cadre des négociations en cours avec les États-Unis.

Les hostilités ont repris alors que Washington attend la réponse de l’Iran à une proposition américaine dont l’objectif est de mettre un terme aux combats tout en laissant de côté, pour l’instant, les questions les plus controversées – comme celle du programme nucléaire iranien. Téhéran a expliqué ne pas avoir encore pris de décision concernant ce projet.

« Un pays normal aurait laissé passer ces destroyers, mais l’Iran n’est pas un pays normal. Ils sont dirigés par des FOUS et s’ils avaient la possibilité d’utiliser une arme nucléaire, ils le feraient, sans aucun doute », a écrit Trump. « Mais ils n’auront jamais cette opportunité et, tout comme nous les avons à nouveau mis hors d’état de nuire aujourd’hui, nous les mettrons hors d’état de nuire encore plus durement, et bien plus violemment, à l’avenir, s’ils ne signent pas leur accord, RAPIDEMENT ! »

Les deux camps ont échangé des tirs à plusieurs reprises depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 8 avril.

Lors du dernier affrontement, le CENTCOM a expliqué que l’Iran avait utilisé des missiles, des drones et de petites embarcations pour prendre pour cible trois destroyers de la marine américaine. Les États-Unis ont expliqué avoir riposté en frappant des sites de missiles et de drones ainsi que d’autres.

« Le CENTCOM ne cherche pas à aggraver la situation, mais il reste en position et il reste prêt à protéger les forces américaines », a ajouté le communiqué.

La chaîne iranienne Press TV a ultérieurement rapporté qu’après plusieurs heures d’échanges de tirs, « la situation sur les îles iraniennes et dans les villes côtières du détroit d’Ormuz est désormais revenue à la normale ».

Le président américain Donald Trump rencontre des combattants de l’UFC dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 6 mai 2026. (Crédit: AP Photo/Jacquelyn Martin)

Lundi, l’armée américaine avait déclaré avoir détruit six petits bateaux iraniens et intercepté des missiles de croisière et des drones iraniens alors que Téhéran cherchait à déjouer une opération navale américaine dont l’objectif était de rouvrir la voie maritime dans le détroit d’Ormuz. Lundi, l’Iran a également tiré des missiles en direction des Émirats arabes unis.

L’opération américaine visant à rouvrir le détroit a été suspendue après que l’Arabie saoudite et le Koweït ont restreint l’utilisation de leurs bases et de leur espace aérien par l’armée américaine. Selon un journaliste de Fox News, ces restrictions ont été imposées alors que les pays du Golfe étaient furieux que les responsables américains aient minimisé les frappes contre les Émirats arabes unis.

« La frappe contre l’un des ports pétroliers iraniens est intervenue deux jours après que l’Iran a tiré 15 missiles balistiques et de croisière sur le port de Fujaïrah aux Émirats arabes unis, suscitant la colère des pays du Golfe après que de hauts responsables du Pentagone ont déclaré mardi que les frappes iraniennes n’atteignaient pas le niveau requis pour rompre le cessez-le-feu, les qualifiant d’attaques de faible intensité qui n’atteignaient pas ce niveau », a écrit Jennifer Griffin de Fox News sur X.

Mais les restrictions ont depuis été levées, ouvrant potentiellement la voie à une reprise des efforts visant à rouvrir le détroit dans les prochains jours, a rapporté jeudi le Wall Street Journal, qui a cité des propos tenus par des des responsables américains et saoudiens.

Par ailleurs, les États-Unis ont imposé jeudi des sanctions à l’encontre du vice-ministre irakien du Pétrole et de trois chefs de milices pour le soutien qu’ils apportent à l’Iran, a fait savoir le département du Trésor.

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