Les Etats-Unis « profondément attristés » par les affrontements à Gaza
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Les Etats-Unis « profondément attristés » par les affrontements à Gaza

Le département d'Etat appelle les "parties impliquées" à la frontière à apaiser les tensions et déclarent que les violences nuisent aux perspectives de paix

Les proches d'Omar Samour, 27 ans, un agriculteur tué dans la matinée du 30 mars par un tank israélien après qu'il a, selon les soldats, tiré sur les troupes, durant une procession funéraire à Khan Yunis, dans le dus de la bande de Gaza (Crédit :  AFP PHOTO / SAID KHATIB)
Les proches d'Omar Samour, 27 ans, un agriculteur tué dans la matinée du 30 mars par un tank israélien après qu'il a, selon les soldats, tiré sur les troupes, durant une procession funéraire à Khan Yunis, dans le dus de la bande de Gaza (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)

Les Etats-Unis sont « profondément attristés » par les affrontements dans la bande de Gaza près de la frontière avec Israël, où 16 Palestiniens ont été tués et des centaines d’autres blessés, a indiqué le département d’Etat vendredi.

« Nous sommes profondément attristés par les pertes humaines à #Gaza aujourd’hui » a écrit sur Twitter Heather Nauert, porte-parole de la diplomatie américaine. « Nous exhortons ceux impliqués à prendre des mesures pour faire diminuer les tensions ».

« La communauté internationale est focalisée sur les mesures à prendre pour améliorer les vies des Palestiniens et travaille pour un plan de paix. La violence ne favorise aucun de ces objectifs », a poursuivi, toujours sur le réseau social, Mme Nauert.

Vendredi a été la journée la plus sanglante du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de 2014 à Gaza.

Les soldats israéliens ont utilisé des balles réelles, en caoutchouc ainsi que des gaz lacrymogènes pour tenter d’empêcher des milliers de Gazaouis de s’approcher de la barrière de sécurité. Les militaires ont fait savoir que les manifestants ont jeté des cocktails Molotov et des pierres aux soldats, brûlant des pneus et qu’ils ont ouvert le feu à une occasion.

Le porte-parole de l’armée israélienne Ronen Manelis a expliqué que l’armée a dû affronter une « manifestation terroriste violente en six points » le long de la clôture.

Il a expliqué que l’armée israélienne avait fait usage de « tirs chirurgicaux » à chaque fois que des protestataires ont tenté de franchir la barrière de sécurité ou de l’endommager. « Toutes les victimes étaient âgées de 18 à 30 ans, plusieurs d’entre elles étaient connues de nos services, et au moins deux d’entre eux étaient membres des forces de commando du Hamas », a-t-il précisé.

Les manifestants palestiniens cherchent un refuge face aux gaz lacrymogènes lancés par les forces de sécurité israélienne durant une manifestation commémorant la journée de la Terre, à proximité de la frontière avec Israël, à l’est de Gaza, le 30 mars 2018 (Crédit : ./ AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Selon le ministère de la Santé du Hamas dans la bande de Gaza, 16 Palestiniens ont été tués et plus de 1 400 blessés dans les affrontements avec l’armée israélienne, notamment 758 par balles réelles, les autres ayant été touchés par des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes.

L’Etat juif a été condamné par le monde musulman en raison de ces violences, un grand nombre de personnes l’accusant d’utiliser une « force disproportionnée » contre les émeutiers palestiniens.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a évoqué la situation à Gaza vendredi sur demande du Koweït, a fait savoir un diplomate.

Après cette réunion à huis-clos, le chef des Nations unies Antonio Guterres a réclamé l’ouverture d’une enquête indépendante sur la mort des manifestants palestiniens.

Avant cette rencontre, l’envoyé israélien aux Nations unies Danny Danon a déclaré au Conseil de sécurité que le Hamas mettait volontairement en péril la vie de civils innocents et a vivement recommandé les états-membres à ne pas être « leurrés » par le groupe terroriste.

« Nous avons vu aujourd’hui un autre exemple de l’exploitation des civils par le Hamas qui envoie des enfants à la barrière avec Israël, mettant en danger intentionnellement leurs vies. La communauté internationale ne doit pas être leurrée par les tentatives du Hamas de dissimuler ses crimes », a expliqué l’ambassadeur Danny Danon dans un communiqué.

Dans un discours vendredi, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré qu’il tenait Israël pour pleinement responsable de ces morts.

Les leaders de Gaza ont juré que les manifestations de vendredi n’étaient que le début d’une nouvelle campagne contre Israël.

Le chef du Hamas Yahya Sinwar a expliqué que les manifestations se poursuivraient jusqu’à la disparition des frontières. Le mouvement de protestation devraient culminer avec une marche « à travers » la barrière de sécurité le 15 mai.

Des dizaines de milliers de Palestiniens, notamment des femmes et des enfants, avaient convergé vendredi le long de la barrière frontalière qui sépare la bande de Gaza d’Israël dans le cadre de « la grande marche du retour ».

Le Hamas est un groupe terroriste islamiste qui cherche à détruire Israël. Il s’est saisi du contrôle de la bande de Gaza en 2007, l’arrachant des mains du Fatah d’Abbas.

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