Les experts préviennent des risques graves pour la santé des otages

Le Pr. Hagaï Levine explique que 'plus ils passent de temps en captivité, plus ils en souffrent, tant psychologiquement que physiquement', sans oublier l'impact sur les familles des otages

L'ex-otage Eliya Cohen retrouvant sa famille à l'hôpital Beilinson, à Petah Tikva, le 22 février 2025. (Crédit : Haïm Zach/GPO)

Lors d’une table ronde organisée jeudi par le Forum des familles des otages et disparus, le Pr. Hagaï Levine, chef de l’équipe santé du groupe, a déclaré à propos des otages : « Plus ils passent de temps en captivité, plus ils en souffrent, tant sur le plan psychologique que physique. »

Après la dernière libération d’otages des geôles du groupe terroriste palestinien du Hamas, en février, « les gens se disent que, puisque les otages marchent et parlent, la situation n’est peut-être pas si grave », a-t-il noté.

« Mais au fil du temps, nous avons compris  qu’il existe des blessures internes, telles que des problèmes rénaux, neurologiques et cardiaques, qui peuvent s’aggraver, y compris un vieillissement accéléré », a-t-il poursuivi.

Il a par ailleurs précisé que les familles des otages avaient « enduré deux années d’enfer » et pouvaient également présenter des problèmes de santé.

Levine a expliqué que les otages libérés doivent parvenir à passer « d’un état de déshumanisation par les terroristes du Hamas à un état d’autonomie et de contrôle, à des individus capables de prendre leurs propres décisions, ce qui est un processus complexe, mais nous avons acquis une certaine expérience lors des libérations précédentes ».

Einat Yehene, psychologue spécialisée en réadaptation au sein du forum, s’est dite « très heureuse que le président [Donald] Trump ait vraiment insisté sur la nécessité de relâcher tous les otages en même temps, car nous avons appris que les libérations progressives avaient des effets néfastes non seulement sur les otages eux-mêmes, mais aussi sur leurs familles et leur capacité à se remettre ».

Montage photos des 48 otages de Gaza : Premier rangée, de gauche à droite : Rom Braslavski, Gali Berman, Ziv Berman, Elkana Bohbot, Matan Angrest, Avinatan Or, Yosef-Haïm Ohana, Alon Ohel. Deuxième rangée, de gauche à droite : Eitan Mor, Segev Kalfon, Nimrod Cohen, Maxim Herkin, Eitan Horn, Evyatar David, Guy Gilboa-Dalal, Bipin Joshi. Troisième rangée, de gauche à droite : Dror Or, Tamir Adar, Matan Zangauker, Bar Kupershtein, David Cunio, Ariel Cunio, Tamir Nimrodi, Omri Miran. Quatrième rangée, de gauche à droite : Manny Godard, Sgt. First Class Ran Gvili, Sahar Baruch, Uriel Baruch, Sonthaya Oakkharasri, Ronen Engel, Muhammad Alatrash, Guy Illouz. Cinquième rangée, de gauche à droite : Joshua Mollel, le sergent Itay Chen, le colonel Asaf Hamami, Tal Chaimi, Aryeh Zalmanovich, Inbar Heiman, le sergent Oz Daniel, le lieutenant Hadar Goldin. Rangée du bas, de gauche à droite : Yossi Sharabi, Sudthisak Rinthalak, Maj. Lior Rudaeff, Amiram Cooper, Cpt. Daniel Perez, Cpt. Omer Neutra, Eliyahu Margalit, Eitan Levy. (Crédits : Times of Israel ; Autorisation)

Elle a ajouté qu’il était également nécessaire et urgent de ramener les otages décédés pour leur offrir des funérailles dignes, ce qui constitue un autre aspect douloureux qu’il faudra aborder et examiner très attentivement.

Yehene a souligné qu’il existe « une différence entre une famille qui sabre le champagne au milieu de la nuit sur la Place des Otages et les familles des otages décédés qui perdent vraiment la tête et ne savent pas quoi faire ».

Concernant la « prise d’otages massive », Levine a conclu qu’il s’agissait d’une « urgence de santé publique d’importance internationale ».

« Nous constatons l’impact considérable de cette action terroriste sur la santé publique. »

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