Les généraux du CGRI dirigent de facto l’Iran – média
Selon le New York Times, les généraux ont pris le dessus sur les personnalités politiques, notamment lorsqu'ils ont décidé de suspendre les négociations avec Washington dans un climat de tensions liées au blocus du détroit d’Ormuz
Le nouveau guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, ne dispose pas de la même autorité centralisée que son père, feu Ali Khamenei, avec un pouvoir qui s’est déplacé en passant entre les mains du sommet de la hiérarchie militaire du Corps des gardiens de la révolution islamique, selon un article du New York Times.
Le journal s’est appuyé sur des entretiens qui ont été menés avec des officiels iraniens – anciens et actuels. Des membres du CGRI, un haut dignitaire religieux et des proches de Khamenei et de la sphère du pouvoir de la république islamique ont aussi été interviewés.
Abdolreza Davari, qui était conseiller auprès de l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad, a affirmé que le jeune Khamenei – qui n’a pas été vu ni entendu en public depuis son entrée en fonction, après que son père a été tué lors d’une frappe aérienne américano-israélienne, au mois de mars – « dirige le pays comme s’il était le président de son conseil d’administration ». Il a ajouté : « Il s’appuie fortement sur les conseils et sur les orientations des membres du conseil… Ce sont les généraux qui sont les membres du conseil. »
« Mojtaba n’exerce pas encore de commandement ou de contrôle total » a pour sa part commenté Sanam Vakil, la directrice du département Moyen-Orient et Afrique du Nord à Chatham House, qui a des contacts en Iran. Elle a expliqué que les décisions étaient généralement présentées au guide suprême « en fait accompli ».
Khamenei serait en fuite depuis que les frappes américaines et israéliennes du 28 février ont tué son père. Lui-même avait été grièvement blessé lors de ce bombardement – avec des brûlures et des blessures sévères qui ont limité sa capacité à s’exprimer.
Il communique dorénavant par le biais de messages manuscrits qui sont transmis par des messagers, a noté le journal.
Les responsables cités dans l’article ont indiqué qu’il s’est abstenu jusqu’à présent de diffuser des déclarations vidéo ou audio, cherchant à éviter de paraître affaibli ou vulnérable lors de sa première intervention en public.
La combinaison de ses blessures, des préoccupations sécuritaires et de son accès limité l’aurait amené à déléguer son autorité aux généraux du CGRI, qui dominent désormais les prises de décision en matière de stratégie de guerre et de diplomatie.
Un changement qui marque une rupture significative par rapport au système antérieur – Khamenei père, en effet, détenait l’autorité ultime. Ali Vaez, directeur pour l’Iran de l’International Crisis Group, a expliqué qu’aujourd’hui, « Mojtaba est subordonné aux Gardiens de la révolution », le qualifiant de dirigeant de nom seulement.
Selon l’article, les généraux ont pris les décisions les plus importantes pendant la guerre – s’agissant notamment des attaques lancées à l’encontre d’Israël, de la fermeture du détroit d’Ormuz et de l’engagement dans des pourparlers de cessez-le-feu et diplomatiques avec les États-Unis.
Il y aurait encore des désaccords au sein de la direction iranienne, notamment concernant les discussions avec Washington, mais le journal a expliqué que les généraux ont désormais pris le dessus sur les personnalités politiques, notamment lorsqu’ils ont récemment décidé de suspendre les négociations avec les États-Unis dans un contexte de tensions liées au blocus maritime du détroit d’Ormuz.
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