Les Kurdes de Syrie alertent les Kurdes d’Iran contre toute alliance avec Washington

'Si un accord est conclu demain entre eux (les Etats-Unis) et les Iraniens, ils vous abandonneront. Ne commettez pas les mêmes erreurs que nous', disent les Kurdes syriens

Photo d'illustration : Des membres du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) montant la garde à Erbil, en Irak, le 5 mars 2026. (Crédit : Rashid Yahya/AP)

Les Kurdes du nord-est de la Syrie ont déconseillé aux Kurdes iraniens de s’allier aux États-Unis pour lutter contre le gouvernement iranien, invoquant leur propre expérience en Syrie ces derniers mois comme preuve de « l’abandon » dont feront l’objet leurs homologues iraniens.

Ces derniers jours, les milices kurdes iraniennes installées dans le nord de l’Irak ont consulté les États-Unis concernant la possibilité et la manière d’attaquer les forces de sécurité dans l’ouest de l’Iran, à l’heure où les États-Unis et Israël bombardent la république islamique, a rapporté Reuters. Le président américain Donald Trump a finalement rejeté cette idée.

De surcroît, les Kurdes syriens ont pour leur part mis en garde leurs homologues iraniens contre tout partenariat avec Washington.

« J’espère que les Kurdes d’Iran ne concluront pas d’alliance avec les États-Unis, qui finiront par les abandonner », a déclaré Saad Ali, 45 ans, habitant de la ville kurde de Qamishli, dans le nord-est de la Syrie.

« Si un accord est conclu demain entre eux (les États-Unis) et les Iraniens, ils vous abandonneront. Ne commettez pas les mêmes erreurs que nous », a-t-il confié à Reuters.

Il y a plus de dix ans, les combattants kurdes syriens se sont alliés aux États-Unis pour lutter contre le groupe djihadiste de l’État islamique, instaurant leur propre zone semi-autonome sur le territoire qu’ils avaient arraché à l’EI.

Mais en janvier, une offensive éclair menée par la nouvelle armée syrienne du président Ahmed al-Sharaa a permis à cette dernière de reprendre la plupart des zones contrôlées par les Kurdes. Ceux-ci ont alors appelé les États-Unis à intervenir en leur faveur, mais se sont sentis trahis lorsque Washington les a exhortés à rejoindre les forces de Sharaa.

D’après une source kurde iranienne, les dirigeants kurdes craignaient d’être « trahis » comme l’ont été leurs homologues du nord de la Syrie.

La même source indique que les dirigeants kurdes iraniens ont demandé des garanties aux États-Unis, sans toutefois préciser la nature de celles-ci.

Ahmed Barakat, chef du Parti démocratique progressiste kurde en Syrie, a expliqué à Reuters que les forces kurdes iraniennes devaient faire montre d’une « extrême prudence ».

Si Barakat estime que la décision leur appartient en dernier ressort, il considère toutefois que « accepter l’invitation des États-Unis et être considérés comme le fer de lance de la lutte contre le régime iranien ou du mouvement visant à l’affaiblir n’est pas, à l’heure actuelle, dans l’intérêt des Kurdes d’Iran ».

Depuis environ un an, Israël mène ses propres négociations avec les groupes rebelles kurdes iraniens implantés dans la région semi-autonome du Kurdistan irakien, a rapporté Reuters la semaine dernière.

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