Les médias américains organisent la riposte face à Trump

CNN, MS NOW et Politico poursuivent l'administration Trump en justice suite à l'interdiction d'accès à la Maison Blanche

La plainte déposée par CNN, MS NOW et Politico contre l'administration du président américain Donald Trump, photographiée le 21 septembre 2026. (Crédit : Jon Elswick/AP)

Lundi, les grandes chaînes de télévision américaines et les photographes de plusieurs médias, dont l’AFP, se sont rangés derrière CNN, qui a saisi la justice avec MS NOW et Politico, après la décision de Donald Trump d’interdire à ces trois médias l’accès à la Maison Blanche.

Le président américain a d’ores et déjà indiqué sur Truth Social qu’il « ferait appel », laissant entendre qu’il attendait une décision favorable aux organes de presse, après une première audience prévue mercredi à 15 h 30 à Washington (19 h 30 GMT).

Il leur a reproché à nouveau de « n’écrire que de manière négative » sur lui et même de menacer la « sécurité nationale ».

En soutien à la chaîne d’information en continu, les quatre autres membres du « pool » télévisé de la Maison Blanche – CBS, ABC, NBC et Fox – ont décidé de cesser leur participation à ce dispositif crucial, dans une manifestation de solidarité inédite.

« À partir d’aujourd’hui, le pool télé ne couvrira pas les événements auxquels participera le président », a indiqué Bryan Boughton, représentant de Fox et organisateur de ce groupe de chaînes.

La mission du « pool » télévisé de la Maison Blanche, que CNN aurait dû assurer lundi et mardi, est de suivre le président américain tout au long de la journée et de distribuer les images dans le monde entier.

Les écrans vidéo éteints dans la salle de presse James S. Brady de la Maison Blanche, à Washington, le 21 septembre 2026. (Crédit : Alex Brandon/AP Photo)

Les cinq chaînes citées plus haut assurent cette fonction à tour de rôle.

Sans le son

L’inauguration lundi par Trump d’une gigantesque plate-forme d’hélicoptère à la Maison Blanche, l’un de ces chantiers qui lui tiennent à cœur, n’a donc pas été retransmise à la télévision.

Le président, sur le départ pour New York où il participera mardi à l’Assemblée générale de l’ONU, a prononcé un petit discours inaudible sur les images distribuées par la Maison Blanche elle-même.

Plusieurs médias participant au « pool » des photographes de la Maison Blanche, dont l’AFP, ont de leur côté décidé de retarder la diffusion de leurs clichés jusqu’à minuit lundi.

Parmi eux, le Washington Post et le New York Times, qui ont expliqué, dans des communiqués distincts, vouloir ainsi manifester leur « soutien » à CNN, MS NOW et Politico.

Reste à voir si ces mobilisations, les premières du genre depuis le début d’un second mandat marqué par des attaques tous azimuts contre les journalistes, affecteront Trump. Le milliardaire de 80 ans est un gros consommateur de télévision et un grand amateur de clichés de presse.

Lundi soir, la Maison Blanche a dévoilé « Trump TV », un flux vidéo en direct sur YouTube rediffusant en continu d’anciens discours du président.

Constitution

Les trois médias interdits d’accès à la Maison Blanche ont déposé plainte et demandent la suspension en urgence de la mesure qui les vise.

Dans leur plainte, CNN, MS Now et Politico estiment que la décision de Trump constitue une atteinte « directe au Premier amendement » de la Constitution américaine, garantissant la liberté de la presse, et une violation « flagrante de nos principes constitutionnels les plus fondamentaux ».

L’affaire a été attribuée, par pure coïncidence, à un juge déjà saisi d’une affaire similaire, mais plus limitée, durant le premier mandat de Trump.

Des affiches en faveur de l’Associated Press, de CNN, de MS NOW et de Politico accrochées dans la salle de presse de la Maison Blanche, à Washington, le 21 septembre 2026. (Crédit : Alex Wroblewski/AFP)

Un journaliste de CNN, Jim Acosta, avait vu son accréditation retirée par la Maison Blanche après un échange tendu avec le président américain. Le magistrat en question avait exigé que la Maison Blanche lui rende son badge, ce qu’elle avait fait au bout de douze jours.

Trump avait décidé vendredi de verrouiller « avec effet immédiat » les accès de CNN et MS NOW, ainsi que du média en ligne Politico, accusés d’avoir « accumulé » les couvertures défavorables.

Depuis, des journalistes de ces trois médias sont empêchés d’entrer dans l’enceinte de la Maison Blanche.

« D’autres médias propagateurs de fausses informations suivront », avait menacé le président républicain.

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