Les négociations avec Israël pourraient aboutir « dans les prochains jours » – Sharaa
'C'est un cas difficile : il s'agit de négociations entre un Damascène et un Juif', a dit le dirigeant syrien à propos des négociations menées sous l'égide des États-Unis tout en jugeant prématurées les discussions sur le Golan
DAMAS, Syrie — Le président syrien Ahmed al-Sharaa a indiqué, dans la journée de mercredi, que les négociations actuellement en cours avec Israël concernant la conclusion d’un accord de sécurité pourraient aboutir « dans les prochains jours ».
Devant les journalistes qui étaient réunis à Damas, il a expliqué que ce pacte entre les deux pays était « une nécessité », qu’il devrait respecter l’espace aérien et l’unité territoriale de la Syrie et qu’il devrait être supervisé par les Nations unies.
La Syrie et Israël sont en pourparlers pour finaliser un accord qui, selon Damas, permettra de mettre un terme aux frappes aériennes israéliennes et qui entraînera le retrait des troupes israéliennes qui ont pénétré dans le sud de la Syrie. Les deux parties ont participé mercredi à une réunion organisée par les États-Unis à Londres qui, selon le site d’information Axios, a duré cinq heures.
Axios a noté dans son article que le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani, a présenté au ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, la réponse apportée par la Syrie à une proposition israélienne concernant le pacte.
Reuters a signalé, en début de semaine, que Washington exerçait des pressions sur la Syrie afin qu’elle puisse conclure un accord avant l’Assemblée générale des Nations unies, qui aura lieu à New York, la semaine prochaine, en présence de tous les leaders mondiaux.
Mais Sharaa, qui s’est exprimé devant les journalistes – dont celui de Reuters – avant son déplacement prévu au grand rendez-vous de l’ONU, a nié que les États-Unis exerçaient des pressions sur la Syrie et il a précisé que le rôle tenu par Washington était davantage celui d’un médiateur.
Il a dit qu’Israël avait mené plus d’un millier de frappes contre la Syrie et que e pays avait également effectué plus de 400 incursions terrestres depuis le 8 décembre, date à laquelle l’ancien dirigeant syrien, Bashar al-Assad, avait été renversé au cours d’une offensive rebelle.
Sharaa a ajouté que les actions des militaires israéliens entraient en contradiction avec la politique américaine en faveur d’une Syrie stable et unifiée – une situation qu’il a qualifiée de « très dangereuse ».
Il a affirmé que Damas cherchait à conclure un accord similaire à l’accord de désengagement de 1974, qui avait été signé entre les deux pays et qui avait été à l’origine de la mise en place d’une zone démilitarisée entre Israël et la Syrie dans le sillage de la guerre de Yom Kippour, qui avait eu lieu un an auparavant.
Il a ajouté que la Syrie souhaitait le retrait des soldats israéliens mais que l’État juif voulait, pour sa part, rester dans les zones stratégiques qu’il avait saisies au lendemain du 8 décembre – notamment sur le versant syrien du mont Hermon. Les ministres israéliens ont ouvertement indiqué qu’Israël avait l’intention de garder le contrôle de ces sites.
Sharaa a déclaré que si le pacte de sécurité devait aboutir, d’autres accords pourraient être conclus. Il n’a pas donné de détails, mais il a dit qu’un accord de paix ou de normalisation similaire à ceux finalisés dans le cadre des accords d’Abraham, qui avaient été négociés par les États-Unis, n’était pas à l’ordre du jour pour le moment. Les Accords d’Abraham avaient permis à plusieurs pays à majorité musulmane de normaliser leurs relations diplomatiques avec Israël
Il a également expliqué qu’il était prématuré de discuter du sort réservé au plateau du Golan, dont Israël avait conquis une grande partie lors de la guerre des Six Jours, en 1967, et sur lequel il a ensuite étendu sa souveraineté. Il a noté que la question était « importante ».
Reuters a rapporté cette semaine qu’Israël avait exclu de restituer le plateau stratégique, que Donald Trump avait unilatéralement reconnu comme israélien lors de son premier mandat en tant que président américain.
« C’est un cas difficile : vous avez des négociations entre un Damascène et un Juif », a déclaré Sharaa aux journalistes en souriant.
Accord de sécurité avorté au mois de juillet dernier
Sharaa avait également dit que la Syrie et Israël étaient à « quatre ou cinq jours » de conclure un accord de sécurité au mois de juillet dernier, mais que les événements survenus à Soueida, dans le sud de la Syrie, avaient fait dérailler ces discussions.
Les soldats syriens avaient été déployées à Soueida, au mois de juillet, pour mettre un terme aux combats qui opposaient alors les factions armées druzes et les Bédouins. Mais les violences s’étaient aggravées, les forces syriennes étant notamment accusées de procéder à des exécutions sommaires. Israël avait frappé le sud de la Syrie, le ministère de la Défense à Damas et les abords du palais présidentiel.
Sharaa a déclaré, mercredi, que les bombardements qui avaient eu lieu à proximité du palais présidentiel avaient été « non pas un message, mais une déclaration de guerre »,ajoutant que la Syrie s’était encore abstenue de riposter militairement afin de préserver les négociations.
Le ministre syrien des Affaires étrangères va discuter de la levée des sanctions américaines restantes
Axios a également rapporté qu’Asaad al-Shaibani, le ministre syrien des Affaires étrangères, rencontrera cette semaine des députés américains à Washington pour discuter de la levée des sanctions américaines qui sont encore imposées au pays.
Le sénateur américain Lindsey Graham aurait déclaré que lui-même et d’autres sénateurs devaient rencontrer Shaibaini dans la journée de jeudi pour discuter de la levée permanente de certaines sanctions autorisées par la loi, notamment par la Caesar Act.
Le haut-responsable syrien devrait aussi s’entretenir avec le secrétaire d’État Marco Rubio vendredi, selon Axios.
Graham a expliqué qu’il soutiendrait la levée des sanctions si la Syrie s’engageait officiellement dans un nouvel accord de sécurité avec Israël et si Damas rejoignait une coalition contre le groupe extrémiste État islamique.
Le département d’État américain n’avait pas répondu à une demande de commentaire sur la visite de Shaibani au moment de la rédaction de cet article.
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