Les otages secourus quittent l’hôpital ; leurs proches expriment soulagement et gratitude
Maayan Sigal-Koren, dont la mère, le compagnon de la mère, l'oncle, la tante et le cousin ont été enlevés au kibboutz Nir Yitzhak, raconte le processus de guérison de sa famille
Deux jours après la libération des otages Louis Har et Fernando Marman de la bande de Gaza, Maayan Sigal-Koren, membre de la famille des deux hommes, a indiqué que ces derniers s’étaient sentis en sécurité dès qu’ils ont réalisé qu’ils étaient secourus par les troupes israéliennes.
Marman et Har, qui étaient détenus au deuxième étage d’un immeuble de Gaza, ont apparemment réalisé à l’aube du lundi matin qu’ils étaient en train d’être secourus au moment où ils ont entendu quelqu’un appeler leur nom.
Les deux otages détenus par le Hamas à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, ont été libérés au cours d’une opération complexe menée pendant la nuit par les forces spéciales ; cette opération n’est que la deuxième extraction réussie d’otages aux mains du groupe terroriste.
« Fernando a raconté qu’il s’est senti en sécurité dès que le soldat israélien l’a pris dans ses bras, comme si plus rien ne pouvait lui arriver », a raconté Sigal-Koren, qui s’exprimait en anglais lors d’une conférence de presse en ligne organisée par le Club de la presse de Jérusalem. « C’était très réconfortant de voir qu’ils se sentaient en sécurité, qu’ils se sentaient chez eux avant même d’être rentrés en Israël. »
Har, 70 ans, et Marman, 61 ans, ont été enlevés alors qu’ils se trouvaient dans la pièce sécurisée de Har au kibboutz Nir Yitzhak, où Har vit avec sa compagne Clara Marman. Le frère et la sœur de Clara, Fernando Marman et Gabriela Leimberg, ainsi que la fille de cette dernière, Mia, âgée de 17 ans, étaient venus leur rendre visite ce week-end-là. Tous les cinq ont été pris en otage le matin du 7 octobre, lorsque des terroristes du Hamas ont tué 1 200 personnes et pris 253 otages lors d’un assaut meurtrier sur le sud d’Israël.
Ils étaient tous cachés dans un coin de la pièce sécurisée de Clara Marman et Har lorsque les terroristes ont commencé à tirer à travers la porte qui était bloquée par une chaise, a raconté Sigal-Koren.
Les cinq membres de la famille sont les seules personnes à avoir été prises en otage du kibboutz Nir Yitzhak ce jour-là, a-t-elle précisé.
Les trois femmes, Clara Marman, Gabriela et Mia Leimberg, ont été libérées le 28 novembre après plus de 50 jours de captivité, dans le cadre d’un accord de trêve des hostilités.
« Har et Marman pensaient à l’époque qu’ils seraient libérés quelques jours plus tard », a indiqué Sigal-Koren. Mais lorsqu’ils ont entendu les missiles tomber autour d’eux, les deux hommes ont compris que les combats avaient repris. Ils ont finalement été secourus 76 jours plus tard.
Les deux hommes étaient détenus par un terroriste du Hamas qui ne parlait ni anglais ni hébreu et qui ne leur a donné que très peu d’informations, a expliqué Sigal-Koren. Quand il leur parlait, il leur exposait ce qui se passait de son point de vue, une forme de terrorisme psychologique, a-t-elle ajouté.
Le terroriste a parlé aux deux otages de la guerre, des succès du Hamas, en particulier celui du 7 octobre, qu’il a qualifié de grande victoire, et de son immense satisfaction de voir que le groupe terroriste avait pris autant d’otages, a expliqué Sigal-Koren.
Har et Marman ont survécu parce qu’ils étaient ensemble, a-t-elle ajouté.
« Ils ne faisaient absolument rien de toute la journée », a indiqué Sigal-Koren, mais les médecins leur ont dit que le fait d’être ensemble les avait aidé à survivre.
« De temps en temps, ils ne voulaient parler à personne, ils voulaient disparaître », a ajouté Sigal-Koren, en racontant ce qu’ils lui avaient dit. « Ils essayaient de fermer les yeux et de méditer pour faire quelque chose, pour être ailleurs dans leur esprit. »
Sigal-Koren dit qu’elle était en état de choc lorsqu’elle a appris, au milieu de la nuit de lundi, que Marman et Har avaient été secourus, et qu’on a dû lui répéter le message plusieurs fois avant qu’elle ne comprenne vraiment qu’ils étaient sains et saufs.
« Je me sens à la fois soulagée, excitée, reconnaissante et, d’un autre côté, j’ai l’impression qu’une partie de moi est encore en captivité », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle ne pourra pas se sentir complètement heureuse et soulagée tant que 134 otages sont encore retenus à Gaza.
Les deux membres de sa famille commencent à donner des détails sur leur captivité. « Nous voulons tout savoir, mais c’est difficile d’en parler », a-t-elle déclaré. « Je comprends qu’il y a beaucoup de choses que nous ne comprendrons jamais. »
Si les deux hommes semblent se porter bien et ont pu sortir de l’hôpital mercredi, Sigal-Koren a dit que les conséquences de la détention de sa propre mère, qui a passé 53 jours en captivité, étaient palpables.
Clara Marman, la mère de Sigal-Koren, vit provisoirement près de chez sa fille et, jusqu’au sauvetage surprise de lundi soir, était entièrement focalisée sur son compagnon Louis Har et son frère Fernando Marman.
« Elle ne parlait que de cela », a indiqué Maayan Sigal-Koren, qui a joué un rôle actif dans les efforts du Forum pour les otages. Elle a emmené sa mère à la Knesset ainsi qu’à Madrid la semaine dernière pour y rencontrer le Premier ministre Pedro Sánchez et le roi Felipe VI, « pour rencontrer et discuter avec tous ceux qui étaient susceptibles de pouvoir nous aider ».
Selon Sigal-Koren, la famille peut à présent commencer le processus de guérison par le biais des thérapies et de la réadaptation.
« On voit qu’ils commencent à reprendre des forces, qu’ils sourient et rient, qu’ils se sentent beaucoup mieux », a-t-elle déclaré en décrivant son oncle et le compagnon de sa mère.
Les deux hommes devaient sortir mercredi de l’hôpital où ils ont été amenés immédiatement après leur sauvetage audacieux de Gaza, tôt lundi.
« Leur état de santé est plutôt bon, nous sommes très optimistes quant à leur retour à la vie normale », a affirmé Sigal-Koren.