Les pourparlers États-Unis-Iran semblent progresser, alors que Trump envisage de nouvelles frappes
Des responsables ont déclaré au ToI que l'Iran examinait des propositions visant à freiner son programme nucléaire ; selon Fox, l'armée aurait donné son feu vert à Trump, le 9 novembre, pour une nouvelle attaque
Les États-Unis et l’Iran seraient sur le point de réaliser une avancée décisive dans les négociations visant à conclure un accord qui mettrait fin à la guerre qui les oppose et qui est actuellement en grande partie suspendue, a rapporté Bloomberg vendredi, citant un diplomate au fait des discussions.
Selon le média, cette avancée semble d’autant plus probable que l’Iran se montre disposé à examiner les propositions du Qatar concernant certaines concessions, jusqu’alors considérées comme inenvisageables, sur son programme nucléaire.
Ces informations ont été publiées suite à un entretien téléphonique auquel ont participé le président américain Donald Trump et l’émir du Qatar Tamim Al-Thani au sujet des efforts visant à désamorcer les tensions, selon le bureau du dirigeant qatari.
Le Qatar assure la médiation des pourparlers indirects visant à mettre fin à ce conflit qui dure depuis des mois. L’accord à l’étude, ces derniers jours, porte principalement sur la réouverture par l’Iran du détroit d’Ormuz en échange d’un allègement des sanctions américaines. Viendraient ensuite des négociations plus larges sur le programme nucléaire de Téhéran, comme l’avait précédemment indiqué au Times of Israel un diplomate proche des discussions.
Les négociateurs iraniens ont examiné des propositions qui verraient Téhéran mettre un frein à son programme nucléaire, après avoir longtemps refusé de discuter de cette question pourtant au cœur du conflit, ont confirmé vendredi au Times of Israel un responsable américain et un diplomate proche du dossier.
Ces propositions avaient été présentées par des médiateurs qataris la semaine précédente, au cours de plusieurs cycles de pourparlers avec des responsables iraniens qui s’étaient tenus à Téhéran et à Doha. Sans exiger le démantèlement complet du programme nucléaire iranien, elles abordent la question des stocks d’uranium hautement enrichi et prévoient en contrepartie un allègement significatif des sanctions américaines.
L’Iran, cependant, estime que les « engagements sur le papier » ne suffisent pas, et exige des mesures concrètes de la part des États-Unis avant d’entamer toute nouvelle étape diplomatique, a déclaré vendredi Ali Bagheri, vice-président de la plus haute instance de sécurité iranienne, à la télévision d’État iranienne.
L’Iran a transmis aux États-Unis, via le Qatar, une proposition sur le nucléaire qui ne sera examinée qu’une fois que Washington aura satisfait aux sept exigences de Téhéran, a indiqué un haut responsable iranien à Reuters, ajoutant que Washington étudiait actuellement cette proposition.
Jeudi, par ailleurs, l’Iran a engagé des initiatives diplomatiques parallèles dans d’autres pays. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a ainsi discuté des efforts de désescalade régionale avec ses homologues saoudiens et qataris, tandis que le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaei, a rencontré le président russe Vladimir Poutine à Moscou et lui a transmis un message du Guide suprême Mojtaba Khamenei, selon les médias d’État iraniens.
Pour autant, tout le monde ne considère pas ces initiatives diplomatiques comme une avancée décisive.
« Négocier ne signifie pas nécessairement céder », a déclaré Jason Brodsky, directeur des politiques chez United Against Nuclear Iran, au Times of Israel.
« Le régime iranien discute de son programme nucléaire avec les États-Unis depuis des décennies », a-t-il ajouté. « Il ne s’agit vraiment pas d’une avancée majeure. Des médiateurs zélés tentent de brosser un tableau idyllique des progrès réalisés dans les négociations, dans le but de gagner du temps et d’empêcher les États-Unis de passer à la vitesse supérieure. »
« Je recommande vivement de faire preuve de scepticisme et de prudence », a-t-il poursuivi.
Washington envisage de nouvelles frappes
Malgré les informations faisant état de discussions diplomatiques, Donald Trump a évoqué jeudi à la Maison Blanche, avec ses conseillers à la sécurité nationale, la possibilité de lancer de nouvelles frappes contre l’Iran, ont rapporté des hauts responsables à Fox News.
Le 9 novembre, jour de la nouvelle lune au Moyen-Orient, offrirait des conditions idéales pour une reprise des opérations militaires, sous couvert de l’obscurité, ont précisé ces responsables.
Les États-Unis et Israël ont déclaré la guerre à l’Iran le 28 février, avec pour objectif de détruire les programmes balistique et nucléaire de Téhéran, et de déstabiliser le régime. L’Iran a riposté par des frappes sur Israël et les États arabes voisins, puis en restreignant le trafic dans le détroit d’Ormuz, perturbant ainsi une route pétrolière mondiale majeure.
Le 3 novembre, les États-Unis ont mené des frappes défensives limitées contre des cibles iraniennes sur l’île de Qeshm. Les responsables ont toutefois fait savoir que cette action ne marquait pas un retour aux opérations de combat de grande envergure.
Un pétrolier signale une explosion dans le détroit d’Ormuz
Les violences se poursuivent quant à elles dans le détroit d’Ormuz.
Le capitaine d’un pétrolier qui traversait le détroit d’Ormuz a fait état d’une explosion au niveau de la ligne de flottaison bâbord du navire, à 16 milles marins à l’est de Khasab, à Oman, a indiqué l’agence britannique des opérations commerciales maritimes (UKMTO).
Le pétrolier poursuit sa route par ses propres moyens, a indiqué l’UKMTO. Tous les membres d’équipage sont sains et saufs et ont été retrouvés, a ajouté l’agence.
Le détroit d’Ormuz est au cœur des négociations visant à mettre fin au conflit. L’Iran cherche à obtenir un allègement du blocus et des sanctions américaines, tandis que Washington insiste pour que soit rétablie la liberté de navigation dans cette voie maritime, par laquelle transite une grande partie des livraisons mondiales de pétrole.
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