Les propos de Ben Gvir sur les prisonniers ont amené leurs geôliers à frapper les otages

La chaîne N12 a cité un otage libéré ayant conservé l'anonymat qui a confié que les paroles de Ben Gvir vantant les mauvaises conditions de détention des prisonniers palestiniens ont conduit le Hamas à maltraiter sévèrement les captifs

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s'exprimant lors d'une cérémonie à l'Académie nationale de police, à Beit Shemesh, le 15 septembre 2025. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

Selon certaines informations, un otage récemment libéré a confié à sa famille que lui et d’autres personnes avec lesquelles il était retenu à Gaza avaient été battus à coups de fouet jusqu’à en perdre connaissance après que leurs ravisseurs du Hamas ont entendu les propos du ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, se vantant publiquement d’avoir détérioré les conditions de détention des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes.

« À chaque fois que Ben Gvir parlait des prisonniers [palestiniens], nous subissions de graves abus », a ainsi raconté sous couvert d’anonymat vendredi un ancien otage cité par la chaîne N12.

« Un jour, il a parlé de la quantité [limitée] de nourriture dont bénéficiaient les prisonniers palestiniens. Ils nous ont enfermés dans une cage, en nous disant que nous n’avions qu’à manger une datte et boire de l’eau salée », a ajouté l’otage libéré.

« Une fois, après une déclaration à la télévision, des terroristes sont entrés armés de cravaches, et ils nous ont battus jusqu’à ce que certains d’entre nous perdent connaissance », s’est souvenu l’ancien otage.

Lundi, dans le cadre de la première phase du plan de paix global du président américain Donald Trump, les 20 otages encore retenus à Gaza ont été relâchés, en échange de près de 2 000 prisonniers palestiniens.

Au début de l’année, des otages libérés avaient également fait remarquer que le comportement de Ben Gvir avait conduit à une détérioration de leurs conditions de détention.

L’otage israélien Eli Sharabi, captif à Gaza depuis le 7 octobre 2023, exhibé par des terroristes du Hamas avant d’être remis à la Croix-Rouge, à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 8 février 2025. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

En mars, Eli Sharabi, qui a survécu à la captivité, a expliqué que ses ravisseurs suivaient avidement l’actualité, et averti que les propos tenus par les dirigeants dans les médias avaient « un immense pouvoir ». Eliya Cohen a, pour sa part, spécifiquement souligné les déclarations publiques de Ben Gvir.

Le ministre de la Sécurité intérieure avait à l’époque refusé de présenter ses excuses aux otages, préférant au contraire défendre son comportement, jusqu’à s’en dire « fier ».

Lors d’un rassemblement organisé en mars à Tel-Aviv, Einav Zangauker, mère de Matan Zangauker, alors retenu en otage, avait affirmé que le Premier ministre Benjamin Netanyahu était tout à fait conscient des conséquences des déclarations de Ben Gvir, mais qu’il avait choisi de ne rien faire.

« [Des hauts responsables] m’ont confié que Netanyahu était au courant de toutes les tortures infligées aux otages », a-t-elle rapporté. « Il comprenait le sens des déclarations de Ben Gvir – il comprenait pourquoi , à cause de lui, [le Hamas] torturait les otages. Mais [Netanyahu] s’est tu, il a normalisé [la situation] et il a laissé [Ben Gvir] continuer, même si cela entraînait des mauvais traitements pour les otages. »

Dans son reportage de vendredi, la chaîne N12 a fait savoir que les responsables de la défense avaient à plusieurs reprises fait remarquer à Ben Gvir que ses propos et ses décisions visant à détériorer les conditions de détention des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes risquaient d’exposer les otages retenus à Gaza à de nouveaux mauvais traitements.

Le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir (à gauche) s’entretient avec le terroriste palestinien emprisonné Marwan Barghouti dans sa cellule, dans une vidéo diffusée le 14 août 2025 (Crédit : capture d’écran X ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur).

Mais malgré cela, le comportement du ministre était resté le même. Mercredi, les médias palestiniens ont rapporté que le mois dernier, Marwan Barghouti, un terroriste palestinien condamné, avait été battu par des gardiens de prison israéliens, qui l’avaient laissé avec quatre côtes cassées.

Ben Gvir a réfuté ces allégations, ajoutant immédiatement être « fier que les conditions de détention de Barghouti aient radicalement changé » durant son mandat.

En août, le ministre avait rendu visite à Barghouti dans sa cellule. Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montrait le ministre semblant narguer le prisonnier, suscitant l’indignation de l’Autorité palestinienne.

Depuis près de deux ans qu’il occupe le poste de ministre de la Sécurité intérieure, Ben Gvir n’a cessé de dénoncer ce qu’il qualifie de produits de luxe fournis aux prisonniers condamnés pour atteinte à la sécurité, allant jusqu’à interdire la distribution de pain pita frais et à limiter le temps passé sous la douche pour les détenus. À la suite du pogrom du 7 octobre, le ministre a ordonné de nouvelles restrictions à l’encontre des prisonniers condamnés pour atteinte à la sécurité, parmi lesquelles la suppression des lits et l’augmentation du nombre de prisonniers par cellule.

Ben Gvir parle souvent de sa politique pénitentiaire comme de l’une de ses principales réalisations en tant que ministre. Toutefois, ses deux années au pouvoir ont été marquées par une augmentation significative des attentats terroristes, selon les statistiques du Shin Bet.

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