Les rumeurs de « disparitions forcées » près des centres d’aide humanitaire sont « infondées »
Quatre jours après que des responsables de l'ONU, dont la rapporteuse spéciale Francesca Albanese, ont déclaré qu'Israël ne donnait pas d'informations sur les personnes interpelées, l'armée a déclaré que ces accusations étaient 'totalement infondées'
Lundi, l’armée israélienne a balayé d’un revers de main les accusations d’un groupe d’experts des Nations unies faisant état de « disparitions forcées » de Palestiniens au niveau des centres de distribution d’aide humanitaire à Gaza. Elle a fait savoir qu’elle interpelait dans le cadre de la loi les personnes qui s’approchaient des centres d’aide humanitaire en-dehors de leurs heures d’ouverture ou d’une manière qui mettait en danger ses soldats.
« Dire que des habitants de Gaza disparaissent au niveau des centres d’aide humanitaire est totalement infondé », a déclaré l’armée dans un communiqué, publié quelques jours après que des experts des droits de l’homme de l’ONU ont fait part de leurs inquiétudes face aux rumeurs de disparitions forcées à proximité des centres de distribution gérés par la Fondation humanitaire de Gaza, soutenue par Israël et les États-Unis.
Jeudi dernier, sept experts des droits de l’homme de l’ONU ont déclaré conjointement avoir reçu des informations selon lesquelles plusieurs individus, dont un enfant, avaient été « enlevés » après s’être rendus dans des centres d’aide de la Fondation humanitaire de Gaza, dans le sud de Gaza, et que l’armée israélienne aurait été « directement impliquée dans ces disparitions forcées de personnes venues se procurer de l’aide ».
Le service du porte-parole de Tsahal a répondu que « la Fondation humanitaire de Gaza était autorisée à opérer en toute indépendance et à distribuer de l’aide aux habitants de Gaza, et que l’armée se trouvait à proximité des centres de distribution pour permettre à la distribution de se faire parallèlement aux activités opérationnelles de Tsahal dans la bande de Gaza ».
Il a ajouté que « les suspects présents dans le complexe en-dehors de ses heures d’ouverture ou qui s’approchaient des soldats israéliens d’une manière susceptible de les mettre en danger étaient détenus et soumis à un interrogatoire approfondi ».
« Si l’interrogatoire initial de terrain fait apparaître des soupçons d’activités contre nos soldats, le suspect est transféré pour un interrogatoire plus approfondi en Israël », a-t-il poursuivi.
« Les détenus dont la détention ne se justifie pas sont remis en liberté dans la bande de Gaza, et ceux pour lesquels il existe des motifs de maintien en détention, conformément à la loi, sont traduits devant un juge avec droit à un avocat, comme la loi le prévoit », a-t-il expliqué.
« Lorsqu’il s’agit de mineurs, cela est évidemment pris en compte ; ils sont traités avec le tact requis et conformément à la loi », a ajouté Tsahal.
La Fondation humanitaire de Gaza a réagi aux propos des experts de l’ONU en disant qu’il n’y avait « aucune preuve » de disparitions forcées au niveau des centres de distribution de l’aide. « Nous intervenons en zone de guerre, à un endroit où toutes les parties prenantes s’accusent mutuellement de tout un tas de choses en dehors de nos centres », a-t-elle souligné.
Selon l’ONU, Israël « refuse de donner des informations » sur ces disparitions forcées
Dans sa déclaration de jeudi dernier, l’ONU accuse l’armée israélienne d’être « directement impliquée dans la disparition forcée de personnes venues se procurer de l’aide humanitaire ».
Cette déclaration est co-signée par les cinq membres du Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires, ainsi que par Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits dans les territoires palestiniens, et son homologue en matière de droit à l’alimentation, Michael Fakhri.
L’armée israélienne « refuse de donner des informations sur ce qui arrive et même où se trouvent les personnes qu’elle prive de liberté », en violation du droit international, peut-on lire dans le communiqué. « Le fait que des agents publics ne reconnaissent ni la privation de liberté ni la détention est constitutif d’une disparition forcée. »
Albanese est une féroce critique d’Israël, accusé d’avoir tenu des propos antisémites et pro-terroristes. De nationalité italienne, elle accuse régulièrement Israël de génocide à Gaza et a déclaré que le massacre, la torture, les viols et enlèvements perpétrés par le Hamas, le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, devaient être replacés dans le « contexte de décennies d’oppression imposées aux Palestiniens ».
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