Les transgenres sous les projecteurs à la Gay Pride de Tel-Aviv
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Les transgenres sous les projecteurs à la Gay Pride de Tel-Aviv

Les activistes estiment que les transgenres représentent 1 à 3 % de la population israélienne

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Lors d'un récent défilé de la Gay Pride à Tel-Aviv (Crédit : Omer Messinger / flash 90)
Lors d'un récent défilé de la Gay Pride à Tel-Aviv (Crédit : Omer Messinger / flash 90)

Les rues et les magasins de Tel-Aviv sont décorés depuis des jours de drapeaux aux couleurs arc-en-ciel, annonçant la 17e parade de la Gay Pride de vendredi.

Le défilé est le point d’orgue de la semaine de la Gay Pride de la ville. Cette Gay Pride devrait être l’événement le plus important que la ville de Tel-Aviv ait jamais connu, avec 180 000 participants, dont 30 000 touristes. La célébration de cette année met en vedette la gagnante de l’Eurovision et la représentante des droits LGBT, Conchita Wurst, et se concentre sur le soutien apporté à la communauté transgenre.

Des événements comme la parade sont essentiels pour faire avancer les droits des personnes transgenres, a déclaré un militant transsexuel, Elisha Alexander, de Tel-Aviv.

« À l’approche de la parade, de plus en plus de personnes trans demandent de l’aide, pour obtenir un soutien, c’est ce que la visibilité produit », a expliqué Alexander. « Voilà l’objectif principal de toutes ces parades de la fierté et des choses comme ça – c’est juste pour être visible, montrer que nous existons. »

« J’ai vécu comme une femme hétérosexuelle pendant 30 ans », s’est confié Alexander. « La principale raison pour laquelle il m’a fallu aussi longtemps [pour m’assumer] était tout simplement parce qu’il n’y avait pas de visibilité. »

Elisha Alexander, un activiste transgenre de Tel Aviv (Crédit : Autorisation Tova Shalmoni)
Elisha Alexander, un activiste transgenre de Tel Aviv (Crédit : Autorisation Tova Shalmoni)

Alexander est le directeur de Maavarim, un groupe de soutien à la communauté trans à Tel-Aviv. Maavarim, dont le nom signifie transition, travaille actuellement avec environ 100 personnes transgenres, mais Alexander a déclaré qu’il y en a beaucoup plus. Il estime qu’1 à 3 % des Israéliens sont transgenres.

Bien que la reconnaissance des personnes transgenres en Israël s’améliore, il y a encore des problèmes, a noté Alexander. Certains sont d’ordre social, d’autres ont un caractère plus institutionnel.

Un enjeu majeur pour la communauté est la mention du genre sur les documents officiels – la façon dont le sexe de quelqu’un est indiqué sur leur passeport où une femme transgenre peut être identifiée comme un homme et forcée de rester dans les refuges pour sans-abris destiné aux hommes.

« Tout ce qui a à voir avec la division des personnes et qui offre différents services aux femmes et aux hommes est problématique », a-t-il expliqué. « Si vous voulez aller prier au mur Occidental, si vous voulez aller aux toilettes, cela peut être problématique. »

Caitlyn Jenner lors de sa récente séance photo pour la couverture de Vanity Fair (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Caitlyn Jenner lors de sa récente séance photo pour la couverture de Vanity Fair (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Ce qui a le plus aidé est la croissance du soutien et de l’attention des médias pour la communauté transgenre au cours de ces dernières années, a-t-il poursuivi, à la fois en Israël et à l’étranger.

Des célébrités comme Caitlyn Jenner, qui était l’ancien coureur olympique Bruce Jenner, et qui a récemment fait son coming-out comme transgenre, aident en donnant une visibilité et des modèles positifs pour les jeunes transgenres.

La ville de Tel-Aviv-Jaffa a invité Jenner à être son invité d’honneur à la parade de vendredi.

Mais la transition vers le transgenre est difficile pour n’importe qui.

Nora Grinberg, conseillère en genre à Tel-Aviv et transgenre elle-même, a relevé que le monde du travail est un autre problème. Elle a expliqué qu’il y a souvent une corrélation entre la discrimination fondée sur le travail et le pouvoir social, et que la plupart des personnes transgenres font face à des préjugés dans le monde du travail.

« Moins vous êtes puissants et plus il y a de chance que vous soyez victime de discrimination ou marginalisé », a dénoncé Grinberg.

Elle travaille avec des élèves du secondaire et des parents d’enfants transgenres, et les jeunes sont les plus à risque, note-t-elle. Grinberg a aidé l’année dernière une adolescente de 15 ans qui a été tenue à l’écart de l’école pendant trois mois, après sa transition commencée pendant les vacances d’été, ce qui a ajouté du stress à une situation déjà difficile pour elle.

Dans le même temps, les personnes transgenres sont de plus en plus nombreuses dans la communauté LGBT – une communauté qui était autrefois largement dominée par les hommes gays – de Tel-Aviv, a poursuivi Grinberg.

Un porte-parole de la municipalité a déclaré que le défilé de cette année est une occasion d’enhardir la communauté transgenre.

« L’accent est beaucoup mis sur le mariage gay et la promotion des droits de la communauté gay et lesbienne, mais la communauté transgenre, la plupart du temps, est mise à l’écart de cela », déplore-t-elle. « Nous comprenons qu’ils sont en difficulté et nous sommes là pour les soutenir en tant que municipalité. »

Malgré les problèmes inhérents à cette question, Israël est un relativement bon pays pour les personnes transgenres, a déclaré Alexander.

La sécurité sociable leur est accessible et il y a peu de violences contre la communauté, bien que la situation à Tel-Aviv soit meilleure que dans d’autres villes et villages israéliens. Il a précisé que beaucoup de personnes de la communauté LGBT en Israël finissent par s’installer à Tel-Aviv parce que les conditions de vie y sont meilleures.

En même temps, les personnes transgenres vivent partout en Israël, a déclaré Alexander, « de Jérusalem à Bnei Brak. Déménager dans une ville différente n’est pas [toujours] la solution ».

Nora Grinberg, une femme transgenre et  travailleuse social, travaille souvent avec adolescents (Crédit : Autorisation Nora Grinberg)
Nora Grinberg, transgenre et travailleuse social, travaille souvent avec des adolescents. (Crédit : Autorisation Nora Grinberg)

Grinberg travaille dans la communauté depuis environ 15 ans et a observé des améliorations énormes, mais, a-t-elle ajouté, elle ne sera pas satisfaite tant qu’il n’y aura pas une égalité complète pour toutes les personnes de la communauté LGBT.

« C’est comme regarder une peau de léopard – il y a des taches claires et il y a des taches plus foncées », décrit-elle.

« Les personnes transgenres sont là pour rester. Nous faisons partie d’une plus large communauté LGBT et nous ne pouvons pas être ignorés plus longtemps. »

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