Les USA prêts à parler au Hamas s’il met fin au terrorisme ; le Hamas refuse
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Les USA prêts à parler au Hamas s’il met fin au terrorisme ; le Hamas refuse

L'organisation terroriste à Gaza rejette les demandes des envoyés US de reconnaître Israël, qualifie Kushner, Greenblatt et Friedman de "porte-paroles de l'occupant israélien"

Jared Kushner, gendre et conseiller principal du président américain Donald Trump, prend la parole lors de la cérémonie d'inauguration de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem le 14 mai 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Jared Kushner, gendre et conseiller principal du président américain Donald Trump, prend la parole lors de la cérémonie d'inauguration de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem le 14 mai 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

L’administration Trump a indiqué qu’elle était prête à travailler avec l’organisation terroriste du Hamas qui contrôle la bande de Gaza si elle reconnaît d’abord le droit d’Israël à exister et renonce à la violence.

Les envoyés des États-Unis au Moyen-Orient, Jared Kushner et Jason Greenblatt, ainsi que l’ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman, ont écrit dans une tribune publiée dans le Washington Post jeudi dernier que les États-Unis et d’autres pays étaient prêts à offrir une aide humanitaire à la bande sous blocus, mais se sont heurtés à la détermination du Hamas à combattre Israël.

Vendredi, le Hamas a rejeté l’offre, qualifiant les envoyés américains de « porte-paroles de l’occupant israélien ».

« Les donateurs internationaux sont devant un dilemme : Aider directement le peuple, au risque certain d’enrichir les terroristes, ou refuser de financer le Hamas et regarder souffrir le peuple qu’il est censé gouverner », ont écrit les Américains.

« Il y a des partenaires motivés et disposant de moyens qui sont prêts à se mettre au travail. Pourtant, sans changement réel accompagné d’une sécurité fiable, le progrès est impossible », ont-ils dit dans l’article d’opinion.

« Si le Hamas démontre des intentions claires et pacifiques – non seulement en paroles, mais surtout en actes – alors toutes sortes de nouvelles perspectives deviennent possibles. »

L’offre semble avoir fait marche arrière par rapport aux précédentes demandes des États-Unis demandant à ce que l’organisation terroriste permette à l’Autorité palestinienne, qui gouverne la Cisjordanie depuis Ramallah, de reprendre le pouvoir dans la bande de Gaza. Le Hamas a pris l’enclave côtière à l’AP lors d’un coup d’État sanglant en 2007.

L’envoyé américain au Moyen orient Jason Greenblatt rencontre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en marge du sommet de la Ligue arabe à Amman, le 28 mars 2017 (Crédit : Thair Ghnaim/Wafa)

Les trois ont donné des directives claires sur ce que le Hamas doit faire pour obtenir le soutien des Etats-Unis.

« Tant que la gouvernance ne changera pas ou que le Hamas ne reconnaîtra pas l’État d’Israël, ne respectera pas les accords diplomatiques antérieurs et ne renoncera pas à la violence, il n’y aura pas de solution valable », écrivent-ils.

Israël a depuis longtemps posé ces trois exigences comme conditions nécessaires pour traiter directement avec le Hamas.

Le Hamas a aussitôt rejeté les demandes.

« Greenblatt et Kushner ont adopté la position israélienne », a déclaré un porte-parole de l’organisation terroriste. « Son attaque continue contre le Hamas reflète l’arrogance de l’administration américaine qui a transformé les hauts fonctionnaires de l’administration en de simples porte-parole de l’occupant israélien ».

Israël et l’Égypte maintiennent un blocus sur la bande de Gaza qui est destiné à empêcher le Hamas d’importer des armes et d’autres marchandises qui pourraient être utilisées pour construire des équipements militaires ou des tunnels transfrontaliers. Gaza est également confrontée à des pénuries d’électricité et d’eau potable.

Cette photo prise le 12 juillet 2017 montre un Palestinien préparant du pain pendant que sa femme lave les vêtements pendant les quelques heures d’électricité qu’ils reçoivent tous les jours, au camp de réfugiés d’al-Shati dans la ville de Gaza. (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Les envoyés américains ont posé d’autres exigences au Hamas.

« Le Hamas doit cesser immédiatement de provoquer ou de coordonner les attaques contre les Israéliens et les Égyptiens, ainsi que les projets d’infrastructure parrainés par les pays et les organisations donatrices », ont-ils écrit. « Le Hamas devrait concentrer son ingéniosité sur l’amélioration de l’économie de Gaza. »

Ils ont également exigé que le Hamas restitue les soldats et les citoyens israéliens qu’il détient à leurs familles, et ont déclaré que l’organisation doit remettre le contrôle des points de passage frontaliers à l’Autorité palestinienne.

Ces exigences font écho à celles d’Israël qui a déclaré que la situation humanitaire ne s’améliorera pas tant que le Hamas n’aura pas rendu les corps de deux soldats de Tsahal et libéré les deux civils qu’il détient. Le Hamas est tenu responsable de la terrible réalité, l’organisation terroriste étant accusée de détourner des millions de dollars d’aide pour acheter des armes, creuser des tunnels, fabriquer des roquettes et entraîner son aile militaire, au lieu de l’utiliser pour le bien-être de la population.

L’ambassadeur américain en Israël David Friedman lors du 6ème forum global de lutte contre l’antisémitisme de Jérusalem, le 19 mars 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Kushner, Greenblatt et Friedman ont affirmé que le Hamas avait détruit l’économie de Gaza et utilisé à mauvais escient les fonds des donateurs pour cibler Israël au lieu d’améliorer la vie des habitants de la bande de Gaza.

« Malgré les milliards de dollars investis au profit des Palestiniens de Gaza au cours des 70 dernières années, 53 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, et le taux de chômage est de 49 %. Les Palestiniens de Gaza sont coincés dans un cercle vicieux où des dirigeants corrompus et haineux ont provoqué des conflits qui ont réduit les opportunités et entraîné la pauvreté et le désespoir qui s’ensuit ».

Dans une critique voilée des Nations Unies et de la communauté internationale, Kushner, Greenblatt et Friedman écrivent : « La communauté internationale porte également une part de responsabilité. Trop de pays se contentent de parler et de condamner plutôt que de se confronter à la réalité, de proposer des solutions réalistes et de signer des chèques significatifs ».

Les États-Unis ont considérablement réduit leur aide aux Palestiniens au cours des derniers mois.

L’administration Trump a travaillé sur un plan de paix qu’elle espère présenter aux parties à une date ultérieure. Les Palestiniens ont rejeté le plan et ont cessé de coopérer avec l’administration américaine après que Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre dernier et y a déplacé l’ambassade américaine en mai.

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