Indépendance de la police : Les « violations répétées » de Ben Gvir justifient sa destitution – Baharav-Miara

Dans une lettre adressée au Premier ministre, Baharav-Miara a déploré les interventions du ministre de la Sécurité nationale dans les enquêtes en cours ou dans les nominations policières

Montage photos (de gauche à droite) : Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, après une visite au mont du Temple, à Jérusalem, le 3 août 2025 ; la procureure générale, Gali Baharav-Miara assistant à une réunion de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice, à la Knesset, à Jérusalem, le 27 avril 2025. (Crédits : Chaïm Goldberg/Flash90 ; Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a enfreint à plusieurs reprises le principe d’indépendance de la police en intervenant illégalement dans les enquêtes et dans les processus de nominations au sein de la police, a dit mardi la procureure-générale, Gali Baharav-Miara, au Premier ministre Benjamin Netanyahu – ce qui, selon elle, a fourni une base factuelle et juridique aux requêtes qui réclament sa destitution.

Dans une lettre adressée au Premier ministre, Baharav-Miara a détaillé une série d’incidents au cours desquels le ministre d’extrême droite s’est ouvertement exprimé sur des enquêtes policières alors en cours, soulignant qu’il est intervenu dans des promotions policières pour des raisons politiques et qu’il a cherché à déterminer les politiques opérationnelles des forces de l’ordre, en violation des décisions qui ont pu être prises par la Cour suprême.

« Il s’agit de violations substantielles qui se sont répétées à maintes reprises dans de nombreux contextes, qui ont transformé la loi établissant le principe de l’indépendance de la police… en lettre morte », a écrit la procureure générale.

Elle a affirmé qu’une initiative qui avait visé à parvenir à un accord avec Ben Gvir pour garantir l’indépendance de la police avait échoué et qu’il était désormais impossible de défendre l’indépendance de la police face aux « interventions répétées et illégitimes de Ben Gvir, des interventions qui portent atteinte à l’État de droit et aux droits de l’Homme ».

La procureure-générale a ajouté que, compte-tenu de cette incapacité à mettre un terme à « l’ingérence politique dans le travail de la police » de la part du ministre, les demandes des requérants qui demandaient à la Cour d’ordonner la destitution de Ben Gvir étaient désormais « fondées sur des bases juridiques et factuelles ».

Elle a donc estimé que Netanyahu devait répondre aux questions soulevées dans sa lettre avant qu’elle ne dépose une réponse finale aux requêtes déposées pour le compte de l’État devant la Haute Cour.

Ben Gvir, en réponse, a qualifié Baharav-Miara de « criminelle », l’accusant d’entraver la justice dans l’enquête sur l’affaire de la fuite de la vidéo de Sde Teiman et d’avoir tenté à plusieurs reprises de contrecarrer la volonté du gouvernement.

« Je n’aurai de cesse et je ne garderai pas le silence tant que ses agissements n’auront pas fait l’objet d’une enquête — Israël ne sera pas un État mafieux », s’est insurgé Ben Gvir.

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