L’ex-chef des renseignements accuse le Shin Bet de ne pas avoir vu venir le 7 octobre
Dans un enregistrement fuité, Aharon Haliva, à la tête du Directorat des Renseignements de Tsahal lors du pogrom du Hamas, dit que l'armée est devenue un vrai 'bordel'
L’ancien chef de la Direction du renseignement militaire de Tsahal, Aharon Haliva, qui a démissionné à la suite du pogrom meurtrier perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre, a été entendu dans un enregistrement divulgué jeudi aux médias, dans lequel il semble reprocher au Shin Bet de ne pas avoir prévu et empêché cette invasion meurtrière.
« Où étiez-vous, le Shin Bet, avec tous les milliards [de shekels de financement] que vous recevez ? » lance Haliva dans l’enregistrement diffusé par la chaîne N12.
Il y rappelle comment l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant avait exprimé sa profonde frustration de ne pas avoir été réveillé la nuit précédant l’attaque du Hamas.
« Le Shin Bet aurait dû envoyer un agent pour [le] réveiller pendant la nuit », affirme Haliva dans l’enregistrement.
L’ancien responsable des services de renseignement a réitéré qu’il aurait partagé, s’il avait été réveillé, l’évaluation prévalente des autres agences à l’époque, selon lesquelles, le Hamas était dissuadé et ne planifiait pas réellement une offensive d’envergure. « Quiconque affirme aujourd’hui le contraire est un menteur », ajoute-t-il.
Haliva a également déploré le déclin des institutions israéliennes, ajoutant que même au sein de Tsahal, l’effondrement de la discipline avait transformé l’armée en véritable « bordel ».
« De nombreux processus ont détruit toutes les bonnes [institutions] ici. Parce qu’il n’y a pas de force de police. Parce qu’il n’y a pas d’État de droit. Même dans l’armée, beaucoup de choses liées à la discipline de base sont en train de s’effondrer. C’est devenu un bordel », peut-on l’entendre dire.
La chaîne N12 n’a pas révélé les circonstances de cet enregistrement, mais a indiqué qu’elle en diffuserait l’intégralité vendredi soir.
Premier haut responsable sécuritaire à démissionner en raison des échecs ayant précédé le 7 octobre, Haliva avait annoncé son départ en avril 2024. Dans sa lettre de démission, il écrivait que « l’autorité s’accompagne d’une lourde responsabilité ».
S’adressant à l’ancien chef d’état-major de Tsahal, Herzi Halevi, il affirmait porter le poids de « ce jour noir » depuis l’irruption des terroristes du Hamas dans le sud d’Israël, qui avait pris l’armée par surprise.
Tsahal avait alors peiné à organiser une riposte dans le chaos, tandis que ses bases proches de la frontière avec Gaza étaient envahies. Une grande partie de la région a été dévastée, plus de 1 200 personnes assassinées et 251 autres enlevées pour être emmenées en otages dans la bande de Gaza, déclenchant la guerre en cours.