L’ex-gouverneur de la Banque du Liban accusé de détournement de 44 millions de dollars

Le premier juge d'instruction de Beyrouth a rendu 'une décision préliminaire' sur l'affaire et accusé Riad Salamé notamment de 'vol et détournement de fonds publics' et 'enrichissement illicite'

Riad Salamé, le gouverneur de la Banque centrale du Liban, lors d'une séance photo en studio, à Beyrouth, le 20 décembre 2021. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

La justice libanaise a accusé mardi l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, d’avoir « détourné » 44 millions de dollars de la BdL, a indiqué une source judiciaire à l’AFP, sept mois après son arrestation.

L’ex-gouverneur de la Banque centrale avait été arrêté en septembre et accusé de détournement massif de fonds publics dans le pays qui a connu un effondrement économique sans précédent.

Mardi, le premier juge d’instruction de Beyrouth, Bilal Halawé, a rendu « une décision préliminaire » sur l’affaire et accusé Riad Salamé notamment de « vol et détournement de fonds publics » et d' »enrichissement illicite », a précisé cette source qui a requis l’anonymat.

Le juge l’accuse d’avoir « détourné 44 millions de dollars des fonds de la Banque du Liban », a précisé la même source.

Le magistrat a en outre rejeté la révocation de deux mandats d’arrêt par contumace à l’égard de deux avocats proches de M. Salamé.

Il a renvoyé les trois accusés devant la Cour pénale de Beyrouth pour qu’ils soient jugés, selon la même source.

L’ancien gouverneur de la BdL, 74 ans, qui était étroitement lié à la classe politique, est la première personnalité de premier plan arrêtée depuis le début de l’effondrement économique du Liban il y a près de cinq ans.

Gouverneur de la Banque centrale de 1993 à juillet 2023, il est accusé par ses détracteurs d’être l’un des principaux responsables de l’effondrement financier du Liban.

L’ancien banquier d’affaires franco-libanais était placé en détention provisoire depuis son arrestation le 3 septembre.

M. Salamé est en outre suspecté de s’être constitué un riche patrimoine immobilier et financier. Il n’a pas répondu à une convocation d’un juge français en mai 2023, et fait depuis l’objet d’un mandat d’arrêt international. Le Liban refuse néanmoins d’extrader ses ressortissants.

Les Etats-Unis, le Canada et le Royaume-Uni ont imposé des sanctions économiques pour corruption contre M. Salamé, Washington estimant que ses « actions corrompues et illégales ont contribué à l’effondrement de l’Etat de droit au Liban ».

Le nouveau gouverneur de la BdL, Karim Souaid, nommé le 27 mars, s’est engagé à la transparence et à lutter contre « le blanchiment d’argent » et le « financement du terrorisme ».

read more: