L’ex-président d’une mosquée de Gironde condamné pour apologie du terrorisme

Abdourahmane Ridouane a passé 90 jours dans un CRA l'an dernier, a été condamné à 2 ans d'interdiction de territoire français, et a été inscrit au fichier des auteurs d'infractions terroristes

AbdouRahmane Ridouane, président de la mosquée de Pessac, dans un reportage diffusé sur France 3, le 25 février 2022. (Crédit : Capture d'écran Youtube / France 3 Nouvelle-Aquitaine ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

L’ex-président nigérien d’une mosquée de Gironde, en voie d’expulsion depuis l’été dernier, a été condamné lundi à quatre mois de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme ».

Le tribunal judiciaire de Meaux, en Seine-et-Marne, où Abdourahmane Ridouane avait passé 90 jours dans un centre de rétention administrative l’an dernier, l’a également condamné à deux ans d’interdiction de territoire français, avec inscription au fichier des auteurs d’infractions terroristes.

Les autorités accusaient cet homme de 60 ans, qui présidait la mosquée de Pessac dans l’agglomération de Bordeaux, d’avoir « justifié des actes terroristes » et « provoqué à la discrimination ou à la haine envers les pays occidentaux, l’État d’Israël ainsi que l’ensemble des personnes de religion juive ».

En cause, des messages « légitimant » le pogrom perpétré le 7 octobre 2023 par le Hamas contre Israël, ou saluant la mémoire de son ex-chef, Ismaïl Haniyeh, après son assassinat le 31 juillet 2024 à Téhéran.

L’administration lui reprochait également d’avoir tenu ou relayé des propos accusant la France de pratiquer une « islamophobie d’État ».

Dans le cadre d’une procédure administrative parallèle, depuis la fin de sa durée légale de rétention en novembre, M. Ridouane est également assigné à résidence en Gironde, avec obligation de pointer trois fois par jour au commissariat.

Ce dispositif a été mis en place faute de délivrance d’un laissez-passer consulaire par son pays d’origine, avait expliqué la préfecture de Gironde.

Son avocat Me Sefen Guez Guez, qui n’a pas pu être joint dans l’immédiat, avait dénoncé un « acharnement » de l’État après la mise en place de ces conditions de surveillance.

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