L’exploitation d’une mine de phosphate approuvée dans le Néguev – sous conditions
La proposition du cabinet du Premier ministre d'accélérer le travail d'exploitation minière à proximité d'Arad dépend désormais des études d'impact sur la santé et l'environnement, ainsi que du plan de relocalisation des Bédouins
Les ministres ont accepté dimanche la proposition faite par le cabinet du Premier ministre qui vise à accélérer la mise en œuvre d’un projet controversé d’exploitation d’une nouvelle mine de phosphate dans le sud d’Israël. Ils ont toutefois approuvé de nouvelles conditions d’exploitation qui, selon les opposants, devraient définitivement enterrer le projet.
Il s’agit d’une proposition qui a été soumise par la puissante société ICL qui cherche à ouvrir une nouvelle mine de phosphate à Sadeh Barir, à seulement sept kilomètres d’Arad, une ville de plus de 32 000 habitants.
ICL exploite actuellement des phosphates pour l’industrie des engrais dans la plaine de Rotem, aux abords de la localité de Dimona. La firme affirme toutefois depuis longtemps que les réserves, dans le secteur, sont au bord de l’épuisement.
Le maire d’Arad, Yair Maayan, qui s’oppose au projet, a fait savoir, après la prise de décision, que les conditions imposées retarderaient tellement la réalisation du projet qu’il ne verrait probablement jamais le jour.
Les organisations écologistes et les habitants de l’est du Néguev se battent depuis une décennie pour décourager toute activité d’exploitation minière à Sadeh Barir.
Les opposants soulignent que l’industrie du phosphate produit le type de déchets le plus polluant – le phosphogypse, un sous-produit de la production d’acide phosphorique qui contient des matières radioactives, qui représente 80 % de tous les déchets industriels en Israël. Ils ajoutent que le processus d’extraction lui-même répand des poussières contenant des matières radioactives en quantités jamais testées par les scientifiques. Ils accusent également l’industrie d’être la plus grande consommatrice d’eau douce et de polluer les cours d’eau et les sources à travers le pays.
« Le gouvernement tente de promouvoir la mine depuis 2002, affirmant que d’ici deux ans, les réserves minières actuelles des usines ICL Rotem seront épuisées », a dit Maayan.
Il a ajouté que le travail d’exploitation minière ne pourrait avoir lieu tant que des milliers de Bédouins vivraient à Sadeh Barir, et que le processus d’évacuation prendrait deux décennies, une période à l’issue de laquelle la population d’Al Furah aurait été multipliée par deux pour atteindre 30 000 habitants. La recherche de logements de remplacement pour ces personnes éloignerait la mine d’Arad, « au point d’être éliminée ».
« Cette décision signifie que la probabilité qu’une mine soit créée dans la région est nulle », a-t-il indiqué.
La ministre en charge de la Protection de l’environnement, Idit Silman, s’est abstenue lors du vote ministériel – en partie parce que ce point n’avait été ajouté à l’ordre du jour que quelques heures avant la réunion, ne lui laissant pas le temps de se préparer, selon un porte-parole du ministère.
En plus d’insister sur la réalisation d’une étude d’impact environnemental, le ministère est également parvenu à supprimer du plan approuvé toute mention d’exploitation minière du schiste bitumineux sur le site de Sadeh Barir.
L’exploitation minière de ce schiste est très polluante ; elle utilise de grandes quantités d’eau et, lorsque la matière est brûlée pour produire de l’énergie, elle libère des gaz à effet de serre.
Un porte-parole d’ICL a refusé tout commentaire auprès du Times of Israel.
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