LFI saisit l’Arcom après des propos de Nathalie Saint-Cricq sur l’antisémitisme et la « quête du vote musulman »

La journaliste est accusée d’avoir établi un lien « problématique » entre antisémitisme et « quête du vote musulman »

La journaliste française Nathalie Saint-Cricq pose avant une conférence de presse pour présenter la nouvelle saison du groupe audiovisuel de France Télévisions à Paris, le 4 septembre 2024. (Photo : Stéphane de Sakutin / AFP)

La France insoumise a annoncé lundi saisir l’autorité de régulation de l’audiovisuel (Arcom) après des déclarations de l’éditorialiste politique Nathalie Saint-Cricq, faisant un rapprochement entre l’antisémitisme et « la quête du vote musulman ».

Sur franceinfo, le 3 décembre, Nathalie Saint-Cricq interrogeait Alexis Corbière sur les accusations d’antisémitisme qui visent régulièrement La France insoumise.

Le député de Seine-Saint-Denis, qui a claqué la porte de LFI l’an dernier et est actuellement membre du parti L’APRÈS, a répondu que « l’antisémitisme est chose sérieuse. Il existe dans le pays ». Nathalie Saint-Cricq a enchaîné : « la quête du vote musulman aussi ».

Alexis Corbière, dont la fille Inès a écopé d’une condamnation de trois mois de prison avec sursis pour des propos antisémites qu’elle conteste avoir tenus, a alors demandé à la journaliste si elle pensait que certains élus tenaient des propos antisémites dans le but de séduire l’électorat musulman. « Ah oui », a-t-elle répondu, avant de préciser qu’elle ne ciblait pas les musulmans mais « ceux qui croient (…) qu’en leur disant des propos antisémites on va pouvoir les rallier. Ce n’est pas du tout pareil ».


« De tels propos constituent une essentialisation profondément problématique, assimilant des millions de citoyens français à un groupe dont les choix électoraux seraient déterminés par une complaisance supposée envers l’antisémitisme », écrit LFI dans son courrier de saisine de l’Arcom, consulté par l’AFP. « Un tel amalgame est infondé, dangereux et incompatible avec les valeurs républicaines comme avec les obligations du service public audiovisuel », est-il ajouté.

Dimanche soir sur X, Chems-eddine Hafiz, le recteur de la Grande mosquée de Paris, avait aussi annoncé son intention de saisir l’Arcom , dénonçant des déclarations « extrêmement graves ».

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