Israël en guerre - Jour 252

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L’histoire riche du site de Sussita dorénavant largement accessible aux visiteurs

Ce site, habité pour la première fois il y a 2 200 ans et détruit par un séisme en l'an 740 de l'ère commune, a changé de mains à de nombreuses reprises au fil du temps

  • Le pilier en marbre donné par le couple qui s'était installé à Césarée a été assemblé et il a été placé là où il était, dans le passé, à Sussita. (Crédit :Shmuel Bar-Am)
    Le pilier en marbre donné par le couple qui s'était installé à Césarée a été assemblé et il a été placé là où il était, dans le passé, à Sussita. (Crédit :Shmuel Bar-Am)
  • La basilique de Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    La basilique de Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Le font baptismal de la cathédrale de Sussita. (Crédit: Shmuel Bar-Am)
    Le font baptismal de la cathédrale de Sussita. (Crédit: Shmuel Bar-Am)
  • Un groupe monte au parc national de Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Un groupe monte au parc national de Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Une pierre antique à la basilique de Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Une pierre antique à la basilique de Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • La rue principale à Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    La rue principale à Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Un tunnel de communications de l'armée israélienne datant d'avant la guerre des Six jours à Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Un tunnel de communications de l'armée israélienne datant d'avant la guerre des Six jours à Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Des marches descendant à une citerne à Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Des marches descendant à une citerne à Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Un tailleur de pierres qui a laissé sa marque dans une dalle à  Sussita.  (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Un tailleur de pierres qui a laissé sa marque dans une dalle à Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Les vestiges du kabyle à Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Les vestiges du kabyle à Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Les vestiges de bains romains aux abords de Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Les vestiges de bains romains aux abords de Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Un sol en carrelage rouge et blanc à Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Un sol en carrelage rouge et blanc à Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Le site de Sussita est différent aujourd'hui de ce qu'il était sur cette photo en 1967. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le site de Sussita est différent aujourd'hui de ce qu'il était sur cette photo en 1967. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le Kibbutz Ein Gev, un petit village de pêcheurs et d’agriculteurs, était la seule implantation juive sur la côte orientale du Lac de Tibériade pendant la guerre de l’Indépendance israélienne, en 1948. Même s’il se situait juste en-dessous d’un certain nombre de bases militaires syriennes situées sur le plateau du Golan, il n’avait pas été attaqué avant le 14 mai 1948, jour où Israël avait proclamé son indépendance. Immédiatement après, les forces syriennes avaient commencé à pilonner sans pitié la petite implantation.

Depuis sa base militaire installée à Sussita, une colline située à 350 mètres au-dessus du lac et surplombant directement Ein Gev, l’armée syrienne avait tenté de conquérir le kibboutz à trois reprises. Chaque assaut avait été repoussé par les défenseurs de l’implantation.

Il avait été toutefois manifeste que tant que les Syriens resteraient à Sussita, Ein Gev ne pourrait jamais être en sécurité. Dans une attaque-surprise qui avait eu lieu le 17 juillet, les résidents d’implantation et les soldats israéliens avaient monté le versant sud raviné de Sussita, grimpant sa crête orientale étroite, et ils étaient parvenus à prendre la montagne. Suite à cette réussite, l’armée avait construit des fortifications en haut de la colline et les militaires étaient restés là jusqu’à ce qu’Israël prenne le contrôle du plateau du Golan pendant la guerre des Six jours, en 1967.

Sussita s’appelait Hippos – « cheval » en grec – lorsqu’elle avait été conquise par un général grec de l’armée de Ptolémée alors que la dynastie prenait possession de toute la terre d’Israël, au second siècle avant l’ère commune (elle devait prendre pour nom Sussita au troisième siècle – un mot qui signifie aussi « cheval » en aramaïque).

Comme les Syriens et les Israéliens des temps modernes, le général avait apprécié à sa juste valeur la situation stratégique de la montagne et il avait établi un poste-frontière à son sommet. Plus tard, lors d’une bataille féroce qui avait eu lieu en l’an 198 avant l’ère commune, les Séleucides avaient réduit à néant l’armée ptolémaïque. Les Séleucides avaient été les premiers à créer une ville au sommet de la colline, un plateau.

Le roi hasmonéen Alexandre Yannai avait conquis Sussita, reprenant la montagne qui se trouvait aux mains des Grecs un siècle plus tard, aux environs de l’an 80 avant l’ère commune, semant la destruction sur son passage. Mais le général romain Pompée avait à nouveau capturé Sussita en l’an 63 avant l’ère commune et il avait intégré la colline dans la Decapolis, qui réunissait dix villes grecques.

Une vue de Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Sussita avait alors été rebâtie et avait rapidement commencé à se développer, atteignant son pic pendant l’ère de gouvernance romaine qui avait suivi, avec une population de presque 5 000 personnes à ce moment-là. Le christianisme était arrivé à Sussita au 4e siècle de l’ère commune et la ville s’était rapidement dotée d’une cathédrale magnifique ainsi que d’une demi-douzaine d’églises.

Des fouilles ont permis de découvrir une multitude d’artéfacts enthousiasmants et souvent précieux, comme un pendentif en or pur qui datait de l’ère grecque, à Sussita. Et pourtant, pendant les décennies qui avaient suivi la guerre des Six jours, il fallait emprunter avec prudence des terrains accidentés et des pistes sinueuses pour pouvoir explorer les ruines de la cathédrale et autres vestiges du temps passé sur ce site unique et antique.

C’est la raison pour laquelle nous nous sommes réjouis d’apprendre que Sussita avait officiellement ouvert un parc national en date du 29 mars. L’accès au site est dorénavant facile ; il y a des antiquités qui ont été méticuleusement restaurées et qui sont bien préservées ; il y a des panoramas superbes, un film d’animation charmant, une boutique et des toilettes. Mais Sussita est un travail de longue haleine : les travaux de restauration continuent et, avec un peu de chance, d’autres panneaux signalétiques rejoindront ceux qui ont d’ores et déjà été installés dans le parc.

Le site de Sussita est différent aujourd’hui de ce qu’il était sur cette photo en 1967. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Une route tout juste pavée et venteuse part du Kibboutz Ein Gev et elle grimpe sur la montagne. Même si la route menant aux sites des anciennes fouilles depuis le parking est facile, elle ne cesse de monter, avec une ascension d’une dizaine de minutes. Les travaux entrepris pour créer une route qui mènera directement aux fouilles ont été temporairement interrompus : Le guêpier au plumage coloré, une espèce d’oiseau en danger d’extinction, niche à Sussita pendant l’été.

Nous avons visité Sussita, la semaine dernière, avec Tomer Hemo, du parc, qui nous a montré les anciens tunnels de communication de l’armée israélienne avant de nous emmener découvrir la rue principale de la ville. Baptisée Decumanus Maximus, elle faisait 550 mètres de long et elle était bordée d’approximativement 500 colonnes. Le pavé en dalles de basalte était resté totalement dissimulé aux regards avant les fouilles, complètement enfoui sous la terre.

La cathédrale de Sussita – splendide – avait été érigée au 6e siècle de l’ère commune. Parmi les vestiges de sa gloire d’origine, un font baptismal coloré, très grand ; de belles mosaïques inscrites en grec, une série de piédestaux en marbre décoratifs qui, autrefois, soutenaient des colonnes et un sol en mosaïques de marbre rouge et blanc époustouflant.

Un sol en carrelage rouge et blanc à Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Plus impressionnant encore peut-être, les colonnes de la cathédrale. Fabriquées à l’aide de granite égyptien, elles sont posées sur le sol avec des angles parfaits et elles sont restées très exactement à l’endroit où elles étaient tombées pendant le séisme de l’an 749 qui avait complètement démoli la ville.

Presque toutes les villes de l’empire romain avaient une cathédrale et un forum qui se tenaient côte à côte. La basilique était une grande salle couverte entourée de quatre ailes et de quatre rangées de colonnes soutenant un plafond à deux pentes ; le forum était une place de la ville en plein air où les populations se rassemblaient, discutaient, faisaient leurs courses ou organisaient des réunions.

Les procédures judiciaires, le commerce et les tractations financières se faisaient dans le forum – mais en cas d’intempéries, lorsqu’il était impossible de rester à l’extérieur, tout prenait place dans la basilique. Celle de Sussita avait été construite à la fin du second siècle mais elle s’était effondrée dans le premier tremblement de terre de la ville, en l’an 363.

La basilique de Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Pourquoi y a-t-il des zones blanches sur un grand nombre des piliers de la basilique ?… Il semble que le noir n’était guère apprécié pendant l’ère romaine et que c’est ce qui explique pourquoi les piliers étaient recouverts d’un mélange de plâtre et de poudre de marbre broyé.

Des marques étranges sont gravées dans un grand nombre des dalles, par terre. C’est ainsi que les artisans qui taillaient la pierre signaient leur travail.

Il est même possible que les Romains aient été les inventeurs des ralentisseurs ! Tandis que les dalles, dans la rue principale, sont fixées aux angles les unes des autres, elles deviennent soudainement parallèles à l’entrée de la basilique. En résultat, les chariots et autres qui circulaient le long de la rue principale, à l’ère romaine, étaient dans l’obligation de ralentir avant d’entrer dans une basilique qui était habituellement prise d’assaut.

Sussita s’enorgueillissait de grands bains romains, qui sont visibles aux abords du parc et qui nécessitaient une importante quantité d’eau. Mais il n’y avait pas de source à Sussita et c’était un aqueduc puisant dans une rivière voisine qui transportait l’eau dans la ville, à travers un siphon formé de pierres de basalte reliées les unes aux autres. La plus grande partie de cet aqueduc de 25 kilomètres courait le long des pentes presque verticales du plateau du Golan : Il était parfois scellé le long des collines, parfois creusé dans la pierre.

Les vestiges de bains romains aux abords de Sussita. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Les visiteurs pourront découvrir un certain nombre de morceaux cassés des pierres évidées qui formaient l’aqueduc : les ouvertures rondes, sur le dessus, permettaient sans doute un meilleur nettoyage ou aidaient à soulager la pression de l’afflux de l’eau. Cette dernière était collectée dans des citernes, comme celle qu’il est possible d’observer avec ses marches de pierre et son ouverture voûtée d’une grande beauté.

Sur un pilier en marbre, qui avait été découvert en plusieurs morceaux à l’extrémité du site qui accueillait le forum et qui a été reconstitué, une inscription de 13 lignes écrite en grec. Elle raconte l’histoire d’un mari et de son épouse nés à Sussita et qui s’étaient installés à Césarée quand l’homme était devenu ministre des Finances de la province syrienne-palestinienne. Le couple n’avait jamais pour autant oublié sa ville natale et il avait offert une colonne et une statue dédiée au gouverneur de la province au forum de Sussita.

Le pilier en marbre donné par le couple qui s’était installé à Césarée a été assemblé et il a été placé là où il était, dans le passé, à Sussita. (Crédit :Shmuel Bar-Am)

Parmi les autres antiquités présentées dans le parc, un kalybe, un type de temple commun dans l’Orient romain, ainsi qu’un Odéon romain – une structure couverte, ressemblant à un théâtre, où les musiciens et les poètes venaient, à l’origine, se produire devant quelques centaines de personnes. A proximité du forum se trouvent des églises qui ont été partiellement restaurées.

A partir des deux postes d’observation de Sussita, des vues fabuleuses du lac de Tibériade, des collines, des abîmes et de la rue venteuse, au fond de la vallée. Alors que nous nous trouvions à l’un d’entre eux, nous avons entendu des chants d’oiseaux mais nous n’avons pas aperçu les guêpiers qui sont connus pour leurs cris perçants (en hébreu, ces oiseaux s’appellent les shrakrak, ou « siffleurs »). Ce que nous avons eu toutefois le plaisir de surprendre un monticole dont le plumage était d’un bleu stupéfiant, posé sur la clôture du parc et qui a déployé souplement ses ailes avant de s’envoler.

Le pilier en marbre donné par le couple qui s’était installé à Césarée a été assemblé et il a été placé là où il était, dans le passé, à Sussita. (Crédit :Shmuel Bar-Am)

Un court-métrage qui nous est présenté est un bonheur à regarder (même si les quelques mots cités dans ce film d’animation ne le sont qu’en hébreu pour le moment). Il est à voir au Centre des visiteurs, où vous trouverez également un snack, une boutique et des toilettes.

A l’extrémité du parc se trouve un monument modeste et un olivier à la mémoire de Rami Zayit, le dernier commandant israélien de Sussita. Lors du jour de l’Indépendance, en 1967, peu avant que la guerre des Six jours ne place Sussita et le reste du plateau du Golan sous le contrôle israélien, il était descendu à Ein Gev. De manière tragique, il avait été accidentellement tué par ses hommes alors qu’il retournait à son poste.

Note: pour les mois à venir, l’entrée au parc sera gratuite. Horaires d’ouverture du Centre des visiteurs pendant l’été : de 8 heures du matin à 17 heures du dimanche au jeudi ; de 8 heures du matin à 16 heures, le vendredi et les jours fériés. Pour toute question, appelez la hotline de l’Autorité des parcs et de la nature au 3639*

Aviva Bar-Am est l’auteure de sept guides en anglais sur Israël. Shmuel Bar-Am est un guide touristique agréé qui propose des visites privées et personnalisées en Israël pour les particuliers, les familles et les petits groupes.

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