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Liban : la fille du leader chrétien Dany Chamoun assassiné, candidate à la présidentielle

Tracy Chamoun, née en octobre 1960, est aussi la petite-fille de l'ancien président Camille Chamoun

Tracy Chamoun, 61 ans, petite-fille du défunt diplomate et président libanais Camille Chamoun, pose pour des photos lors de l'annonce de sa candidature à la prochaine élection présidentielle du pays, à Beyrouth, au Liban, le lundi 29 août 2022. (Crédit : AP Photo/Hassan Ammar)
Tracy Chamoun, 61 ans, petite-fille du défunt diplomate et président libanais Camille Chamoun, pose pour des photos lors de l'annonce de sa candidature à la prochaine élection présidentielle du pays, à Beyrouth, au Liban, le lundi 29 août 2022. (Crédit : AP Photo/Hassan Ammar)

L’ancienne ambassadrice du Liban en Jordanie, Tracy Chamoun, a annoncé lundi sa candidature à l’élection présidentielle prévue en novembre, un poste rarement convoité par une femme dans ce pays frappé par la pire crise économique de son histoire.

Mme Chamoun, née en octobre 1960, est la fille du leader chrétien Dany Chamoun, assassiné en 1990, et la petite-fille de l’ancien président Camille Chamoun (1952-1958).

« J’annonce au peuple libanais et à ses élus ma candidature en vue de la prochaine élection présidentielle », a dit l’ancienne diplomate lors d’une conférence de presse à Beyrouth.

« J’ai une nouvelle vision pour la République, qui offre des solutions aux problèmes économiques et sociopolitiques » qui gangrènent le pays, a-t-elle ajouté, se présentant comme un rempart contre la classe dirigeante, inchangée depuis des décennies et accusée de corruption par une grande partie de la population.

Le Liban connaît l’une des pires crises économiques du monde depuis 1850, selon la Banque mondiale, marquée par une flambée vertigineuse des prix, une dégringolade historique de la monnaie nationale, une paupérisation inédite de la population et de graves pénuries.

Le président libanais Michel Aoun s’exprime lors d’un discours à la nation au palais présidentiel, à Baabda, à l’est de Beyrouth, au Liban, le 21 novembre 2019. (Crédit : Dalati Nohra/AP)

La prochaine élection présidentielle libanaise est prévue en novembre, à l’expiration du mandat de six ans de l’ex-général Michel Aoun, 87 ans, mais plusieurs experts prédisent un report du scrutin en raison de fortes divergences politiques.

M. Aoun, proche du mouvement terroriste du Hezbollah et qui préside le Liban depuis janvier 2016, a été élu au 46e tour de l’élection présidentielle, la classe politique n’ayant pas été capable de s’entendre sur un nom pendant plus de deux ans.

Selon un partage du pouvoir sur une base communautaire au Liban, le poste de président de la République est dévolu à un chrétien maronite, celui de Premier ministre à un musulman sunnite et la présidence du Parlement revient à un musulman chiite.

Rares sont les femmes qui ont tenté de briguer la présidence au Liban. En 2014, l’avocate et militante Nadine Moussa était devenue la première Libanaise à avoir déposé sa candidature pour le scrutin présidentiel.

Samir Geagea, chef du parti chrétien Forces libanaises, le 4 avril 2014, à Maarab, à l’est de Beyrouth, au Liban. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla, File)

Mme Chamoun a été ambassadrice du Liban en Jordanie pendant trois ans avant de démissionner en août 2020 après l’explosion meurtrière au port de Beyrouth, dénonçant « l’incurie » des autorités de son pays et appelant à un changement de leadership.

Son père, le dirigeant chrétien Dany Chamoun a été assassiné en octobre 1990 ainsi que son épouse et ses deux garçons à leur domicile près de Beyrouth.

Son meurtre avait été imputé à son rival, le chef des Forces libanaises (FL) Samir Geagea, qui dirige aujourd’hui le plus grand bloc parlementaire chrétien et pressenti pour être candidat à la présidence. M. Geagea a été le seul seigneur de la guerre civile à être condamné dans les années 1990, passant onze ans en prison.

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