Liban: le principal parti chrétien exhorte le Hezbollah à remettre ses armes

Alors que le groupe terroriste résiste aux efforts pour le désarmer, le chef du parti des Forces libanaises prévient qu'« une guerre intestine serait encore plus désastreuse » que les récents combats avec Israël

Un homme roule en scooter devant des panneaux représentant un soldat libanais saluant le drapeau national, accompagnés du slogan en arabe « Nous sommes tous avec vous », le long de l'autoroute menant à l'aéroport international de Beyrouth, dans le sud de Beyrouth, le 5 septembre 2025. (Crédit ; ANWAR AMRO / AFP)

Le chef de l’influent parti chrétien des Forces Libanaises (FL) a appelé dimanche le Hezbollah à remettre ses armes à l’État libanais sans tergiverser, alors que l’armée doit entamer l’application de son plan pour désarmer le groupe terroriste pro-iranien.

Après avoir dominé la vie politique au Liban pendant de nombreuses années, le Hezbollah est sorti très affaibli d’un conflit de plus d’un an contre Israël, dont deux mois de guerre ouverte de septembre à novembre 2024. Une partie de son arsenal a été détruite et sa direction décimée.

Sous la forte pression des États-Unis et la crainte d’une intensification des bombardements israéliens au Liban, le gouvernement de Nawaf Salam a ordonné en août à l’armée d’élaborer un plan visant à désarmer le Hezbollah d’ici la fin de l’année.

Seule faction à avoir conservé ses armes au sortir de la guerre civile (1975-1990), le groupe terroriste islamiste chiite s’oppose à son désarmement, accusant les autorités de faire le jeu d’Israël et des États-Unis.

Dans un discours où il s’est adressé au Hezbollah de manière indirecte, Samir Geagea, chef du principal bloc parlementaire chrétien, a dénoncé les armes, qui « comme l’ont montré les événements des deux dernières années, n’ont eu aucun impact » face à Israël.

« L’expérience a démontré que ces armes ne protègent pas, ne construisent pas, ne dissuadent pas. Bien au contraire, elles ont apporté destruction, ruine, exode et attiré une nouvelle occupation », a-t-il ajouté.

Samir Geagea, chef du parti chrétien des Forces libanaises, lors d’une interview avec l’Associated Press, à Maarab, à l’est de Beyrouth, le 30 avril 2024. (Crédit : Hussein Malla/AP)

« Le chemin le plus court pour mettre fin à l’occupation et aux agressions israéliennes, mes frères, c’est l’édification d’un État réel. (…) Et il ne peut y avoir de véritable État tant que subsistent des armes illégales », a poursuivi M. Geagea, qui a appelé à ce que « toutes les armes reviennent à l’État libanais ».

« Vous avez compris, trop tard, que votre guerre avec Israël était perdue et destructrice. Sachez-le avant qu’il ne soit trop tard : une guerre intestine serait encore plus désastreuse et vous ferait tout perdre », a encore martelé le dirigeant chrétien.

Mi-août, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, avait accusé le gouvernement libanais de « livrer » le pays à Israël en poussant au désarmement de son mouvement et mis en garde contre une guerre civile.

« Il est encore possible de sortir de cette impasse, d’éviter des pertes supplémentaires, en faisant le choix courageux du passage de l’illégalité à la légitimité », a insisté M. Geagea, accusant le Hezbollah de servir « un projet expansionniste iranien ».

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