Liban: les partisans du Hezbollah commémorent l’assassinat de Nasrallah et défient les autorités
Le portrait du dirigeant tué dans une frappe israélienne le 27 septembre, a été brièvement projeté sur le rocher de la Grotte aux Pigeons, alors que des extraits de son discours étaient diffusés
Des milliers de partisans du Hezbollah ont commémoré jeudi soir à Beyrouth l’assassinat il y a un an par Israël de leur chef Hassan Nasrallah, dont le portrait a été projeté sur un site emblématique de la capitale malgré l’opposition des autorités.
Le portrait de Hassan Nasrallah, tué dans une frappe israélienne le 27 septembre, a été brièvement projeté sur le rocher de la Grotte aux Pigeons, un site iconique au large de Beyrouth, alors que des extraits d’un discours du chef assassiné du Hezbollah étaient diffusés.
La formation terroriste, sortie affaiblie d’une guerre meurtrière avec Israël à laquelle un cessez-le-feu a mis fin en novembre, prévoit une série de commémorations pour le premier anniversaire de l’assassinat de son chef.
Hassan Nasrallah a été tué dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. Son successeur désigné, Hachem Safieddine – dont un portrait a également été brièvement projeté sur le rocher – a été tué dans un autre raid début octobre.
La décision du Hezbollah de rendre ainsi hommage à ses chefs défunts a nourri une polémique dans le pays profondément divisé et provoqué une riposte gouvernementale.
Un responsable libanais qui a requis l’anonymat a indiqué à l’AFP que le Hezbollah avait « obtenu l’autorisation » du gouverneur de Beyrouth de tenir le rassemblement, « mais pas d’illuminer le rocher ».
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, soutenu par l’Occident, a estimé sur X que les organisateurs avaient « clairement violé l’accord donné par le gouverneur de Beyrouth ».
Le chef du gouvernement a indiqué avoir donné l’ordre d’arrêter les responsables de l’organisation de la commémoration.
Le Hezbollah est soumis à une intense pression pour livrer ses armes à l’Etat et l’armée libanaise a élaboré un plan pour le désarmer, en commençant par le sud du pays, frontalier d’Israël.
« Nous sommes combattus par tout le monde (…) l’État doit regarder ces gens ici (…) et ne pas marginaliser la résistance », a affirmé à l’AFP Abed Samhat, un livreur de 38 ans, qui participait au rassemblement.
Les manifestants qui se sont regroupés sur la corniche du bord de mer brandissaient des portraits de Hassan Nasrallah et des drapeaux du Hezbollah, scandant « Israël est l’ennemi des musulmans ».
Certains étaient arrivés à bord de dizaines de petits bateaux, ornés des fanions jaune du groupe.
« Nous sommes venus renouveler notre allégeance », à Hassan Nasrallah, a déclaré pour sa part à l’AFP Samar Ammar, une avocate de 45 ans. « Les Libanais doivent être unis car nous avons un seul ennemi, Israël ».
Le groupe terroriste avait ouvert un front contre Israël au début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, affirmant agir en soutien au Hamas, son allié. Les hostilités ont tourné à la guerre ouverte en septembre 2024, avant un cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre.
Israël continue cependant de frapper régulièrement des cibles de la formation terroriste au Liban.
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