Liban: pour le Hezbollah, demander son désarmement revient à « servir » Israël

Pour le chef du Hezbollah, les armes sont une affaire intérieure libanaise, qui n'a rien à voir avec l'ennemi israélien

Le chef du Hezbollah, Naim Qassem, lors d'une interview au média al-Mayadeen diffusée le 8 juillet 2025. (Capture d'écran X)

Le chef du Hezbollah a estimé mercredi que toute demande de désarmer adressée à son mouvement revenait à « servir le projet israélien », accusant l’émissaire américain Tom Barrack de recourir à la « menace et l’intimidation » dans le but « d’aider Israël ».

« Quiconque appelle aujourd’hui à la remise des armes, qu’il soit Libanais ou étranger (..) sert le projet israélien », a déclaré Naïm Qassem lors d’un discours télévisé à l’occasion du premier anniversaire de l’assassinat du commandant Fouad Chokr, tué le 30 juillet 2024 dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth.

Quelques semaines plus tard, les échanges de tirs à la frontière israélo-libanaise qui opposaient le Hezbollah à Israël ont tourné à une guerre ouverte de deux mois, au cours de laquelle le groupe terroriste soutenu par l’Iran a été décapité. Un cessez-le-feu négocié sous l’égide des États-Unis est entré en vigueur le 27 novembre.

Qassem a affirmé que l’accord de cessez-le-feu concernait « exclusivement le sud du fleuve Litani », à quelque 30 kilomètres au nord de la frontière israélienne .

« Si certains veulent lier la question des armes à l’accord (de trêve), je leur dis: les armes sont une affaire intérieure libanaise, qui n’a rien à voir (…) avec l’ennemi israélien », a-t-il ajouté.

L’accord de cessez-le-feu prévoit le retrait du Hezbollah de la zone située au sud du fleuve Litani et le démantèlement de ses infrastructures militaires, en contrepartie du renforcement du déploiement de l’armée libanaise et des Casques bleus de l’ONU.

Il prévoit également un retrait israélien du sud du Liban. Mais Israël maintient sa présence dans cinq positions qu’il juge stratégiques.

Israël affirme qu’il ne laissera pas le Hezbollah reconstituer ses capacités militaires et a prévenu qu’il poursuivrait ses frappes tant que les autorités libanaises ne l’auraient pas désarmé.

« Cette agression doit cesser », a déclaré Qassem. « Tout le discours politique dans le pays doit viser à l’arrêter et non à remettre les armes à Israël », a-t-il ajouté.

Un responsable libanais qui a requis l’anonymat a indiqué à l’AFP que le gouvernement était « soumis à une intense pression internationale et régionale pour s’engager formellement, en Conseil des ministres, à désarmer le Hezbollah ».

Mais la condition posée par Beyrouth – un retrait israélien préalable – se heurte à une fin de non-recevoir de la part de Washington, selon une autre source libanaise.

Le Premier ministre, Nawaf Salam, a convoqué un Conseil des ministres pour mardi prochain.

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