Libération de 15 personnes arrêtées après la manifestation contre l’agression d’une femme arabe
Les manifestants protestaient contre l'attaque de Hanan Abu Shehadeh, 30 ans, aspergée de spray au poivre par trois assaillants juifs alors qu'elle conduisait avec ses deux enfants
Lundi, le tribunal de première instance de Tel Aviv a décidé de libérer les 15 manifestants arrêtés par la police dimanche soir, après qu’ils ont participé à une marche tumultueuse organisée pour dénoncer l’agression d’une femme arabe enceinte par des assaillants juifs à Jaffa.
Tous les hommes – sauf un – ont été arrêtés à leur domicile, au lendemain de la marche, en raison de leur « comportement susceptible de troubler l’ordre public ». Un seul, Cheikh Issam al-Satal, a été arrêté le soir même de la manifestation pour incitation à la violence. Il a également été relâché aujourd’hui.
Le tribunal a rejeté la demande des forces de l’ordre de prolonger la détention des manifestants de cinq jours et de leur interdire temporairement l’accès à Jaffa, préférant les libérer sous caution. La police a également demandé un sursis à l’exécution de la décision, mais sa demande a été rejetée.
La marche a été organisée pour protester contre l’agression de Hanan Abu Shehadeh, 30 ans, aspergée de spray au poivre par trois assaillants juifs alors qu’elle était dans sa voiture avec ses deux enfants dans le quartier d’Ajami. Elle a raconté aux médias arabes que les agresseurs lui avaient lancé des insultes racistes et avaient craché sur sa fille de sept ans.
Samedi soir, des centaines de résidents arabes indignés ont défilé sur les lieux de l’agression, accusant le gouvernement de complicité, scandant « Dites aux chiens du Shin Bet que nous n’avons pas peur du conflit », en référence à l’agence de sécurité intérieure israélienne.
La police recherche toujours les auteurs présumés de l’agression contre Abu Shehadeh. Elle a appelé la population à l’aider à les retrouver, afin de « découvrir la vérité et de tirer au clair les circonstances de l’incident ».
Par ailleurs, aujourd’hui, les habitants arabes de Jaffa ont organisé une grève en signe de protestation contre cette agression. Les écoles et les commerces ont été ainsi fermés pour la journée de lundi. De nombreux militants communautaires accusent la police d’appliquer une politique à deux vitesses, en arrêtant les participants à la marche de samedi soir mais pas les auteurs de l’agression qui a déclenché la manifestation.
Abed Abu Shehadeh, membre du Conseil islamique de Jaffa, a déclaré au site d’information Ynet que la grève avait été largement suivie, bien qu’elle n’ait été annoncée qu’hier. « Deux écoles juives se sont même jointes à la grève dès les deux premières heures de la journée », a-t-il fait savoir au média.
Une autre manifestation contre l’agression et ses conséquences est prévue vendredi à Jaffa, ont rapporté les médias arabes.