Liberman accuse Eisenkot de vouloir former un gouvernement d’union avec le Likud

Le chef de Yashar appelle les Israéliens qui veulent le départ de Netanyahu à 'ignorer les spéculations' et dit œuvrer pour obtenir plus de 61 sièges sionistes le 27 octobre

(À gauche) Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et ancien chef d’état-major de Tsahal, en campagne pour les prochaines élections législatives israéliennes, à Kiryat Malachi, le 17 août 2026 ; (à droite) Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, lors d’une réunion de son groupe parlementaire à la Knesset, le 7 juillet 2025. (Crédits : Amir Cohen/Reuters, Yonatan Sindel/Flash90)

Vendredi, le député Avigdor Liberman, chef du parti d’opposition sioniste de droite Yisrael Beytenu, a accusé le favori de son bloc, Gadi Eisenkot, de vouloir former un gouvernement avec le Likud du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, après les élections du 27 octobre.

Dans une longue déclaration, Liberman a qualifié le chef du parti centriste Yashar de « deuxième Benny Gantz ».

Prédécesseur d’Eisenkot au poste de chef d’État-major de l’armée et ex-dirigeant du parti Kakhol lavan avec Eisenkot comme numéro deux, Gantz a été le principal rival de Netanyahu, mais a perdu pratiquement tout ses soutiens après avoir rejoint à deux reprises le Likud dans des gouvernements d’union, respectivement en 2021 et 2023.

Liberman a déclaré qu’Eisenkot voulait prendre des voix à l’opposition en menant une campagne axée sur la nécessité pour son parti Yashar d’être de loin le plus grand parti de la Knesset.

Cela, a-t-il affirmé, « n’a pas pour but de transférer une seule voix du bloc des réfractaires au service militaire au bloc de ceux qui servent, mais plutôt de siphonner des voix au sein même du bloc. Cela va totalement à l’encontre des accords conclus par les chefs du bloc lors de leur dernière réunion le 26 septembre, et cela nuit à l’unité au sein du bloc tout en posant une question on ne peut plus simple : qu’y a-t-il derrière cette manœuvre ? »

Selon Liberman, « le tableau est de plus en plus clair : Gadi Eisenkot prépare le jour d’après les élections, et ce qui l’intéresse n’est pas d’être le plus grand parti du bloc de ceux qui servent, mais de prendre l’ascendant sur le Likud afin de négocier la formation d’un gouvernement avec Netanyahu depuis une position de force ».

Liberman a également accusé Eisenkot d’être trop laxiste sur la question du service militaire des hommes ultra-orthodoxes, laissant entendre que le chef de Yashar n’excluait pas un gouvernement minoritaire appuyé sur les arabes afin de conserver un levier pour d’éventuelles discussions avec le Likud.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serrant la main du ministre nouvellement nommé Benny Gantz lors d’une session plénière spéciale présentant le nouveau gouvernement d’urgence dans le plénum de la Knesset, à Jérusalem, le 12 octobre 2023. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Eisenkot, qui a publiquement exclu de former un gouvernement avec Netanyahu, a plus tard exhorté les électeurs à « ignorer les spéculations », sans citer nommément Liberman.

Les sondages indiquent que le bloc sioniste anti-Netanyahu n’est pas en mesure de former un gouvernement à lui seul sans des transfuges du bloc de Netanyahu ou le soutien de Raam ou de la Liste arabe unie, les deux partis arabes.

Cependant, les chefs de l’opposition — à l’exception de Yair Golan, de HaDemocratim(de gauche) — ont rejeté toute perspective de formation d’un gouvernement avec les partis arabes. Et ce jeudi, Liberman a rejeté la possibilité ne serait-ce que de former « un gouvernement minoritaire de transition » suite aux élections, et même tout gouvernement incluant des partis arabes, ultra-orthodoxes ou incluant Netanyahu lui-même.

Eisenkot a déclaré, dans ce qui a semblé être sa réponse à Liberman, que son but était d’obtenir « plus de 61 sièges sionistes » afin de garantir une majorité au sein de la Knesset, composée de 120 sièges, et de remplacer le gouvernement au pouvoir lors du pogrom du Hamas du 7 octobre 2023.

« Nous sommes à 11 jours de l’élection la plus déterminante depuis la fondation de l’État », a déclaré Eisenkot.

« Le peuple d’Israël ne pardonnera pas aux politiciens qui, pour un siège ou des intérêts personnels, ne seront pas à la hauteur de ce moment et empêcheront qu’un nouveau gouvernement succède à celui du 7-Octobre », lequel « ne doit pas rester en fonction ne serait-ce qu’un jour de plus », a-t-il dit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrivé à l’audience de son procès pour corruption au tribunal de grande instance de Jérusalem, le 11 octobre 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Il a appelé les Israéliens qui veulent le changement à « ignorer les spéculations » et à « ne pas se laisser déstabiliser par le bruit de fond », ajoutant qu’il faisait en sorte d’obtenir « une majorité claire de plus de 61 sièges sionistes favorables au changement ».

Eisenkot a en outre appelé l’ensemble des membres du « bloc pour le changement et l’espoir » à se concentrer sur l’éviction du gouvernement, affirmant qu’il travaillait, « 24 heures sur 24 », pour rallier toujours plus d’électeurs qui en ont « ras-le-bol de l’insoumission, des divisions et des mensonges du gouvernement Netanyahu ».

Gantz a lui aussi défendu Eisenkot sur X, déclarant qu’en 30 ans de politique, Liberman « n’avait pas fait 10 % de ce que Gadi Eisenkot et moi-même avons fait pour l’État d’Israël ».

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