Liberman : Netanyahu laisse le nord sans protection « pour des raisons purement politiques »

Des milliards ont été débloqués pour les réfractaires à la conscription, mais on n'a pas pu trouver quelques centaines de millions pour la construction d'abris, s'indigne le chef du parti Yisrael Beytenu

Avigdor Liberman, le chef du parti Yisrael Beytenu, préside une réunion de son groupe parlementaire à la Knesset le 23 mars 2026 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a accusé lundi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de laisser les régions du nord sans protection « pour des raisons purement politiques », rappelant que le chef du gouvernement avait rejeté, à deux reprises, ses projets visant à protéger les communautés du nord alors qu’il était ministre de la Défense et des Finances.

« Aujourd’hui, alors que des millions d’Israéliens se ruent vers les abris plusieurs fois par jour… la Knesset va débattre de la question ‘la plus importante’ pour l’État d’Israël : l’extension des pouvoirs des tribunaux rabbiniques », a déclaré Liberman aux journalistes en amont de la réunion hebdomadaire de son parti, évoquant un projet de loi visant à conférer aux tribunaux religieux le pouvoir d’arbitrer les litiges civils, et notamment les affaires de garde d’enfants.

« C’est de la folie pure. Une faillite morale. Je ne comprends pas comment les dirigeants de la coalition parviennent encore à dormir la nuit », a-t-il ajouté.

« Des milliards ont été débloqués pour les réfractaires au service militaire, mais il n’a pas été possible de trouver quelques centaines de millions pour la construction d’abris », a-t-il poursuivi, faisant référence à un récent rapport du contrôleur de l’État selon lequel quelque trois millions d’Israéliens n’ont pas accès à des abris antiaériens.

« J’espère sincèrement que les habitants du nord, le jour des élections, ne manqueront pas de se souvenir de l’attitude du gouvernement actuel. »

Interrogé sur la possibilité d’un retrait des États-Unis de la guerre contre l’Iran, Liberman a insisté sur « l’importance, quelle que soit l’annonce des États-Unis ou celle de l’Iran, qu’Israël définisse son objectif aussi clairement que possible : renverser le régime des ayatollahs ».

« Si la guerre prend fin, je doute que les dirigeants du régime se mettent à enseigner la tolérance à la future génération iranienne », a-t-il ironisé. « Par conséquent, de notre point de vue, le renversement du régime est la solution, et nous devons y parvenir. De préférence avec le soutien d’une superpuissance comme les États-Unis. Et même si nous devons le faire seuls, cela reste notre objectif ; faute de quoi, nous nous retrouverons dans un cycle sans fin de [combats]. »

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