« L’intégrité » du futur directeur du Mossad mise en doute dans une requête
Roman Gofman aurait commis des actes potentiellement répréhensibles quand il était le commandant de la 210e division Bashan de Tsahal
Ori Elmakayes et l’organisation Telem – le Mouvement pour l’intégrité au sein du gouvernement – ont déposé, dans la journée de mardi, une requête auprès de la Haute Cour de justice contre la nomination du général de division Roman Gofman au poste de directeur de l’agence de renseignement du Mossad.
La requête porte sur des actes présumés qui auraient été commis par Gofman quand il était le commandant de la 210e division Bashan de Tsahal – il aurait notamment autorisé des agissements potentiellement répréhensibles, laissant les soldats transmettre des informations classifiées à Elmakayes, qui était alors âgé de 17 ans et donc mineur. Ils avaient alors demandé au jeune homme de les diffuser en ligne dans le cadre d’une campagne d’influence.
En conséquence, Elmakayes avait été arrêté et il avait été interrogé par les enquêteurs du Shin Bet. Il avait été placé en détention à l’isolement pendant deux mois et il avait été mis en examen pour espionnage. Il avait passé 18 mois derrière les barreaux avant que les charges ne soient abandonnées.
Selon Telem, la requête cite ce dossier ainsi que le fait que Gofman avait « refusé », selon l’organisation, de dire la vérité aux enquêteurs de Tsahal qui avaient lancé des investigations sur l’incident. Le Mouvement note que l’homme « a gardé le silence » pendant la procédure judiciaire intentée à l’encontre d’Elmakayes, qu’ « il a refusé d’assumer la responsabilité dans cette affaire et dans les abus commis au détriment d’un mineur qui n’avait commis aucune infraction », soulignant aussi « son manque de fiabilité ».
La requête mentionne également l’opposition à la nomination de Gofman qui a été exprimée par le président de la Commission consultative des nominations de haut niveau, Asher Grunis, un ancien président de la Cour suprême. Si le panel a approuvé cette désignation par trois voix contre une, Grunis avait fait savoir, dans son opinion minoritaire sur la question de cette nomination, que le rôle tenu par Gofman dans l’affaire Elmakayes constituait une « faute éthique très grave » et que sa nomination au poste de chef du Mossad était donc « inappropriée », selon les médias.
La requête souligne aussi qu’il y a des « contradictions factuelles substantielles » entre les faits cités par Grunis et ceux mentionnés par les autres membres de la Commission dans leurs opinions respectives. Elle indique que sur les trois membres de la Commission qui ont approuvé la nomination, deux n’avaient pas eu accès aux documents classifiés relatifs à l’affaire Elmakayes. Grunis, pour sa part, a pu les lire, comme cela a également été le cas du commissaire par intérim de la fonction publique, Daniel Hershkowitz, qui a voté en faveur de la nomination de Gofman.
« Compte-tenu des failles graves qui se trouvent dans la décision majoritaire [de la Commission], compte-tenu du caractère extrêmement déraisonnable de la décision qui a été prise d’approuver cette nomination et contrairement aux affirmations faites par le commissaire concernant l’intégrité des qualifications du candidat… les requérants demandent au tribunal d’ordonner l’annulation de cette nomination et de la décision de la Commission consultative des nominations de haut niveau », selon Telem.
comments