L’Iran interdit les exportations d’acier jusqu’à fin mai

Matériau stratégique, l'acier est utilisé dans la production industrielle et militaire, notamment pour la fabrication de missiles, de drones et de navires

L’Iran a interdit les exportations d’acier, a indiqué mardi l’agence de presse Fars, alors que les deux plus grandes aciéries du pays avaient annoncé début avril devoir cesser leurs activités à la suite de frappes israélo-américaines.

La directive relative à cette interdiction a été publiée, selon l’administration des douanes, citée par Fars, mentionnant le 26 avril pour son entrée en vigueur.

Elle est en effet jusqu’au 30 mai, a précisé l’agence officielle iranienne Irna.

La Khuzestan Steel Company, située dans le sud-ouest de l’Iran, et la Mobarakeh Steel Company, dans la province d’Ispahan (centre), avaient toutes deux subi des attaques fin mars.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait ensuite affirmé que l’armée avait détruit « 70% des capacités de production d’acier » de l’Iran.

Entre fin mars 2025 et fin janvier 2026, l’Iran a exporté pour un montant de 6,1 milliards de dollars d’acier, selon les médias locaux, citant un communiqué de l’association iranienne de sidérurgie.

Matériau stratégique, l’acier est utilisé dans la production industrielle et militaire, notamment pour la fabrication de missiles, de drones et de navires.

Les Etats-Unis et Israël ont lancé une attaque sans précédent contre l’Iran le 28 février, déclenchant une guerre au Moyen-Orient qui a secoué l’économie mondiale.

Téhéran a imposé au début de la guerre un quasi-blocus du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce du pétrole et du gaz naturel liquéfié. Après l’entrée en vigueur d’une trêve le 8 avril, les Etats-Unis ont annoncé le blocus des ports iraniens.

Outre la sidérurgie, les frappes aériennes israélo-américaines ont aussi visé les installations pétrochimiques de l’Iran.

Les dégâts subis par les infrastructures devraient accentuer les difficultés de l’économie, déjà asphyxiée avant la guerre par les sanctions internationales.

Le Fonds monétaire international (FMI) a fortement revu à la baisse mi-avril ses prévisions pour la région. L’Iran, qui a subi des semaines de bombardements intensifs, devrait ainsi voir son produit intérieur brut (PIB) se contracter de 6,1 % cette année – à comparer à une précédente estimation de croissance à 1,1 %.

Selon des Iraniens interrogés par des journalistes de l’AFP basés à Paris, la guerre a entraîné une nouvelle envolée des prix et une explosion du chômage, de nombreuses entreprises ayant dû fermer leurs portes.

Le marasme économique et la dépréciation du rial ont été des facteurs clés des importantes manifestations antigouvernementales au début de l’année.

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