L’Iran ne souhaite pas négocier avec les US ni arrêter l’enrichissement d’uranium – Ministre des Affaires étrangères
Sur Al Jazeera, Abbas Araghchi déclare que Washington a proposé des 'conditions inacceptables et impossibles' et avertit Israël contre les 'conséquences désastreuses' d'une nouvelle attaque
Selon un reportage diffusé samedi par Al Jazeera, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a fait savoir que Téhéran ne souhaitait pas mener de négociations directes avec les États-Unis au sujet de ses programmes nucléaire et balistique, insistant sur le fait que la république islamique ne renoncerait pas à sa capacité d’enrichir de l’uranium.
« Nous ne négocierons jamais sur notre programme balistique. Aucun acteur rationnel ne se désarmerait. Nous ne pouvons pas arrêter l’enrichissement d’uranium. Et ce qui ne peut être obtenu par la guerre, ne peut l’être par la politique. Nous ne souhaitons pas mener de négociations directes avec Washington, mais nous pouvons toutefois parvenir à un accord pour des pourparlers indirects », a-t-il affirmé à la chaîne qatarie.
« Nous sommes prêts à négocier afin de dissiper toute inquiétude au sujet de notre programme nucléaire. Nous sommes confiants, en raison de son caractère pacifique. Un accord équitable est possible, mais les conditions proposées par Washington sont inacceptables, et impossibles à satisfaire », a ajouté Araghchi.
« Nous sommes désormais dans un état de préparation maximale à tous les niveaux. Israël subira une nouvelle défaite dans tout conflit à venir. Les guerres précédentes nous ont permis d’acquérir une expérience considérable. Nous avons testé nos missiles dans des conditions réelles de combat. Toute agression de la part d’Israël provoquera des conséquences désastreuses », a-t-il poursuivi.
Israël a frappé les installations nucléaires d’Ispahan et de Natanz pendant la guerre de 12 jours avec l’Iran. Les États-Unis ont également frappé ces deux sites, en plus du site souterrain de Fordo, qu’Israël n’avait pas les moyens de cibler seul en raison de la difficulté à y accéder.
« Les matériaux nucléaires iraniens sont restés sous les décombres des installations attaquées. Ils n’ont pas été transférées ailleurs. La technologie existe, malgré les pertes », faisant référence aux attaques d’Israël et des États-Unis qui avaient pris pour cible le programme nucléaire du pays.
Malgré les affirmations répétées du président américain Donald Trump selon lesquelles les installations nucléaires iraniennes ont été détruites pendant la guerre, Rafael Grossi, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, a révélé la semaine dernière que, selon des estimations de l’organisme, la majeure partie des réserves d’uranium enrichi de l’Iran avait survécu à la guerre, et se trouvait toujours dans les installations nucléaires endommagées.
Il a rapporté au journal suisse Neue Zürcher Zeitung que, d’après les conclusions de l’agence des Nations Unies, « la majorité » de l’uranium enrichi à 60 % de l’Iran « se trouve toujours dans les installations nucléaires d’Ispahan et de Fordo, ainsi qu’une partie à Natanz », évaluant que l’Iran possède encore environ 400 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %.
Araghchi lui-même a fait des déclarations similaires en septembre, déclarant notamment que les matières nucléaires enrichies se trouvaient encore « sous les décombres » des installations endommagées pendant la guerre avec Israël.
Israël a estimé que la guerre avait retardé le programme de la république islamique de « plusieurs années », sans toutefois donner d’évaluation définitive sur le sort de l’uranium enrichi iranien.
Israël a affirmé que son offensive de grande envergure contre les principaux dirigeants militaires iraniens, les scientifiques nucléaires, les sites d’enrichissement d’uranium et le programme de missiles balistiques était indispensable pour empêcher la république islamique d’accomplir son projet déclaré de destruction de l’État juif.
L’Iran a toujours nié chercher à se doter d’armes nucléaires. Il a toutefois enrichi de l’uranium à des niveaux n’ayant aucune application pacifique, empêché les inspecteurs internationaux de contrôler ses installations nucléaires, et développé ses capacités en matière de missiles balistiques. Selon Israël, l’Iran avait pris des mesures en vue de se doter de l’arme nucléaire avant la guerre de 12 jours, en juin.
L’Iran a riposté aux frappes israéliennes en lançant plus de 500 missiles balistiques et environ 1 100 drones sur l’État juif, tuant 32 personnes et en blessant plus de 3 000, selon les responsables de la santé et les hôpitaux.