L’Iran serait toujours en mesure de produire des missiles et des drones, armé par la Russie

Bloomberg a cité les propos tenus par des responsables qui ont indiqué que Téhéran dispose toujours, semble-t-il, d’un 'stock important' de missiles et serait en mesure d’en 'acquérir rapidement davantage'

Photo d’illustration : un missile iranien est exposé sous le drapeau national lors d’une exposition militaire commémorant l’anniversaire du début de la guerre Iran-Irak (1980-1988) sur la place Baharestan, à Téhéran, le 28 septembre 2026. (Crédit: Vahid Salemi/AP)

L’Iran a préservé ses usines de missiles et de drones et la république islamique est en mesure de reconstituer ses stocks d’armes, ont confié des responsables occidentaux qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat auprès de Bloomberg. Dans un article qui est paru samedi, l’un de ces officiels précise que la Russie fournit également des missiles au régime de Téhéran.

Cet article a été publié dans un contexte de tensions persistantes entre Washington et Téhéran, et quelques jours seulement après que les médias américains ont signalé que l’armée américaine avait reçu l’ordre de planifier une reprise du conflit, appelant apparemment à plusieurs jours de frappes intensives contre des sites énergétiques iraniens, ainsi que contre des arsenaux de missiles et de drones.

Trump lui-même a fait savoir que les États-Unis n’attaqueraient pas l’Iran avant les élections de mi-mandat américaines, qui auront lieu le 3 novembre.

Selon Bloomberg, l’Iran a profité de ces derniers mois de calme relatif pour se réarmer et pour reconstruire son industrie de l’armement endommagée. Des responsables ont indiqué à l’agence que le pays restait « bien approvisionné » en missiles balistiques et en armes anti-navires, et qu’il pouvait « en ajouter rapidement d’autres ».

Ils ont noté que Téhéran disposait d’une puissance de feu suffisante pour riposter efficacement si les États-Unis devaient reprendre les combats.

Un officiel a fait savoir que Moscou fournissait des missiles à Téhéran. Le ministère russe de la Défense n’a pas répondu à une demande de commentaire de Bloomberg.

L’agence de presse a noté que l’évaluation de ces responsables contredisait les déclarations qui ont pu être faites par Donald Trump et son équipe, notamment celles du secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth, qui avait expliqué, le 30 septembre, que les États-Unis avaient détruit la « capacité militaro-industrielle » des Iraniens et « l’ensemble de leur base de défense ».

Un missile balistique tiré depuis l’Iran, vu au-dessus de Jérusalem, le 7 avril 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans une déclaration qui a été mentionnée par Bloomberg, la porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly, a « rejeté cette évaluation » faite par les officiels qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat.

« Premièrement, le président Trump a anéanti les installations nucléaires iraniennes lors de l’opération Midnight Hammer », a commenté Kelly, faisant référence aux frappes américaines qui avaient été menées pendant la guerre de douze jours qui avait opposé Israël à l’Iran, au mois de juin 2025.

« Ensuite, l’opération Fureur épique a réussi à détruire le bouclier conventionnel que l’Iran cherchait à mettre en place autour de son programme nucléaire, notamment ses missiles balistiques, ses installations de production et sa marine », a ajouté la porte-parole, évoquant la guerre lancée par Israël et les États-Unis contre l’Iran le 28 février de cette année.

Les États-Unis auraient poussé Israël à frapper l’Iran seul

Par ailleurs, le quotidien hébréophone Maariv a rapporté samedi que, ces dernières semaines, les États-Unis avaient poussé Israël à lancer des frappes contre l’Iran de son propre chef, sans que leur armée ne s’y associe.

L’article, qui n’a pas cité ses sources, a indiqué que Trump souhaitait qu’Israël prenne l’initiative d’attaquer l’Iran car il ne voulait pas subir de critiques politiques aux États-Unis pour avoir relancé la guerre juste avant les élections de mi-mandat.

Le quotidien a indiqué que le chef d’état-major de Tsahal, le général Eyal Zamir, s’était opposé à cette idée, avertissant qu’une telle action conduirait probablement au report des élections à la Knesset, prévues le 27 octobre.

Il a précisé que Washington avait pour l’instant renoncé à cette proposition.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir (à droite), discutant avec l’amiral Brad Cooper, chef du Commandement central des États-Unis (CENTCOM), en Israël, sur une photo publiée le 10 août 2026. (Crédit : Armée israélienne)

L’article de Maariv a été publié au lendemain de la diffusion d’un reportage de la chaîne d’information N12 qui a laissé entendre que des officiers supérieurs américains avaient déclaré à Zamir, en début de semaine, que la Maison Blanche et le Pentagone leur avaient donné pour instruction de se préparer à une attaque de grande envergure contre l’Iran dans un délai de trois semaines – délai qui s’achèverait peu avant les élections de mi-mandat.

Le journal, citant notamment un haut-responsable américain, a également indiqué que Zamir avait répondu à ses homologues américains qu’une telle attaque pourrait entraîner le report des élections israéliennes. Jérusalem estimerait que l’Iran riposterait à une frappe américaine par un tir massif de missiles sur Israël.

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