L’Iran tire des missiles sur Israël pour la première fois depuis 2 mois ; Trump demande à Netanyahu de ne pas riposter

Le président américain estime qu'une nouvelle escalade pourrait compromettre les progrès des négociations avec Téhéran, après le tir de missiles sur le nord d'Israël en réponse à une frappe contre le Hezbollah à Beyrouth ; Tsahal prêt à riposter mais attend le feu vert

Le système de défense aérienne israélien tirant pour intercepter des missiles balistiques lancés depuis l'Iran, comme on peut le voir au-dessus du nord d'Israël, le 7 juin 2026. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

Dimanche soir, l’Iran a tiré une salve de missiles sur le nord d’Israël, replongeant la région au bord d’une guerre totale après deux mois de cessez-le-feu fragile. Israël s’était d’abord engagé à riposter, mais le président américain Donald Trump a tenté de limiter les répercussions et de maintenir les négociations en vue d’un accord avec Téhéran sur les rails.

Aucun Israélien n’a été blessé lors de cette attaque, au cours de laquelle une dizaine de missiles a été tirée en succession rapide vers 22 heures. L’Iran a déclaré avoir lancé ces missiles en représailles d’une frappe israélienne menée plus tôt dans la journée contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion historique du Hezbollah, visant le quartier général du groupe terroriste chiite libanais soutenu par la République islamique d’Iran.

Peu après l’attaque iranienne, Trump a annoncé qu’il demanderait au Premier ministre Benjamin Netanyahu de ne pas riposter, craignant que cela ne compromette les pourparlers avec l’Iran, qui, selon lui, étaient « sur le point » de porter leurs fruits.

Ces tirs de missiles étaient les premiers à viser Israël depuis le cessez-le-feu d’avril, qui avait mis fin à plus d’un mois de tirs déclenchés par les attaques conjointes d’Israël et des États-Unis contre l’Iran, à partir du 28 février. Malgré le cessez-le-feu temporaire avec l’Iran et plusieurs cessez-le-feu avec le Hezbollah, Israël a continué à combattre le groupe terroriste au Liban, qui a poursuivi ses tirs sur le nord d’Israël. L’Iran a insisté sur le fait qu’il n’accepterait un accord global pour mettre fin à la guerre que s’il s’étendait au front libanais.

À la suite de ces attaques de missiles, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, a précisé que ces frappes constituaient un « avertissement » annonçant une riposte de plus grande ampleur qui viserait toutes les cibles américaines et israéliennes de la région si les « agressions » se reproduisaient, faisant vraisemblablement référence aux frappes de l’armée israélienne contre le Hezbollah à Beyrouth.

Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu’Israël était prêt à riposter contre Téhéran, mais qu’il attendait l’aval de ses dirigeants politiques.

Des Israéliens à l’abri dans un miklat alors qu’une sirène retentit pour avertir de l’arrivée de missiles iraniens, à Haïfa, dans le nord d’Israël, le 7 juin 2026. (Crédit : Sharon Leibel/Flash90)

« Tsahal frappera l’ennemi avec force dès que le feu vert sera donné », a-t-il indiqué lors d’une réunion d’évaluation avec les hauts responsables de l’armée, selon des propos rapportés par Tsahal.

Cependant, Trump a indiqué à la chaîne N12 qu’il allait appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas riposter contre l’Iran.

« Les frappes iraniennes n’ont fait aucune victime », a déclaré le président américain.

« Espérons qu’Israël ne ripostera pas. Si Bibi riposte, ça va juste continuer comme ces 47 dernières années, ou ces 3 000 dernières années. »

Le bureau du Premier ministre n’a pas encore communiqué de compte rendu de cet appel, qui aurait été assez bref. Netanyahu a ensuite convoqué une réunion avec les hauts responsables de la sécurité, selon la presse israélienne.

Selon la chaîne N12, Trump a affirmé que les États-Unis étaient « très proches d’un accord final avec l’Iran » pour mettre fin à la guerre lancée par les États-Unis et Israël le 28 février. Il a ajouté qu’il ne voulait pas que ces nouveaux tirs de missiles « fassent capoter » les progrès réalisés.

« Je vais appeler Bibi tout de suite et lui dire de ne pas riposter », a déclaré Trump.

« Chacun a eu son moment de gloire. Israël a frappé, l’Iran a frappé. Nous n’avons pas besoin d’une autre attaque. »

« Je ne veux pas voir une nouvelle attaque ce soir », avait ajouté le président.

Il a exprimé un sentiment similaire lors d’un autre entretien accordé à Fox News, affirmant que l’attaque iranienne « n’aiderait pas » les négociations avec Téhéran.

« Nous sommes très proches d’un accord avec l’Iran », a affirmé Trump.

« Je dirais qu’un accord serait signé lundi, mardi ou mercredi de la semaine prochaine. Et voilà ce qui se passe. »

Des Israéliens se réfugiant dans un abri public alors qu’une sirène retentit pour signaler l’arrivée de missiles iraniens, à Safed, dans le nord d’Israël, le 7 juin 2026. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Un haut responsable de la Maison Blanche cité par Israel Hayom a déclaré que Trump avait réaffirmé lors de sa conversation téléphonique avec Netanyahu qu’il était déterminé à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire et de menacer la région et Israël, tout en le pressant de donner une chance aux négociations.

Laissant entendre que Jérusalem pourrait en réalité attendre pour l’instant, un responsable de la sécurité israélien a déclaré au média israélien qu’Israël riposterait, « même si cela ne se produit pas dans l’immédiat ».

La chaîne publique Kan a également rapporté qu’en raison de l’opposition de Trump, Israël envisageait de retarder sa riposte de plusieurs jours.

Trump a déclaré que tout accord visant à mettre fin à la guerre devait empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Il subit des pressions pour obtenir des conditions plus strictes que celles convenues en 2015 sous la présidence de Barack Obama, dans le cadre d’un accord – connu sous l’acronyme JCPOA – que Trump a par la suite abrogé.

Les exigences de Téhéran comprennent la levée des sanctions américaines et internationales, la reconnaissance de son contrôle sur le détroit stratégique d’Ormuz et le déblocage de milliards de dollars d’avoirs gelés.

Trump a déclaré au Financial Times que Netanyahu « n’aura d’autre choix » que d’accepter tout accord que Washington pourrait conclure avec l’Iran.

« C’est moi qui décide. C’est moi qui décide de tout », a déclaré Trump au journal lors d’un entretien téléphonique, ajoutant : « Ce n’est pas lui [Netanyahu] qui décide. »

Trump a affirmé que les frappes iraniennes n’avaient pas modifié son intention de parvenir à une solution diplomatique avec l’Iran, minimisant l’importance de l’attaque. « Cela n’aura aucun impact sur l’accord… Nous verrons comment cela se terminera. Mais ces frappes [de missiles sur Israël] n’ont eu aucun effet. »

Des responsables américains ont également tenté de dissocier la Maison Blanche des frappes de Tsahal à Beyrouth, déclarant selon certaines sources à Axios : « Nous n’avons joué aucun rôle dans cette affaire. »

Lors d’un entretien accordé à Fox News, Trump a déclaré qu’il n’était « pas satisfait » de ces frappes.

Netanyahu a déclaré que les frappes israéliennes avaient été ordonnées en réponse aux tirs du Hezbollah vers Israël.

La région se prépare à une nouvelle escalade

L’attaque iranienne a déclenché les sirènes d’alerte et poussé des millions d’habitants du nord d’Israël à se réfugier dans des abris. Elle est survenue quelques instants après l’annonce par l’armée israélienne de sa préparation à des tirs de missiles probables dans les heures à venir.

Selon Tsahal, tous les missiles ont été interceptés ou sont retombés dans des zones inhabitées et aucun impact direct ni dégât n’a été signalé lors de ces attaques.

Il n’y a pas eu de blessés directement liés aux tirs de missiles, mais le service de secours du Magen David Adom (MDA) a indiqué qu’une femme de 79 ans avait été prise en charge après s’être cogné la tête alors qu’elle se rendait dans un abri antiatomique dans le nord d’Israël. Elle a été soignée à l’hôpital Rambam de Haïfa.

Lors d’une conférence de presse, le porte-parole de Tsahal, le général de brigade Effie Defrin, a déclaré que l’armée israélienne était prête à faire face à de nouveaux tirs de missiles en provenance d’Iran.

Il a ajouté que « le régime terroriste iranien a commis une grave erreur ».

Dans la foulée des attaques, le Commandement du Front intérieur israélien a ordonné la fermeture des écoles dans tout le pays et imposé des restrictions aux grands rassemblements.

Les autorités ont toutefois décidé de ne pas fermer l’espace aérien israélien, ce qui laisse entendre que le retour à une guerre totale n’est peut-être pas imminent, même si le ministère des Transports a déclaré qu’il réévaluerait la situation si les tirs de roquettes s’intensifiaient.

Deux heures après l’attaque, la chaîne N12 a rapporté que l’aéroport international Ben-Gourion fonctionnait normalement, un seul vol d’Austrian Airlines ayant été annulé.

« S’il n’y a pas de changement dans les prochaines heures, l’aéroport sera plein demain », a déclaré le journaliste de la chaîne, présent sur place.

Il a ajouté que les passagers ayant un vol devaient se rendre à l’aéroport comme d’habitude, à moins qu’un changement ne survienne dans les prochaines heures.

En revanche, l’Iran a fermé son espace aérien dans l’ouest du pays, ce qui indique qu’il se prépare à une éventuelle riposte israélienne.

« En raison d’évaluations de sûreté et de sécurité, la partie occidentale de l’espace aérien du pays est fermée jusqu’à nouvel ordre », a déclaré Majid Akhavan, porte-parole de l’Organisation nationale de l’aviation civile, dans un communiqué relayé par l’agence de presse IRNA.

Des manifestants iraniens pro-régime brandissant des affiches du guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei (à droite) et de son père Ali Khamenei, éliminé lors de frappes américaines et israéliennes le 28 février, lors d’un rassemblement festif, à Téhéran, en Iran, à la suite de nouvelles frappes de missiles sur Israël, le 7 juin 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

De l’autre côté de la frontière, en Irak, des responsables ont déclaré à Reuters que l’espace aérien du pays avait également été temporairement fermé et que la navigation aérienne avait été suspendue pour des raisons de sécurité liées au trafic aérien, à la suite des attaques.

L’Autorité de l’aviation civile irakienne a indiqué que l’espace aérien irakien resterait fermé pendant 72 heures.

La Syrie a également fermé temporairement son espace aérien du sud pour une durée de douze heures et suspendu les opérations à l’aéroport de Damas.

L’ambassade des États-Unis à Jérusalem a déclaré avoir ordonné à tous ses employés de se mettre à l’abri sur place et a annoncé l’annulation de tous les services pour lundi.


« En raison de la situation sécuritaire actuelle en Israël, notamment des alertes lancées par le Commandement du Front intérieur pour plusieurs régions, l’ambassade des États-Unis a ordonné à tous les employés du gouvernement américain et à leurs familles de se mettre à l’abri sur place et de se tenir prêts à se rendre dans un abri protégé en cas d’alerte rouge, jusqu’à nouvel ordre », indique un communiqué de l’ambassade.

La semaine dernière, l’ambassade avait publié un avis de sécurité recommandant aux citoyens américains présents dans la région de redoubler de prudence, en mettant l’accent sur Israël, la Cisjordanie et Gaza, sans toutefois donner d’indication sur les raisons de cet avis.

Les tirs de missiles de dimanche soir marquent la première attaque iranienne de ce type contre Israël depuis l’annonce d’un cessez-le-feu entre les pays belligérants par les États-Unis, le 8 avril.

Plusieurs flambées de violence ont eu lieu depuis lors, principalement autour du détroit d’Ormuz, mais à chaque fois, l’Iran a choisi de lancer des attaques de missiles et de drones contre des États du Golfe plus proches plutôt que de se concentrer sur Israël.

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