Loi Yadan : des collectifs d’étudiants annoncent « occuper » des campus
Un rassemblement, réunissant entre 60 et 100 personnes, a eu lieu rue de la Sorbonne devant l'entrée de l'université, a constaté une journaliste de l'AFP
Plusieurs dizaines d’étudiants se sont mobilisés mardi à Sciences Po Paris et la Sorbonne pour réclamer « le retrait de la proposition de loi Yadan et la fin de la répression du mouvement étudiant pro-Palestine », a constaté une journaliste de l’AFP.
« Nous occupons actuellement et simultanément les campus de Sciences Po, de La Sorbonne et de CentraleSupélec pour revendiquer la rupture des partenariats de nos institutions avec les universités et entreprises complices du génocide à Gaza et de la colonisation en Palestine, le retrait de la proposition de loi Yadan et la fin de la répression du mouvement étudiant pro-Palestine », ont d’abord annoncé dans un communiqué de presse des collectifs étudiants.
Jointe par téléphone, Cassandra, une militante de l’organisation étudiante de gauche Le Poing levé a affirmé que « plusieurs centaines » d’étudiants étaient à l’intérieur de la Sorbonne, près du Panthéon, « dans la cour centrale » où ils ont « déployé dix tentes et des banderoles ».
Selon elle, la mobilisation, entamée à la mi-journée, s’est déroulée dans le calme.
Un rassemblement, réunissant entre 60 et 100 personnes, a également lieu devant l’entrée de l’université, des étudiants lançant des slogans comme « Palestine vivra, Palestine vaincra », « on est là même si Yadan ne veut pas, on est là! ».
La proposition de loi Yadan, inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée jeudi, vise à contrer « les formes renouvelées » d’antisémitisme : porté par la députée Caroline Yadan (Renaissance), élue de la circonscription des Français de l’étranger incluant Israël, le texte prévoit de renforcer la répression des infractions de provocation et d’apologie du terrorisme, interdisant par exemple leur présentation comme un acte de résistance.
« C’est une loi qui en sous-texte vise toute forme de soutien au peuple palestinien et toute critique de l’Etat d’Israël », a estimé sur place auprès de l’AFP Carolina Sousa, 22 ans.
« Que des étudiants expriment leur opposition à une proposition de loi est parfaitement légitime. En revanche, empêcher le fonctionnement normal des universités est inacceptable », a réagi dans un message sur X le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste.
Il a ajouté que « la rectrice de Paris a ainsi fait appel aux forces de l’ordre pour débloquer l’université de la Sorbonne ». Le rectorat n’était pas joignable dans l’immédiat pour confirmer si l’occupation était terminée.
À Sciences Po Paris, Ahmed, qui ne souhaite pas donner son nom, a assuré qu’une centaine d’étudiants avaient occupé un amphithéâtre où ils ont déployé des drapeaux palestiniens et que les cours dans l’un des bâtiments avaient été annulés mardi après-midi.
Une soixantaine de personnes étaient rassemblées dans la rue après l’évacuation du bâtiment, a constaté l’AFP.
« Nous ne céderons jamais face aux intimidations de groupes militants radicaux qui souhaitent s’approprier une institution dont l’objet est la formation, la recherche et – par définition – le respect d’autrui », a réagi Sciences Po Paris, dans une déclaration transmise à l’AFP.
« La manifestation est terminée », a ajouté l’établissement en fin d’après-midi, précisant que « la police était intervenue pour débloquer l’établissement ».
La communication de CentraleSupélec, sur le plateau de Saclay (Essonne), a affirmé qu’il n’y avait eu aucun blocage et que les cours s’étaient déroulés normalement. Une banderole a été sortie une quinzaine de minutes.
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