L’ONU demande à l’Iran des informations sur un site nucléaire

'Je voudrais simplement rappeler que les attaques contre les installations nucléaires pourraient avoir des conséquences très, très graves', a déclaré Rafael Grossi

Natanz, dans la province centrale d’Ispahan, abrite la principale installation d’enrichissement de l’uranium du pays. (Crédit : AP)

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a demandé mercredi à l’Iran d’expliquer la présence de tunnels autour d’un de ses sites nucléaires, tout en exprimant l’espoir de voir se poursuivre les discussions entre Téhéran et les Etats-Unis.

L’Institute for Science and International Security, un groupe de réflexion basé à Washington, a publié mercredi des images satellite du site nucléaire de Natanz, montrant un nouveau tunnel situé à proximité d’un tunnel plus ancien, ainsi qu’un nouveau périmètre de sécurité.

« J’ai soulevé ce problème à plusieurs reprises et je continuerai à le faire », a déclaré Rafael Grossi, directeur de l’AIEA, lors d’une visite à Washington.

Grossi, qui s’est rendu à Téhéran la semaine dernière, a rappelé que tous les pays devaient informer l’AIEA de leurs intentions concernant les installations autour des sites nucléaires, mais que l’Iran, au nom d’une position « unique au monde », se permettait de ne pas le faire.

« On leur demande : à quoi cela va-t-il servir ? Ils nous répondent que ce ne sont pas nos affaires », a décrit M. Grossi.

« Il n’est pas exclu » que ces tunnels servent à stocker du matériel non déclaré, a prévenu le chef de l’AIEA, ajoutant toutefois qu’il ne souhaitait pas spéculer sur les intentions de l’Iran.

Cette photo satellite de Planet Labs PBC montrant le site nucléaire iranien de Natanz, le 14 avril 2023. (Crédit : Planet Labs PBC via AP)

« L’Iran n’est pas doté d’armes nucléaires. Cela est très clair », a-t-il affirmé. En revanche, « l’Iran a déjà mené par le passé certaines activités pertinentes – enfin, qui pourraient l’être – dans le processus de développement d’armes nucléaires », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, M. Grossi a fait part de son optimisme quant à la conclusion d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, après deux séries de négociations entre les pays ennemis, et de nouvelles discussions attendues ce week-end.

« Je pense que tout le monde s’attend à ce que les choses se passent bien et à ce que l’accord soit vérifié par l’AIEA », a-t-il affirmé.

En 2018, Donald Trump, alors président, avait mis fin à un accord précédent avec l’Iran, négocié sous Barack Obama.

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a fustigé une nouvelle fois mercredi cet accord de 2015 qui a selon lui « donné à l’Iran un allègement immédiat et total des sanctions en échange de capacités d’enrichissement qui, à tout moment à l’avenir, pourraient être utilisées à des fins militaires ».

Si le gouvernement Trump nourrit l’espoir d’un nouvel accord sous le second mandat du républicain, Washington a brandi à de nombreuses reprises la menace militaire.

Les Etats-Unis ont aussi instauré mardi de nouvelles sanctions financières, notamment contre le secteur énergétique iranien.

Interrogé sur une potentielle attaque militaire, M. Grossi a déclaré : « Je voudrais simplement rappeler que les attaques contre les installations nucléaires pourraient avoir des conséquences très, très graves. »

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