L’ONU et Ryad condamnent une attaque meurtrière contre un hôpital au Darfour-Nord

L'attaque contre le principal hôpital d'El-Facher, qui a fait 70 morts, a suscité l'indignation de l'OMS, de l'OCHA et de Ryad qui finance cet établissement médical

Illustration : Les conséquences d'une attaque dans le village de Masteri, dans l'ouest du Darfour, au Soudan, le 25 juillet 2020. (Crédit : Mustafa Younes via AP)

Une attaque contre le principal hôpital d’El-Facher, une ville assiégée dans l’ouest du Soudan, qui a fait 70 morts vendredi, a suscité dimanche l’indignation d’agences des Nations unies et de l’Arabie Saoudite qui finance cet établissement.

« L’effroyable attaque contre l’hôpital saoudien d’El-Facher, au Soudan, a fait 70 morts et 19 blessés parmi les patients et ceux qui les accompagnaient », a déclaré sur le réseau social X le directeur de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« Lors de l’attaque, l’hôpital était plein de patients recevant des soins », a-t-il ajouté.

Il a averti que l’accès aux soins de santé à El-Facher « est déjà sévèrement limité », la plupart des installations étant fermées en raison d’intenses combats.

L’hôpital saoudien, qui est « le seul hôpital fonctionnel d’El-Facher, fournit des services tels que la gynécologie-obstétrique, la médecine interne, la chirurgie et la pédiatrie, ainsi qu’un centre de nutrition », a déclaré Tedros.

Pour sa part, la coordinatrice de le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) au Soudan a affirmé dans un communiqué que l’attaque – dont l’AFP n’a pu vérifier l’origine de manière indépendante –  « aurait été menée par les Forces de soutien rapide [FSR] ».

Illustration : Le directeur-général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’exprimant lors d’une conférence de presse avec les correspondants de presse des Nations unies (ACANU) au siège de l’OMS, à Genève, le 15 décembre 2023. (Crédit : Christopher Black/Organisation mondiale de la santé/AFP)

Elle constitue une violation choquante du droit international humanitaire » et « je la condamne dans les termes les plus forts », a ajouté Clementine Nkweta-Salami.

« Ce mépris alarmant pour la vie humaine est inacceptable. Les hôpitaux et les installations médicales ne devraient jamais être pris pour cible », a-t-elle insisté.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a lui dénoncé une « violation du droit international humanitaire », appelant à la « protection des travailleurs médicaux et humanitaires ».

Depuis avril 2023, le Soudan est en proie à une guerre entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des FSR qui a tué des dizaines de milliers de personnes et déraciné plus de 12 millions d’habitants au Soudan.

Les FSR contrôlent de nombreux secteurs du pays dont la quasi-totalité de la vaste région occidentale du Darfour et assiègent depuis mai El-Facher, métropole de deux millions d’habitants et capitale de l’État du Darfour-Nord.

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