L’OTAN devrait rejoindre la coalition anti-EI
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L’OTAN devrait rejoindre la coalition anti-EI

L'OTAN a jusqu'ici refusé de rejoindre la coalition anti-EI, craignant que cela ne renvoie l'image d'Occidentaux ligués contre des pays et des organisations arabes

Petr Pavel, lors de la conférence de sécurité de Munich, en 2016. (Crédit : Zwez/MSC/CC-BY-3.0-DE)
Petr Pavel, lors de la conférence de sécurité de Munich, en 2016. (Crédit : Zwez/MSC/CC-BY-3.0-DE)

L’OTAN devrait considérer le fait de devenir membre à part entière de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI), ont recommandé mercredi ses chefs d’état-major à une semaine d’un sommet des dirigeants de l’Alliance à Bruxelles.

Les Etats-Unis, qui dirigent cette coalition menant depuis 2014 des raids aériens contre l’EI en Irak et en Syrie, poussent de longue date l’Alliance atlantique à la rejoindre. Chacun des 28 états membres de l’OTAN en fait déjà partie à titre individuel.

Depuis son arrivée au pouvoir, le président américain Donald Trump, qui avait qualifié l’OTAN d’ « obsolète », réclame de ses alliés qu’ils en fassent davantage dans la lutte contre le terrorisme.

« La discussion en ce moment, c’est: ‘L’OTAN va-t-elle devenir un membre de cette coalition ?’ Cette décision devra être prise lors de la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement » jeudi 25 mai à Bruxelles, a expliqué le général Petr Pavel, qui préside le comité militaire de l’Alliance, lors d’une conférence de presse.

« Nous en avons discuté avec les chefs d’état-major et notre recommandation est qu’il faut que l’OTAN considère le fait de devenir membre de cette coalition », a affirmé le général Pavel.

Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN, en 2010. (Crédit : Magnus Fröderberg/CC BY 2.5 via WikiMedia Commons)
Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, en 2010. (Crédit : Magnus Fröderberg/CC BY 2.5 via WikiMedia Commons)

L’OTAN, où les décisions se prennent à l’unanimité, a jusqu’ici refusé de rejoindre la coalition anti-EI, craignant que cela ne renvoie l’image d’Occidentaux ligués contre des pays et des organisations arabes.

La semaine dernière, la chancelière allemande Angela Merkel, jusqu’ici opposée, s’est montrée plus ouverte lors d’une rencontre à Berlin avec le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg.

Mais, avait immédiatement ajouté Merkel, « cela ne veut pas dire que les activités militaires de l’Allemagne, par exemple la surveillance par Awacs [des avions-radar déployés actuellement en Turquie, ndlr], vont être élargies ou quoi que ce soit de ce genre. »

Stoltenberg a répété à plusieurs reprises que « l’entraînement des forces locales » était à ses yeux la meilleure aide que l’Alliance pouvait apporter aux pays aux prises avec le terrorisme.

En Irak, les Alliés ont déjà commencé à entraîner des officiers irakiens, en fournissant notamment des kits de déminage d’engins explosifs improvisés (IED).

Fin mars, Stoltenberg avait précisé que l’OTAN allait élargir cette mission en offrant « des cours de médecine militaire » et un soutien à « l’entretien de tanks et de véhicules armés ».

A ce stade, aucune mission d’envergure en Irak n’est toutefois envisagée, a souligné mercredi le général Pavel.

« Je ne vois pas nécessairement cela comme un type de mission similaire à ‘Resolute support' », a-t-il prévenu, en référence à l’opération de l’OTAN qui forme et conseille les forces armées afghanes.

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