L’UE appelle à des « mesures d’incitation » pour qu’Israéliens et Palestiniens fassent la paix
Les 28 ministres des Affaires étrangères de l'Union veulent que soit offerte une contribution 'concrète et substantielle' aux efforts de paix
L’Union européenne a proposé des incitations « concrètes » pour que les Israéliens et les Palestiniens reprennent les négociations de paix lors d’un sommet sur la paix prévu plus tard cette année à Paris.
Pendant leur réunion mensuelle à Bruxelles, les 28 ministres des Affaires étrangères de l’Union ont demandé à la Commission européenne et au service d’action extérieur de l’UE – son équivalent d’un ministère des Affaires étrangères – d’offrir une contribution « concrète et substantielle » aux efforts internationaux afin de revitaliser le processus de paix Israélo-Palestinien dans l’impasse, à travers un « ensemble global d’incitations » pour les deux parties.
« L’UE est déterminée, tout comme d’autres partenaires internationaux et régionaux, à apporter une contribution concrète et substantielle à un ensemble global de mesures incitant les parties à faire la paix avec en vue une conférence de paix internationale prévue pour se tenir avant la fin de l’année », ont affirmé les ministres des Affaires étrangères réunis à Luxembourg.
Ils ont invité la Commission européenne et le service diplomatique de l’UE, dirigé par Federica Mogherini, « à présenter sans tarder des propositions, y compris concernant des mesures d’incitation économiques ».
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont également adopté de façon unanime l’initiative de paix française, initiative qui a débuté avec une conférence à Paris plus tôt ce mois-ci.
Israël a catégoriquement rejeté le geste français, arguant qu’il contribuait à durcir les positions de négociations palestiniennes et qu’en conséquence il constituait un obstacle pour la paix.
L’UE agite depuis décembre 2013 la carotte d’un paquet « sans précédent » de « mesures de soutien en matière politique et économique et dans le domaine de la sécurité » aux deux parties, si Israël et les Palestiniens scellaient un accord de paix permettant de faire coexister côte à côte deux Etats dans les frontières de 1967.
Le gouvernement israélien a néanmoins réitéré lundi son opposition catégorique à l’organisation d’une conférence internationale, qui, selon un porte-parole, « éloigne plus encore la paix en permettant aux Palestiniens de continuer à éviter à la fois des négociations directes et tout compromis ».
Interrogé sur ce rejet, M. Ayrault a assuré que « c’est l’intérêt d’Israël de bouger, d’évoluer. C’est sa sécurité, son avenir qui est en cause, donc on ne peut pas simplement être dans la politique du dos à la mer », a-t-il plaidé.
« Nous voulons la sécurité d’Israël, nous voulons l’avenir d’Israël, nous sommes sincères dans cette démarche », a-t-il répété. « Mais il faut faire bouger les choses car sinon le désespoir s’installe », a insisté M. Ayrault.
Le président israélien Reuven Rivlin a débuté lundi une visite de quatre jours à Bruxelles, où il doit rencontrer les dirigeants de l’UE et de l’Otan.
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, est par ailleurs attendu en milieu de semaine à Bruxelles, également pour des entretiens avec des hauts responsables européens.
Mais aucune rencontre n’est prévue à Bruxelles entre MM. Abbas et Rivlin, selon des sources diplomatiques.