L’université de Floride devra réintégrer un étudiant exclu pour des posts antisémites
Un juge a ordonné que Preston Damsky, expulsé pour avoir écrit des messages appelant à 'abolir' les Juifs, soit réadmis à l'université au nom de la liberté d'expression
(JTA) — Un étudiant en droit de l’université de Floride qui avait écrit, sur les réseaux sociaux, que les Juifs devaient être « abolis par tous les moyens nécessaires » a été réintégré dans son établissement d’enseignement supérieur suite à la décision qui a été prise par un juge fédéral américain, la semaine dernière.
Cet étudiant, Preston Damsky, avait été banni du campus pour une période de trois ans, au mois d’avril dernier, après avoir diffusé des dizaines de propos antisémites et xénophobes sur son compte X. Il s’était également fait remarquer en remportant un prix pour un article universitaire dans lequel il affirmait que la Constitution s’appliquait uniquement aux personnes blanches.
Damsky avait lancé des poursuites judiciaires à l’encontre de l’université au mois de septembre,arguant que son expulsion violait ses droits garantis par le premier amendement.
Dans un jugement qui a été rendu la semaine dernière, le juge fédéral Allen Winsor, à Tallahassee, a émis une injonction préliminaire qui a ordonné la réadmission de Damsky au sein de la faculté de droit, estimant que l’université n’avait pas prouvé que les propos de Damsky constituaient une menace réelle pour l’université de Floride.
« L’université a, bien sûr, tout intérêt à maintenir l’ordre mais elle n’a aucun intérêt à violer le premier amendement pour atteindre cet objectif », a écrit Winsor dans sa décision.
L’avocat de Damsky, Anthony Sabatini, a salué le jugement, évoquant une « IMMENSE victoire pour le premier amendement » dans un message diffusé sur X. Il a ajouté, dans sa publication, que son client avait « été illégalement sanctionné en raison de ses opinions politiques ».
L’université de Floride a déclaré à la Jewish Telegraphic Agency qu’elle n’allait pas commenter des questions liées à des litiges en cours. L’établissement d’enseignement supérieur a le droit de faire appel de la décision, qui avait ordonné la réintégration de Damsky dans la faculté lundi dernier, au plus tard.
Un procès est prévu au mois de mai prochain dans le cadre de cette affaire.
Dans un communiqué diffusé, la semaine dernière, sur Instagram, le groupe Hillel de l’université de Floride a fait part de son inquiétude concernant ce jugement, notant que cet établissement d’enseignement supérieur « doit être un lieu sûr où les étudiants juifs, et tous les étudiants, peuvent vivre et étudier à l’abri des menaces de violence haineuse et antisémite ».
La déclaration ajoute : « L’UF Hillel est profondément préoccupée par la récente décision de justice qui ignore les menaces violentes qui ont été proférées à l’encontre de la communauté juive » et l’organisation note qu’elle « espère que l’administration de l’université de Floride prendra toutes les mesures juridiques nécessaires pour protéger la communauté du campus contre ceux qui menacent de lui porter atteinte ».
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