Malaisie : Waze rejette l’interdiction de l’application en raison de liens avec Israël

Le gouvernement n'a pas fourni davantage de détails sur les raisons de cette interdiction, ni sur la manière dont elle serait appliquée ou contrôlée

Davin Hall, ex-analyste de données policières, utilise l’application de navigation Waze lors d’un trajet en voiture à Greensboro, en Caroline du Nord, le 22 juin 2022. (AP Photo/Allen G. Breed)

L’application de navigation Waze a rejeté vendredi les accusations de la Malaisie selon lesquelles elle permettrait l’exploitation des données personnelles de ses utilisateurs, après l’interdiction faite aux fonctionnaires de ce pays de l’utiliser en raison de ses liens avec Israël.

Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a annoncé cette interdiction mercredi, afin de « protéger les informations gouvernementales et les données personnelles des utilisateurs contre le risque d’abus par le régime israélien ».

Il a annoncé vendredi que ce pays d’Asie du Sud-Est pourrait envisager une interdiction totale si une alternative à l’application populaire était trouvée.

La Malaisie critique depuis longtemps et farouchement Israël, État avec lequel ce pays à majorité musulmane n’entretient aucune relation diplomatique.

Waze, détenu par Google, a été fondé en Israël et y reste enregistré. L’application exploite les données des conducteurs pour fournir des informations de trafic en temps réel.

« Les affirmations selon lesquelles Waze recueille des informations sensibles du gouvernement ou permettrait à une entité d’exploiter les données personnelles des utilisateurs sont complètement fausses », a déclaré à l’AFP un porte-parole de Waze dans un communiqué.

« Waze fonctionne selon des politiques strictes en matière de confidentialité, qui protègent les données des utilisateurs et respectent les normes juridiques internationales de protection des données », poursuit le communiqué.

La Malaisie doit envisager des alternatives à Waze, a indiqué vendredi le Premier ministre. Si « nos capacités sont suffisantes à l’avenir, nous pourrions envisager de l’interdire purement et simplement ».

« Notre décision ne prête pas à controverse », a-t-il poursuivi. La Malaisie est « placée sous surveillance » en raison de son opposition à Israël, selon lui.

« Ils utiliseront toute leur influence pour aller contre nous », a ajouté Anwar Ibrahim, qualifiant la question « d’enjeu de sécurité nationale ».

Le ministre malaisien du Numérique, Gobind Singh Deo, a précisé au Parlement jeudi que l’interdiction s’appliquait uniquement aux fonctionnaires dans le cadre de leurs activités officielles.

Il a évoqué des préoccupations liées à la sécurité des données et à des questions juridiques pour justifier cette décision, car les données des utilisateurs relèvent de la juridiction israélienne.

Le gouvernement n’a pas fourni davantage de détails sur les raisons de cette interdiction, ni sur la manière dont elle serait appliquée ou contrôlée.

Waze est largement utilisée en Malaisie, y compris comme solution de navigation d’appoint par les chauffeurs du service de réservation de taxis en ligne Grab.

De nombreux Malaisiens se sont plaints de l’application TuJu, une alternative recommandée par le gouvernement, au motif qu’elle était « inefficace et ne devrait pas être imposée comme remplacement obligatoire de Waze », a déclaré l’ancien ministre des Finances et député Lim Guan Eng.

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