Malgré le cessez-le-feu, des familles de Gaza toujours sans électricité

Avant le 7-Octobre, Gaza dépendait principalement de l'État hébreu ; elle recevait 120 MW d'Israël, tandis que son unique centrale électrique fournissait 60 MW supplémentaires, selon le Hamas

Illustration : Un bébé allongé sur un matelas posé à même le sol éclairé par la lampe torche d'un téléphone, après une coupure partielle d'électricité, à l'hôpital al-Aqsa Martyrs, à Deir al-Balah, le 23 mai 2024. (Crédit : Bashar Taleb/AFP)

Hanan al-Joujou, une mère gazaouie de 31 ans, doit nourrir ses trois enfants dans l’obscurité, à la lumière d’une lampe torche, car il n’y a toujours pas d’électricité dans la bande de Gaza, même après le cessez-le-feu conclu le mois dernier entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Lorsqu’ils n’ont pas les moyens de recharger la lampe torche, ils restent sans nourriture.

« Nous restons dans l’obscurité dès que le soleil se couche et que l’appel à la prière du Maghrib retentit », a expliqué mardi Hanan, en référence à la prière musulmane du coucher du soleil.

« Si nous avons une lampe torche, nous l’allumons. Sinon, nous allons nous coucher sans dîner et sans lumière. »

Sa famille est privée d’électricité depuis le début de la guerre il y a plus de deux ans, guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 . Elle s’est d’abord réfugiée dans la ville de Rafah, au sud de l’enclave, où elle s’éclairait à la bougie.

Mais elle a fini par y renoncer, craignant un risque d’incendie dans sa tente.

Un Gazaoui gérant un stand de recharge de téléphones improvisée depuis une tente dans un camp de déplacés à l’ouest de la ville de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, le 11 mars 2025. (Crédit : Bashar Taleb/AFP)

« Nous avons essayé une lampe LED classique, mais elle s’est cassée. Nous n’avons pas les moyens de la réparer. Nous avons essayé de nous procurer une batterie, mais elles sont chères et introuvables », a expliqué Hanan.

Avant la guerre, Gaza dépendait principalement de l’électricité importée d’Israël, mais l’approvisionnement était instable. L’enclave recevait 120 mégawatts d’Israël, tandis que sa centrale électrique unique fournissait 60 mégawatts supplémentaires, selon les autorités de Gaza contrôlées par le Hamas.

Aujourd’hui, dans un camp de déplacés situé dans le quartier de Nuseirat, au centre de Gaza, la plupart des activités familiales s’arrêtent lorsque le soleil se couche. Les enfants de Joujou utilisent également une lampe de poche pour faire leurs devoirs, lorsqu’ils peuvent la recharger.

« Nous avons à peine assez d’argent pour subvenir à nos besoins quotidiens », a ajouté Ahmed, 35 ans, le mari de Hanan.

Certains habitants gèrent des points de recharge alimentés par l’énergie solaire ou des générateurs privés, la guerre ayant détruit le réseau électrique et les câbles de Gaza.

La famille de Mohammed al-Hor gère l’une de ces bornes de recharge à l’énergie solaire. Ils l’ont installée dans leur propre maison, qui a été touchée par une frappe israélienne.

« La borne de recharge a également été bombardée, et mon frère a été tué à l’intérieur », a raconté cet homme de 32 ans.

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