Marseille : 79 collégiens participent au prix Alfred-Nakache
Les élèves, issus de six collèges, ont participé à un relais de natation inter-établissements, précédé par la diffusion d’un film retraçant la vie du nageur juif déporté à Auschwitz
La 4ᵉ édition du prix Alfred-Nakache, initié par le Fonds social juif unifié (FSJU), s’est tenue jeudi 20 novembre au Cercle des nageurs de Marseille, mêlant compétition sportive et devoir de mémoire, a rapporté le journal local La Marseillaise.
Au total, 79 élèves issus de six collèges ont participé à un relais de natation inter-établissements, précédé par la diffusion d’un film retraçant la vie d’Alfred Nakache, nageur juif déporté à Auschwitz, où il a perdu sa femme et sa fille. Lui est revenu après-guerre au Cercle des nageurs, où il a pu redevenir champion de natation.
L’homme a ainsi détenu plusieurs records du monde et d’Europe : record du monde du 200 m brasse en 1941 ; record du monde du relais 3×100 m medley en 1946 ; et records d’Europe sur le 100 m brasse (1941 et 1942) et le relais 4×200 m nage libre.
« Le but est d’inscrire des initiatives dans la cité, nous tenons aux valeurs de laïcité et de République. L’éducation est majeure tout comme la culture et les valeurs universelles du sport », a déclaré Lionel Stora, président du FSJU Marseille-Provence.
La compétition a été remportée cette année par le collège Gyptis, suivi du collège Gaston-Defferre. Les vainqueurs offriront une année de cours collectifs de natation à quatre élèves de leur collège ne sachant pas ou peu nager, une action de solidarité saluée par les enseignants. « Ils savent qu’ils ne gagnent pas pour eux mais ils s’arrachent » à chaque édition, a expliqué une professeure d’EPS du collège Gaston-Defferre.
Martine Vassal, présidente (DVD) du département, a salué ce prix « pour celui qui nage le plus vite mais surtout qui s’allie avec un devoir de mémoire ».
Chaque élève est reparti avec le livre Le Nageur de Pierre Assouline, biographie d’Alfred Nakache, afin de prolonger la réflexion autour de son parcours.
Dans une ville où un jeune sur trois ne sait pas nager, les organisateurs voient dans cet événement une manière d’allier transmission historique et solidarité.
comments