Marseille : le Crif et la préfecture démentent un ciblage des commerces juifs par les pilleurs
'Les commerces ont été pillés sans distinction religieuse', a indiqué à l'AFP la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône
Le Conseil représentatif des institutions juives de Marseille-Provence et la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône ont démenti mardi une rumeur circulant sur les réseaux sociaux selon laquelle les pilleurs et casseurs ont ciblé des commerces juifs dans la ville le week-end du 17 octobre.
« Les commerces ont été pillés sans distinction religieuse », a indiqué à l’AFP la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône, sans plus de commentaires.
« Ce que je sais, c’est qu’il y a des commerces musulmans qui ont été cassés, pillés, dévastés, des commerces juifs, des commerces de chrétiens, des commerces de, finalement, toutes les composantes de la Nation », a souligné Bruno Benjamin, président du Conseil représentatif des institutions juives (Crif) Marseille-Provence.
« Tous les commerces ont été cassés, il n’y a pas eu de particularité, sauf peut-être cas exceptionnel ou particulier où, peut-être que dans certaines rues, les casseurs connaissaient les commerçants et ont évité de casser leurs commerces », a-t-il insisté. « Maintenant, dire que ce sont les commerces musulmans qui n’ont pas été cassés (de manière systématique, rumeur également répandue, NDLR), je n’ai vraiment aucun élément qui permet de dire ça », a-t-il ajouté.
« A Marseille, lors des manifestations du 17 octobre, plusieurs commerces ont été dégradés, DONT certains tenus par des personnes de confession juive. Aucun élément ne permet à ce stade d’établir un ciblage lié à la confession de leurs exploitants », avait souligné le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) dans un communiqué diffusé dimanche, en appelant à « la prudence et la responsabilité » et à « ne pas relayer d’informations non vérifiées ».
Évoquant « un degré de préparation qui pose question » selon lui, le journaliste Paul Amar avait affirmé dimanche sur Cnews que les pilleurs et casseurs « avaient les adresses (…) de pas mal de commerçants juifs ».
« Dans une rue de Marseille – je vais vous donner quelques informations – tous les commerces détenus par des juifs ont été incendiés, les commerces tenus par les musulmans ne l’ont pas été », avait-il ajouté, sans préciser le nom de cette rue.
Des déclarations qui ont ensuite été relayées des dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux, en particulier le réseau X, tant en français qu’en anglais et dans certains médias israéliens.
Paul Amar n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP dans l’immédiat.