Mehdi Nemmouche inculpé à Paris pour enlèvement et séquestration
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Mehdi Nemmouche inculpé à Paris pour enlèvement et séquestration

Le procès pour la tuerie du Musée juif à Bruxelles pourrait se tenir courant 2018

Mehdi Nemmouche (Crédit : AFP)
Mehdi Nemmouche (Crédit : AFP)

Le jihadiste Mehdi Nemmouche, auteur présumé de la tuerie du Musée juif à Bruxelles, a été inculpé mercredi à Paris, soupçonné d’avoir été l’un des geôliers de quatre journalistes français otages en Syrie en 2013-2014.

Transféré de Belgique en France mercredi, le Français de 32 ans est arrivé au palais de justice de Paris peu avant 09H00 GMT.

Après une rencontre d’une dizaine de minutes dans le bureau du magistrat, il a été inculpé pour « enlèvement et séquestration en relation avec une entreprise terroriste », selon son avocat français, Francis Vuillemin.

« Sur mes conseils, Mehdi Nemmouche a déclaré n’avoir rien à répondre » car nous n’avons pas encore eu accès au dossier, a affirmé Me Vuillemin, précisant que son client ferait « l’objet d’une nouvelle convocation (des juges français) pour être entendu sur le fond ».

« Je ne serais pas étonné qu’il ait des choses à dire (…) sur les accusations qui sont portées contre lui dans l’affaire de l’enlèvement et la séquestration des journalistes », a-t-il ajouté.

Didier François, Pierre Torrès, Edouard Elias et Nicolas Hénin, enlevés en Syrie en juin 2013 et libérés dix mois plus tard, l’avaient identifié peu après leur retour en France.

Mehdi Nemmouche devrait retourner rapidement en Belgique, les autorités belges, qui avaient autorisé en novembre 2016 sa remise temporaire à la justice française, ayant évoqué un simple aller-retour.

Né et élevé dans le nord de la France, Mehdi Nemmouche est détenu en Belgique où il est accusé d’avoir commis l’attentat au Musée juif de Bruxelles : le 24 mai 2014, un homme avait ouvert le feu dans le hall d’entrée du Musée, tuant deux touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge.

Mehdi Nemmouche, délinquant multi-récidiviste radicalisé en prison, passé par la Syrie, avait été arrêté six jours plus tard à la gare routière de Marseille (sud-est de la France).

Peu après, Didier François, Pierre Torrès, Edouard Elias et Nicolas Hénin, interrogés par les services de renseignement français, l’avaient identifié comme l’un de leurs geôliers.

‘Obsession antisémite’

En septembre 2014, le quotidien Le Monde avait révélé la présence de Nemmouche auprès des quatre journalistes en Syrie. Certains d’entre eux s’étaient alors exprimés publiquement.

Nicolas Hénin a raconté avoir été « maltraité » par Nemmouche, désigné comme « Abou Omar le cogneur », lorsqu’il était retenu notamment à l’hôpital ophtalmologique d’Alep, transformé en prison par le groupe État Islamique. « Quand il ne chantait pas, il torturait. Il était membre d’un petit groupe de Français dont la venue terrorisait la cinquantaine de prisonniers syriens détenus dans les cellules voisines », avait relaté l’ex-otage.

« Il était extrêmement violent avec les prisonniers syriens. Il était malgré tout obligé de se comporter de manière plus maîtrisée avec les otages occidentaux », avait souligné de son côté Didier François, mettant en avant chez Nemmouche « une espèce d’obsession antisémite, une obsession à vouloir imiter ou dépasser (Mohamed) Merah », qui avait assassiné 7 personnes, dont trois enfants juifs, dans le sud-ouest de la France en 2012.

Les ex-otages avaient reconnu d’autres figures du jihadisme parmi leurs geôliers: Najim Laachraoui, l’un des deux kamikazes mort le 22 mars 2016 dans l’attentat à l’aéroport de Bruxelles et Salim Benghalem. Ce dernier, inscrit sur la liste américaine des « combattants terroristes étrangers » pour son appartenance à l’EI, a notamment évolué dans l’entourage de la filière dite « des Buttes-Chaumont », qui envoyait des jihadistes en Irak.

Nemmouche avait été extradé vers la Belgique en juillet 2014.

Placé depuis à l’isolement dans une prison belge, il « est en train de perdre la vue (et) l’ouïe » en prison, ont assuré en septembre ses avocats belges Sébastien Courtoy et Henri Laquay.

Selon Me Vuillemin, il a été depuis transféré dans un autre établissement à la frontière française « où il a pu recevoir un certain nombre de soins ».

Le procès pour la tuerie du Musée juif à Bruxelles pourrait se tenir courant 2018.

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