Mélenchon: Guedj regrette le terme « salopard » mais assume l’accusation d’antisémitisme

'Je regrette le terme de 'salopard' et en plus il n'était pas utile. C'est une forme de pléonasme. 'Antisémite' suffisait', a déclaré le socialiste qui a rompu avec LFI après le 7 octobre

A droite : Le fondateur du parti français de gauche La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, le 1er mai à Paris, le 1er mai 2025. A gauche : Le député socialiste Jérôme Guedj prononce un discours lors du 81e congrès du Parti socialiste (PS) au centre des congrès Prouvé à Nancy, dans le nord-est de la France, le 14 juin 2025. (Crédits : ROMEO BOETZLE et Ian LANGSDON / AFP - Montage : Times of Israël)

Le député socialiste Jérôme Guedj est à moitié revenu lundi sur ses propos du week-end sur Jean-Luc Mélenchon – qu’il avait traité de « salopard antisémite » – disant regretter le terme « salopard », mais assumant l’accusation d’antisémitisme.

Samedi, à la tribune du congrès du Parti socialiste à Nancy, Jérôme Guedj a qualifié le leader insoumis, dont il fut longtemps proche, de « salopard antisémite ».

« Je vais exprimer un regret : c’est d’avoir utilisé ce terme de +salopard+ », un terme venu « dans l’emportement », a-t-il dit lundi sur BFMTV.

« Je regrette le terme de ‘salopard’ et en plus il n’était pas utile. C’est une forme de pléonasme. ‘Antisémite’ suffisait », a-t-il ajouté.

Le député de l’Essonne a également dit trouver « minable » la réaction du patron du PS, Olivier Faure.

Interrogé sur France 2 mardi matin, ce dernier a renvoyé dos-à-dos Jérôme Guedj et Jean-Luc Mélenchon qui, selon lui, « trouvent un intérêt commun à se taper l’un sur l’autre ».

« Autrefois, quand on n’était pas d’accord, on prenait rendez-vous à l’aube le matin et on organisait un duel », a-t-il ajouté.

« J’ai trouvé ça minable parce que c’est une inversion accusatoire », a réagi Jérôme Guedj.

Ancien proche de Jean-Luc Mélenchon et grand partisan de l’alliance de gauche Nupes après la présidentielle de 2022, Jérôme Guedj a rompu avec LFI après les attaques du 7 octobre perpétrées par le Hamas en Israël.

Le leader insoumis a tenu depuis des propos très durs et ambigus à son encontre, le qualifiant notamment de « lâche de cette variété humaine que l’on connaît tous, les délateurs ».

« L’intéressant est de le voir s’agiter autour du piquet où le retient la laisse de ses adhésions », a-t-il également déclaré.

Les relations de M. Guedj sont aussi devenues difficiles avec Olivier Faure à qui il reproche un manque de soutien face aux attaques à son encontre, venues de LFI ou de l’extrême gauche.

Le secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, député et membre de la coalition du Nouveau Front populaire (NFP) de gauche, lors d’un débat parlementaire sur le vote d’une motion de censure à l’Assemblée nationale, à Paris, le 8 octobre 2024. (Crédit : Thomas SAMSON/AFP)

Olivier Faure a dit lundi qu’il ne présenterait pas les excuses que lui réclame LFI pour les propos prononcés par Jérôme Guedj.

LFI « ferait bien de balayer devant sa porte » pour « les injures et quolibets permanents » contre Jérôme Guedj et d’autres responsables socialistes, a-t-il souligné.

Le leader de Place Publique Raphaël Glucksmann a dit sur TF1 « comprendre cette colère qu’a exprimée Jérôme Guedj ».

« Au bout d’un moment, il y en a marre: il est exclu des manifestations, il se fait traiter de sioniste tout le temps parce qu’il y a une campagne orchestrée contre lui, une campagne avec des relents antisémites », a-t-il affirmé.

Plus généralement, alors que son allié du parti socialiste s’est une nouvelle fois divisé lors de son congrès sur sa relation avec les Insoumis, M. Glucksmann a appelé à « la clarté ».

« La clarté, c’est très simple (…) il n’y aura pas aux législatives de programme de gouvernement ensemble », a-t-il demandé, alors qu’Olivier Faure a refusé d’exclure toute forme d’alliance avec LFI en cas de nouvelle dissolution, comme le lui demandaient ses opposants internes au PS.

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