Merz insiste sur l’autonomie européenne vis-à-vis des États-Unis

L'Europe doit se défaire de sa « nostalgie » pour les États-Unis, a déclaré le chancelier allemand

Le chancelier allemand Friedrich Merz s'adressant à la presse lors d'une déclaration commune avec le Premier ministre indien Narendra Modi, à Gandhinagar, en Inde, le 12 janvier 2026. (Crédit : Ajit Solanki/AP)

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a insisté lundi sur la nécessité pour l’Union européenne (UE) de renforcer son autonomie dans les secteurs stratégiques par rapport aux États-Unis.

« Nous devons devenir plus souverains et plus indépendants, notamment sur le plan technologique. Cela vaut aussi vis-à-vis des États-Unis d’Amérique », a déclaré Merz lors de la réception annuelle de l’opérateur boursier Deutsche Börse à Eschborn, près de Francfort (ouest).

« Il faut reconnaître que les relations transatlantiques ont changé », a-t-il souligné, ajoutant qu’il accueillait cette évolution avec « regrets », mais que « la nostalgie et le souvenir des temps passés ne nous aident pas ».

Ces propos interviennent après le récent bras de fer avec les États-Unis autour du Groenland, qui a représenté « un appel au réveil stratégique » de l’Europe, selon le président français Emmanuel Macron.

Au cours des dernières décennies, « nous avons gaspillé un potentiel de croissance énorme en Europe, à cause de réformes tardives, de restrictions inutiles à l’initiative des entreprises et d’une sur-réglementation », a poursuivi Merz.

Selon le dirigeant conservateur, les Européens ne sont « plus aussi forts économiquement qu’ils pourraient l’être ».

Merz a également souligné les opportunités existantes : « Tout autour de nous, il y a des États émergents, majoritairement démocratiques, aux marchés en expansion, qui recherchent explicitement ce que nous, Européens, avons à offrir. »

En allusion au traité avec le Mercosur, dont l’adoption en Europe est retardée, il a plaidé pour des « partenariats fondés sur la considération mutuelle, le respect réciproque et le respect des règles et de la fiabilité ».

Merz voit l’Allemagne en position de « devenir le centre d’un réseau dynamique et agile d’États souverains qui continuent de miser, pour le bien de tous, sur le multilatéralisme et le libre-échange ».

Il a également souligné qu’à son initiative, le Conseil européen se réunirait la semaine prochaine pour « un sommet extraordinaire, ou plutôt une réunion informelle », au cours de laquelle « nous voulons discuter ensemble de nouvelles mesures pour renforcer la compétitivité européenne ».

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