Meurtre de Benayahu Razi : Arrestation d’un ado en fuite qui aurait été aidé par une agente de l’IPS
Une gardienne de prison aurait entretenu une relation amoureuse avec le frère du suspect, incarcéré, et lui aurait donné son téléphone pour qu'il puisse contacter des personnes à l'extérieur
Mardi, la police a arrêté Avior Sasson, un jeune homme de 17 ans, soupçonné d’être impliqué dans le meurtre de Benayahu Razi, un habitant de Jérusalem âgé de 19 ans, à l’issue d’une chasse à l’homme qui aura duré plus de deux semaines.
Il a été interpellé alors qu’il se trouvait dans un taxi à l’entrée de la capitale, a indiqué la police. Des enquêteurs de l’unité centrale du district de Jérusalem ont intercepté le véhicule avec l’aide de l’unité aérienne de la police. La police a diffusé une vidéo de l’arrestation.
Il a été présenté mercredi devant le tribunal de première instance de Jérusalem pour une audience de mise en détention provisoire.
Peu avant l’arrestation, les autorités avaient annoncé qu’une agente de l’Administration pénitentiaire israélienne (IPS) ainsi que le frère d’Avior Sasson, actuellement incarcéré, avaient été placés en garde à vue, soupçonnés de l’avoir aidé à échapper à la police.
Selon la police, l’agente aurait remis son téléphone portable au détenu, qu’il aurait utilisé pour communiquer via des applications chiffrées avec des personnes en dehors de la prison. Ces contacts auraient aidé Avior Sasson à échapper à la capture et à dissimuler ses déplacements.
Les enquêteurs soupçonnent cette agente de 34 ans, originaire de Hod HaSharon, d’avoir entretenu une relation amoureuse avec le frère d’Avior Sasson, qui purge une peine de prison dans l’établissement pénitentiaire du centre d’Israël où elle travaille. Il a été condamné pour avoir dirigé un réseau de prêt usuraire et pour extorsion par menaces.
L’agente est soupçonnée d’entrave à la justice et d’abus de confiance. La relation présumée et l’utilisation du téléphone ont été découvertes par la division du renseignement de l’IPS, qui a transmis ces informations à la police.
L’Administration pénitentiaire a déclaré appliquer une « tolérance zéro » en matière de violation des normes éthiques.
Les autorités n’ont pas encore déterminé l’étendue exacte de cette aide présumée, ni si Avior Sasson avait reçu des instructions, des informations ou d’autres ressources de la part de son frère par téléphone.
Benayahu Razi a été poignardé à mort le 11 juillet dans un Airbnb du quartier de Nachlaot, à Jérusalem. Son ami, qui se trouvait avec lui, a été légèrement blessé et a appelé la police.
Les enquêteurs pensent que Benayahu Razi et son ami ont été attirés dans l’appartement avant d’être agressés par un groupe d’adolescents armés.
La police a établi un lien entre ce meurtre et un différend opposant la victime à son ex-petite amie, Agam Tsarafi, âgée de 19 ans, qui a nié toute implication. Son amie, Shilat Houta, et la mère d’Avior Sasson, Linor Sasson, sont également soupçonnées d’avoir joué un rôle dans l’organisation de la rencontre et d’avoir conduit les agresseurs présumés jusqu’à l’appartement.
Mercredi, lors de l’audience qui s’est tenue devant le tribunal de Jérusalem, les procureurs ont présenté des messages qui auraient été envoyés par Tsarafi avant le meurtre, a rapporté la Treizième chaîne.
Dans l’un de ces messages, elle aurait écrit : « Tu as dit que Shilat et moi étions des putes, c’est ça ? Viens voir ce que font les putes. »
Elle aurait également déclaré aux autres suspects : « Je vais l’achever. Il meurt aujourd’hui. »
Selon le reportage, le groupe s’est alors armé de couteaux, de gourdins et d’un marteau à attendrir la viande.
La sœur d’Avior Sasson, 16 ans, avait déjà été arrêtée, soupçonnée d’avoir aidé son frère à échapper à la police.
La police avait pris la décision très inhabituelle de publier son nom complet et son portrait, révélant ainsi son identité, malgré les protections juridiques dont bénéficient les mineurs soupçonnés d’avoir commis des crimes.
Les suspects dans l’affaire du meurtre de Benayahu Razi ont nié les accusations portées contre eux.