Meyer Elmaleh : plus de 6 ans après avoir été frappé par un cycliste, un suspect mis en examen

Le bijoutier vivant à Sarcelles, s'était interposé en novembre 2019 lors d'une altercation opposant une automobiliste et le cycliste. Il est décédé l'an dernier après avoir été tétraplégique durant 5 ans

Vue sur le Bd du Dr Galvani à Sarcelles. (Crédit : capture d'écran Google Street View)

Après plus de six années d’une attente éprouvante pour ses proches, l’enquête sur l’agression de Meyer Elmaleh à Sarcelles vient de connaître un tournant décisif. Le cycliste soupçonné de l’avoir agressé vient d’être interpellé et mis en examen, selon une information du Parisien.

Rappelons d’abord les faits survenus le 7 novembre 2019.

Meyer Elmaleh, un bijoutier vivant à Sarcelles, rentre chez lui lorsqu’il s’interpose dans une altercation opposant une automobiliste et un cycliste. Tous les témoins directs de la scène l’ont confirmé : son intention est alors d’apaiser les tensions. Mais cela se solde par un déchaînement de violence : il reçoit un coup de poing et chute lourdement, sa tête heurtant violemment le sol.

Le calvaire d’une victime et de sa famille

Plongé dans le coma pendant trois mois, Meyer Elmaleh se réveille tétraplégique. Les années suivantes sont marquées par un quotidien de souffrance dans un centre spécialisé de Beaumont-sur-Oise. Il ne peut plus communiquer avec les siens qu’au moyen d’une tablette suivant les mouvements de ses yeux. Meyer Elmaleh s’éteint finalement le 10 avril 2025.

Pendant des années, l’enquête a semblé stagner. Bien qu’identifié et placé en garde à vue initialement, l’agresseur présumé avait été remis en liberté sans être inquiété davantage. La famille Elmaleh, qui dénonçait une procédure « bâclée » et un dossier quasi-refermé, a dû se mobiliser avec l’aide de leur nouveau conseil, Me Manuel Abitbol, pour obtenir une accélération des investigations.

Le tournant est survenu après le décès de la victime. Des examens médico-légaux complémentaires ont permis d’établir de manière formelle un « lien de causalité entre les violences subies et le décès ».

À la lumière de ces nouveaux éléments, le suspect qui vivait à cinq minutes du domicile de la victime, a été de nouveau interpellé le 21 mai et présenté à un juge d’instruction qui l’a mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », un crime passible de quinze ans de réclusion criminelle. Il a été placé sous contrôle judiciaire.

L’information judiciaire va à présent se poursuivre afin de faire toute la lumière sur ce drame. Pour Patricia Elmaleh, l’épouse du défunt, interrogé par un journaliste du Parisien, cette arrestation est un soulagement même si elle veut rester prudente, expliquant qu’elle n’aspire désormais à rien d’autre que l’établissement définitif de la vérité dans cette tragique histoire qui a endeuillé et profondément meurtri sa famille.

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