Mike Lawler et Cait Conley s’opposent sur Israël et l’antisémitisme à New York

Le républicain sortant reproche à sa rivale démocrate de ne pas condamner Mamdani ; leurs positions sur Israël sont proches, sauf sur les implantations de Cisjordanie

Le représentant républicain de New York Mike Lawler s’exprime lors de la convention républicaine, à Dallas, le 10 septembre 2026. (Crédit : Alex Brandon/AP)

New York Jewish Week via JTA – Le représentant républicain sortant Mike Lawler et sa rivale démocrate Cait Conley se sont affrontés lundi soir lors d’un débat houleux, qui portait notamment sur leur manière respective de lutter contre l’antisémitisme aux États-Unis.

La tension a été palpable d’emblée entre les deux candidats au siège très disputé de la 17ᵉ circonscription de New York, qui compte l’une des plus importantes populations juives du pays. Leurs désaccords ont porté aussi bien sur l’aide militaire à Israël que sur les moyens les plus efficaces de lutter contre la haine religieuse.

« Israël est notre plus grand allié au Moyen-Orient », a déclaré Lawler. « C’est un symbole d’espoir, de liberté, de démocratie et d’opportunités dans la région. »

« Israël n’a pas commis de génocide », a-t-il poursuivi, accusant certains de ses collègues démocrates d’avoir « hésité dans leur soutien » à Israël.

Lawler a ensuite reproché à Conley le « respect » qu’elle a publiquement exprimé pour le maire de New York Zohran Mamdani, connu pour ses positions anti-Israël.

Conley a répondu qu’elle était « absolument révoltée par la montée de l’antisémitisme dans les deux partis politiques », estimant que ce phénomène était « fondamentalement contraire aux valeurs américaines ».

Elle a ensuite apporté son soutien au Jewish American Security Act, un texte bipartisan d’abord présenté au Sénat, puis décliné dans une version équivalente à la Chambre des représentants, dont Lawler est l’un des co-auteurs.

Cait Conley, candidate face au représentant Mike Lawler dans la 17ᵉ circonscription de New York, s’adresse à ses partisans, à Tarrytown, dans l’État de New York, le 16 septembre 2026. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)

Lawler a ensuite pressé Conley de dire si elle condamnait non seulement l’antisémitisme, mais aussi Mamdani lui-même. Elle a éludé la question.

Le républicain est revenu à la charge, rappelant qu’il avait lui-même dénoncé Tucker Carlson et Candace Owens, deux figures de la droite régulièrement critiques envers Israël et dont certains propos sont, selon plusieurs organisations juives, antisémites.

Conley a répondu en évoquant ses « profonds désaccords avec certains membres du DSA », les Socialistes démocrates d’Amérique, dont Mamdani fait partie.

Lorsque Lawler a de nouveau souligné qu’elle n’avait pas condamné Mamdani, Conley a reproché à son adversaire de ne pas dénoncer le président Donald Trump, que les démocrates accusent d’être intolérant, et a affirmé que Lawler votait comme lui « dans 100 % des cas », ce que ce dernier a qualifié de « manifestement faux ».

Lawler a cité plusieurs initiatives bipartisanes menées avec le représentant démocrate du New Jersey Josh Gottheimer pour faire avancer des textes tels que la loi de 2025 sur la sensibilisation à l’antisémitisme.

« Les Juifs américains sont pris pour cible aux États-Unis et nous avons le devoir de nous mobiliser pour assurer la sécurité de tous », a déclaré Lawler. « Personne ne devrait avoir peur de se rendre à la synagogue. »

Conley a elle aussi dénoncé la montée de la haine visant la communauté juive, affirmant qu’elle n’avait « absolument pas sa place aux États-Unis ».

Le président américain Donald Trump observant le maire de New York, Zohran Mamdani, s’exprimer lors d’une conférence de presse conjointe, à Gracie Mansion, à New York, le 21 septembre 2026. (Crédit : Julia Demaree Nikhinson/AP)

La 17e circonscription de New York, qui couvre la basse vallée de l’Hudson, au nord de la ville de New York, abrite l’une des plus importantes populations juives du pays, a souligné Tara Rosenblum, qui modérait le débat sur News 12.

« Il existe peu d’endroits dans le pays où le conflit au Moyen-Orient a des répercussions aussi directes sur la vie des habitants », a déclaré Rosenblum.

Plus d’un électeur sur cinq de la circonscription est juif, selon Rosenblum. Celle-ci englobe l’intégralité des comtés de Rockland et de Putnam, ainsi qu’une partie des comtés de Westchester et de Dutchess. La journaliste a également souligné l’essor des communautés musulmanes dans toute la vallée de l’Hudson.

Interrogés sur les circonstances dans lesquelles ils pourraient voter en faveur d’une suspension de l’aide américaine à Israël, les deux candidats ont réaffirmé leur soutien à l’État hébreu.

Conley, ancienne militaire de l’US Army, déployée à plusieurs reprises au Moyen-Orient, a insisté sur le « droit à l’existence » d’Israël et sur la nécessité de garantir la sécurité des Israéliens.

« Je critique néanmoins Netanyahu lorsque j’estime que ses décisions nuisent à Israël comme aux États-Unis », a-t-elle ajouté.

Conley a souligné que, comme son adversaire, elle aurait voté contre un amendement de la Chambre des représentants visant à supprimer 3,3 milliards de dollars d’aide annuelle à Israël.

L’amendement, présenté par le représentant républicain du Kentucky Thomas Massie, aurait « supprimé les programmes d’aide et d’autres formes de soutien à la reconstruction », a-t-elle souligné.

Lawler a, pour sa part, estimé que l’aide américaine à Israël était « dans l’intérêt des États-Unis, notamment pour nos militaires déployés dans la région ». Il a également souligné le nombre important de bases américaines au Moyen-Orient, ainsi que la présence de 700 000 citoyens américains en Israël.

Les deux candidats ont convenu que les actions d’Israël à Gaza ne constituaient pas un génocide et que la reconnaissance par les États-Unis d’un État palestinien devait être conditionnée au désarmement du groupe terroriste palestinien du Hamas.

Leur principal désaccord portait sur l’expansion des implantations en Cisjordanie. Conley s’y est dite hostile, tandis que Lawler a affirmé qu’Israël agissait dans les limites de ses compétences légales.

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