Ministère des Transports : Des responsables clés exercent d’autres activités
Dvir Rubinstein, occupe le poste de directeur de la sécurité aérienne au sein du ministère depuis 19 ans ; Avri Cohen est responsable de la sécurité du ministère des Transports
Les médias israéliens ont mis en lumière le cas de deux personnalités clés travaillant au sein des services de sécurité du transport aérien du ministère.
Le journal Haaretz a ainsi affirmé qu’Avri Cohen, le responsable de la sécurité du ministère des Transports, exerce également une deuxième activité. Le journal a indiqué que Cohen, dont les fonctions incluent la supervision des équipages aériens étrangers, voit son attention divisée, car il exerce parfois une activité secondaire « d’agent de sécurité de réserve » pour des compagnies aériennes israéliennes dans un aéroport étranger.
Le journal a précisé que cette activité était totalement distincte des responsabilités de Cohen au sein du ministère et qu’il était rémunéré séparément pour cela.
Ces révélations ont soulevé des questions quant à l’engagement de Cohen dans son travail, dont l’importance cruciale pour la sécurité des Israéliens a été mise en évidence ces derniers jours.
Dans un deuxième cas, la chaîne N12 a rapporté que Dvir Rubinstein, le responsable du ministère des Transports chargé de la supervision de la sécurité des compagnies aériennes étrangères desservant Israël, avait également effectué des missions privées rémunérées de conseil et de formation pour ces transporteurs, notamment flydubai et Emirates.
Rubinstein, qui occupe le poste de directeur de la sécurité aérienne au sein du ministère depuis 19 ans, est chargé de délivrer les agréments et autorisations de sécurité aux compagnies aériennes étrangères et aux vols à destination d’Israël, selon une biographie professionnelle citée par la chaîne israélienne. Ses responsabilités incluent la supervision de flydubai et de sa liaison Dubaï-Tel Aviv, sur laquelle l’attaque terroriste de la semaine dernière a eu lieu.
La chaîne N12 a rapporté que Rubinstein s’était rendu aux Émirats arabes unis à titre privé pour dispenser des formations et des conseils à flydubai ainsi qu’à Emirates, et qu’il avait présenté des certificats délivrés par ces compagnies aériennes attestant des formations qu’il leur avait dispensées.
La chaîne a souligné le présumé conflit d’intérêts lié au fait que Rubinstein effectue des missions privées pour des compagnies aériennes qu’il est par ailleurs chargé de superviser.
N12 a également diffusé des images d’un webinaire présenté comme ayant été animé par Rubinstein sur les leçons tirées par les États-Unis des attentats du 11-Septembre. Au cours de ce webinaire, il affirme que ces attentats « nous ont appris qu’il est possible de détourner un avion sans explosifs, sans armes », et que les autorités américaines procèdent donc à un contrôle préalable du personnel navigant, notamment par le biais de vérifications d’antécédents effectuées avant le départ.
« Il n’existe pas de listes de passagers qui ne soient pas vérifiées à l’avance », déclare Rubinstein dans ces images.
« Aujourd’hui, les équipages… sont également soumis à des contrôles de sécurité, notamment une vérification des antécédents, ainsi qu’un contrôle physique avant le départ. »
Lors d’un point presse du ministère des Transports, samedi, Rubinstein aurait toutefois déclaré que son département ne procédait pas à des vérifications des antécédents des équipages étrangers par les services de renseignement.
« Nous ne sommes pas une agence de renseignement qui procède à des vérifications des antécédents des équipages. La division de la sécurité n’est pas l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet. Nous n’avons pas de personnel de sécurité à l’étranger », aurait-il déclaré, expliquant qu’Israël s’appuie sur les compagnies aériennes, les gouvernements étrangers et les autorités compétentes des pays d’origine.
Rubinstein a refusé de répondre à la demande de commentaires de la chaîne N12.
Dans un communiqué adressé à N12, le ministère des Transports a indiqué que Rubinstein « fournit des services au ministère des Transports dans le cadre d’une sous-traitance et n’est pas fonctionnaire. Son activité complémentaire a été approuvée par la loi et est exercée en dehors de ses heures de travail, dans le cadre de son contrat avec le ministère ».
Réglementation renforcée
Parallèlement, le ministère des Transports a publié ce qui semble être de nouvelles règles plus strictes pour les compagnies aériennes étrangères desservant Israël. Celles-ci interdisent aux membres d’équipage détenant la nationalité de pays n’entretenant pas de relations diplomatiques officielles avec Israël de piloter ou même de voyager à bord de vols à destination d’Israël. La chaîne N12 souligne que ces réglementations n’ont pas été appliquées de manière efficace jusqu’à présent.
Selon la chaîne, des pilotes et autres membres d’équipage détenant la nationalité de pays tels que l’Iran, l’Irak, le Liban et le Pakistan ont à plusieurs reprises effectué des vols vers Israël ces dernières années.
Dans des enregistrements d’une conversation ayant eu lieu plus tôt dimanche entre de hauts responsables et diffusés par N12, un responsable du ministère de l’Intérieur a déclaré à un responsable du ministère des Transports que, bien que son ministère reçoive systématiquement les listes de passagers et d’équipage du pays d’origine du vol à des fins de contrôle de sécurité, « en réalité, [ces listes n’arrivent] qu’après le décollage de l’avion ».
Selon le média, dimanche après-midi, le ministère a envoyé un avis aux transporteurs étrangers, y compris aux compagnies aériennes américaines, indiquant que les ressortissants de 27 pays sont non seulement interdits de piloter des avions à destination ou en provenance d’Israël, mais également de se trouver à bord de vols à destination ou en provenance de ce pays. Les 27 pays concernés par cet avis sont l’Iran, l’Irak, le Liban, Oman, le Pakistan, le Qatar et l’Arabie saoudite, d’après une image de l’avis partagée par la chaîne.
L’avis précise également que les membres d’équipage possédant la nationalité unique ou double de l’un de ces pays et déjà affectés à un vol à destination ou en provenance d’Israël doivent contacter le service de planification des équipages de leur compagnie aérienne dès que possible.