Miri Regev demande l’ouverture d’une enquête sur un théâtre arabe
La définition de 'terroriste' oppose la ministre de la Culture et le cinéma Al-Midan de Haïfa ; les querelles s'intensifient
Le conflit qui oppose Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports et le seul théâtre arabophone d’Israël a franchi une nouvelle étape ce lundi. La ministre a demandé au procureur général d’enquêter sur le président et directeur artistique du théâtre, sur une éventuelle provocation contre les soldats israéliens, selon la Dixième chaîne.
Cette querelle a commencé il y a deux ans, quand le ministère de la Culture a suspendu le financement du théâtre Al-Midan de Haïfa, qui avait produit la pièce « Parralel Time ».
Cette pièce était apparemment inspirée d’un prisonnier israélien Walid Daka, emprisonné à perpétuité pour son implication dans l’enlèvement et le meurtre d’un soldat israélien Moshe Tamam, en 1984.
Dimanche, le directeur artistique du théâtre Amar Khalikha a affirmé sur la Première chaîne que Daka n’était pas un terroriste, mais un détenu pour des raisons de sécurité.
Lundi, Joseph Atrash, président du conseil du théâtre, a déclaré à la radio israélienne que le meurtre d’un soldat dans le cadre d’une guerre contre l’occupation ne se qualifiait pas d’acte terroriste.
« Le vrai visage du théâtre Al-Midan a été dévoilé », a déclaré Regev à la radio lundi.
« Au regard des propos tenus par les deux décideurs du théâtre Al-Midan, je me suis adressée au procureur général et je lui ai demandé d’ouvrir une enquête pour suspicion de provocation contre l’armée israélienne », a déclaré Regev aux médias israéliens.
Sur sa page Facebook, elle a accusé le théâtre Al-Midan de « continuer à tenir une conduite anti-Israël qui soutient le terrorisme ».
Ce « théâtre de l’absurde » connaîtra sa fin avec l’adoption d’une loi sur « la loyauté culturelle », a-t-elle ajouté. Elle avait déposé ce projet de loi en janvier 2016. Il est censé définir la latitude dont dispose l’État pour suspendre les subventions aux activités qui portent préjudice à l’État et à ses valeurs ».
Joseph Atrash a répondu sur la Dixième chaîne que «la ministre Regev a affirmé durant les 4 derniers mois que le gel du financement du théâtre Al-Midan était une question d’ordre administrative et ne relevait aucunement d’une persécution politique. Aujourd’hui, la ministre Regev a dévoilé le vrai visage de la démocratie israélienne ».
« Nous avons des informations pour vous, ministre Regev », a-t-il poursuivi. « Le théâtre Al-Midan ne fermera pas. »
Vendredi, le théâtre a entamé une grève pour protester contre le ministère de la Culture, qui n’a pas transféré les fonds alloués pour 2016 et les provisions pour 2017, a indiqué le quotidien Haaretz.
Dimanche, les membres du conseil administratif du théâtre Al-Midan ont été entendus par le ministère de la Culture, où ils ont abordé la question des fonds, et affirmé que ce gel était politiquement motivé.
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